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La Chroniqueuse est ravie de vous accueillir sur ce blog, n'hésitez pas vous aussi à participer en laissant vos commentaires!!!

Je n'ai plus le temps d'écrire mais, je dépose des articles, en donnant leurs sources bien sûr, pour garder le fil d'une actualité riche malheureusement...

 

Musiques d'accompagnement :



Citation:

Le message de Gandhi, de Mandela, de Martin Luther King (...) C'est un message d'espoir dans la capacité des sociétés modernes à dépasser les conflits par une compréhension mutuelle et une patience vigilante

Stéphane Hessel



 
26 décembre 2005 1 26 /12 /décembre /2005 15:44
Colonisation : la tentation de la pénitence Par Max Gallo
"Il est vrai que l'histoire de la colonisation a souvent été magnifiée, édulcorée. Mais en même temps l'école historique et géographique française, sur le terrain, constituait une histoire et une géographie coloniales, au-dessus de tout soupçon. La chaire d'histoire de la colonisation, en Sorbonne était, dans les années soixante, occupée par Charles-André Julien, historien de l'Afrique du Nord et par ailleurs socialiste, ami de Blum. Une incidente : les socialistes français, de 1905 aux années quarante, ont été souvent les apôtres de la colonisation, au nom de la mission civilisatrice de la République. Leur amnésie sur ce sujet – en ce centième anniversaire de leur parti – dit bien les ambiguïtés du moment face à une histoire coloniale qui a formé, entre les années 1880 et le milieu du XXe siècle, une part importante de l'imaginaire national, avec ses rêves, ses horizons lointains et envoûtants, ses héros et ses peuples mythifiés, tels les Touaregs.


Compte tenu de cette donnée capitale de l'histoire contemporaine de la France, on ne peut laisser traiter de la colonisation en termes simplistes. Et le discours sur la colonisation doit tenir compte de ces réalités historiques complexes. Les Algériens évoquent – en des termes inacceptables d'ailleurs – les massacres de Sétif, en 1945. Les Oranais se souviennent de leurs concitoyens «disparus» par centaines en 1962. Il ne s'agit pas d'établir une équivalence, une comptabilité sinistre, mais de saisir qu'il faut prendre en compte toutes les réalités. Le bagne de Poulo Condor en Indochine et l'institut Pasteur de Saigon... Le travail forcé imposé par le colon et l'interdiction de l'esclavage... La destruction de la culture indigène et l'école française – laïque ou missionnaire – s'ouvrant au monde... Le statut inférieur de l'indigène et la promotion des meilleurs, la constitution d'une élite (Senghor en est le modèle)... On ne pèse pas les uns et les autres, le positif et le négatif – manière absurde de comprendre l'histoire. On montre que les fils sont intriqués, tressés. Qu'il faut tout dire.

Cela dit, qui tente d'indiquer que la complexité est au coeur du sujet ? Il faut rappeler que la colonisation a toujours été une entreprise de conquête militaire, suscitant donc des résistances et entraînant la répression, d'autant plus qu'elle s'exerçait contre des peuples souvent jugés inférieurs. Et toujours faibles. Car que vaut la sagaie face à la mitrailleuse ? Le fusil à un coup contre le canon ? La conquête a donc réussi, mais la résistance n'a jamais cessé, et aucune colonie n'a été totalement pacifiée. Le feu éteint là, il reprenait ailleurs :
insurrection algérienne en 1870, guerre du Rif au Maroc dans les années vingt, attaque de garnisons en Indochine, dans les années trente et, partout, des crimes qui sont la revanche du faible et de l'humilié. Charles de Foucault a été assassiné par des Touaregs. Et l'une des premières victimes, en novembre 1954, de l'insurrection algérienne, a été un couple d'instituteurs de 20 ans, jeunes mariés – les Monnerot – allant prendre leur poste dans une école des Aurès. Comprendre, cela suppose ne rien cacher. Ni des villes construites ni des mechtas brûlées.


On a le droit et même le devoir de se placer au niveau des principes universels, et de décréter que la colonisation, parce qu'elle est conquête, est une entreprise criminelle. Mais c'est faire fi de la réalité historique. Oui, l'histoire de la colonisation est pleine de sang et de cruauté. Mais il n'y a pas de «nations saintes et pures». Et je ne sache pas que, leur indépendance acquise, les nouvelles nations, nées de la colonisation, aient connu une histoire paisible. Les plus de 100 000 morts de la guerre entre l'État algérien et les islamistes répondent. Et n'évoquons pas l'Afrique subsaharienne... L'histoire est violence. Et la seule manière de tenter de la maîtriser, c'est d'abord de l'écrire en respectant les faits, tous les faits.


L'histoire du rapport des peuples qui se sont combattus et mêlés est une alchimie complexe. Elle peut être une source vivifiante ou au contraire un poison qui avive les tensions. Car l'histoire est toujours en prise avec l'avenir. À opposer comme des catégories d'aujourd'hui indigènes et anciens colonisateurs, on ranime les frustrations, les humiliations, et les haines. On traîne la France au banc des accusés. Comment aimerait-on cette cruelle ? Il faut méditer
Camus : "Il est bon qu'une nation soit assez forte de tradition et d'honneur pour trouver le courage de dénoncer ses propres erreurs. Mais elle ne doit pas oublier les raisons qu'elle peut avoir encore de s'estimer elle-même. Il est dangereux en tout cas de lui demander de s'avouer seule coupable et de la vouer à une pénitence perpétuelle"."
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16 décembre 2005 5 16 /12 /décembre /2005 13:14

 

 

 

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9 décembre 2005 5 09 /12 /décembre /2005 18:58

Voici la loi qui a été éditée le 23/02/05, afin que vous puissiez vous faire une opinion par vous même...

LOIS

LOI n° 2005-158 du 23 février 2005 portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés (1)

NOR: DEFX0300218L


L'Assemblée nationale et le Sénat ont adopté,

Le Président de la République promulgue la loi dont la teneur suit :



Article 1


La Nation exprime sa reconnaissance aux femmes et aux hommes qui ont participé à l'oeuvre accomplie par la France dans les anciens départements français d'Algérie, au Maroc, en Tunisie et en Indochine ainsi que dans les territoires placés antérieurement sous la souveraineté française.

Elle reconnaît les souffrances éprouvées et les sacrifices endurés par les rapatriés, les anciens membres des formations supplétives et assimilés, les disparus et les victimes civiles et militaires des événements liés au processus d'indépendance de ces anciens départements et territoires et leur rend, ainsi qu'à leurs familles, solennellement hommage.

Article 2


La Nation associe les rapatriés d'Afrique du Nord, les personnes disparues et les populations civiles victimes de massacres ou d'exactions commis durant la guerre d'Algérie et après le 19 mars 1962 en violation des accords d'Evian, ainsi que les victimes civiles des combats de Tunisie et du Maroc, à l'hommage rendu le 5 décembre aux combattants morts pour la France en Afrique du Nord.

Article 3


Une fondation pour la mémoire de la guerre d'Algérie, des combats du Maroc et de Tunisie est créée, avec le concours de l'Etat.

Les conditions de la création de cette fondation sont fixées par décret en Conseil d'Etat.

Article 4


Les programmes de recherche universitaire accordent à l'histoire de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord, la place qu'elle mérite.


Les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord, et accordent à l'histoire et aux sacrifices des combattants de l'armée française issus de ces territoires la place éminente à laquelle ils ont droit.

La coopération permettant la mise en relation des sources orales et écrites disponibles en France et à l'étranger est encouragée.

Article 5


Sont interdites :

- toute injure ou diffamation commise envers une personne ou un groupe de personnes en raison de leur qualité vraie ou supposée de harki, d'ancien membre des formations supplétives ou assimilés ;

- toute apologie des crimes commis contre les harkis et les membres des formations supplétives après les accords d'Evian.

L'Etat assure le respect de ce principe dans le cadre des lois en vigueur.

Article 6


I. - Les bénéficiaires de l'allocation de reconnaissance mentionnée à l'article 67 de la loi de finances rectificative pour 2002 (n° 2002-1576 du 30 décembre 2002) peuvent opter, au choix :

- pour le maintien de l'allocation de reconnaissance dont le taux annuel est porté à 2 800 EUR à compter du 1er janvier 2005 ;

- pour le maintien de l'allocation de reconnaissance au taux en vigueur au 1er janvier 2004 et le versement d'un capital de 20 000 EUR ;

- pour le versement, en lieu et place de l'allocation de reconnaissance, d'un capital de 30 000 EUR.

En cas d'option pour le versement du capital, l'allocation de reconnaissance est servie au taux en vigueur au 1er janvier 2004 jusqu'au paiement de ce capital. A titre conservatoire, dans l'attente de l'exercice du droit d'option, l'allocation de reconnaissance est versée à ce même taux.

En cas de décès, à la date d'entrée en vigueur de la présente loi, de l'ancien supplétif ou assimilé et de ses conjoints ou ex-conjoints survivants lorsqu'ils remplissaient les conditions fixées par l'article 2 de la loi n° 94-488 du 11 juin 1994 relative aux rapatriés anciens membres des formations supplétives et assimilés ou victimes de la captivité en Algérie, une allocation de 20 000 EUR est répartie en parts égales entre les enfants issus de leur union s'ils possèdent la nationalité française et ont fixé leur domicile en France ou dans un Etat de la Communauté européenne au 1er janvier 2004.

Les personnes reconnues pupilles de la Nation, orphelines de père et de mère, de nationalité française et ayant fixé leur domicile en France ou dans un Etat de la Communauté européenne au 1er janvier 2004, dont l'un des parents a servi en qualité de harki ou membre d'une formation supplétive, non visées à l'alinéa précédent, bénéficient d'une allocation de 20 000 EUR, répartie en parts égales entre les enfants issus d'une même union.

Les modalités d'application du présent article, et notamment le délai imparti pour exercer l'option ainsi que l'échéancier des versements prenant en compte l'âge des bénéficiaires, sont fixés par décret en Conseil d'Etat.

II. - Les indemnités en capital versées en application du I sont insaisissables et ne présentent pas le caractère de revenus pour l'assiette des impôts et taxes recouvrés au profit de l'Etat ou des collectivités publiques.

Article 7


I. - Aux articles 7, 8 et 9 de la loi n° 94-488 du 11 juin 1994 relative aux rapatriés anciens membres des formations supplétives et assimilés ou victimes de la captivité en Algérie, la date : « 31 décembre 2004 » est remplacée par la date : « 31 décembre 2009 ».

II. - Le deuxième alinéa de l'article 7 de la même loi est remplacé par deux alinéas ainsi rédigés :

« Cette aide est attribuée aux personnes précitées destinées à devenir propriétaires en nom personnel ou en indivision avec leurs enfants à condition qu'elles cohabitent avec ces derniers dans le bien ainsi acquis.

« Elle est cumulable avec toute autre forme d'aide prévue par le code de la construction et de l'habitation. »

III. - Au premier alinéa de l'article 9 de la même loi, les mots : « réalisée avant le 1er janvier 1994 » sont remplacés par les mots : « réalisée antérieurement au 1er janvier 2005 ».

Article 8


Après le septième alinéa (4°) de l'article L. 302-5 du code de la construction et de l'habitation, il est inséré un alinéa ainsi rédigé :

« Sont considérés comme logements locatifs sociaux au sens du troisième alinéa ceux financés par l'Etat ou les collectivités locales occupés à titre gratuit, à l'exception des logements de fonction, ou donnés à leur occupant ou acquis par d'anciens supplétifs de l'armée française en Algérie ou assimilés, grâce à une subvention accordée par l'Etat au titre des lois d'indemnisation les concernant. »

Article 9


Par dérogation aux conditions fixées pour bénéficier de l'allocation de reconnaissance et des aides spécifiques au logement mentionnées aux articles 6 et 7, le ministre chargé des rapatriés accorde le bénéfice de ces aides aux anciens harkis et membres des formations supplétives ayant servi en Algérie ou à leurs veuves, rapatriés, âgés de soixante ans et plus, qui peuvent justifier d'un domicile continu en France ou dans un autre Etat membre de la Communauté européenne depuis le 10 janvier 1973 et qui ont acquis la nationalité française avant le 1er janvier 1995.

Cette demande de dérogation est présentée dans le délai d'un an suivant la publication du décret d'application du présent article.

Article 10


Les enfants des personnes mentionnées à l'article 6 de la loi n° 94-488 du 11 juin 1994 précitée, éligibles aux bourses nationales de l'éducation nationale, peuvent se voir attribuer des aides dont les montants et les modalités d'attribution sont définis par décret.

Article 11


Le Gouvernement remettra au Parlement, un an après l'entrée en vigueur de la présente loi, un rapport faisant état de la situation sociale des enfants d'anciens supplétifs de l'armée française et assimilés et recensera les besoins de cette population en termes de formation, d'emploi et de logement.

Article 12


I. - Sont restituées aux bénéficiaires des indemnisations ou en cas de décès à leurs ayants droit les sommes prélevées sur les indemnisations par l'Agence nationale pour l'indemnisation des Français d'outre-mer et affectées au remboursement partiel ou total des prêts au titre des dispositions suivantes :

1° L'article 46 de la loi n° 70-632 du 15 juillet 1970 relative à une contribution nationale à l'indemnisation des Français dépossédés de biens situés dans un territoire antérieurement placé sous la souveraineté, le protectorat ou la tutelle de la France ;

2° Les troisième, quatrième et cinquième alinéas de l'article 3 de la loi n° 78-1 du 2 janvier 1978 relative à l'indemnisation des Français rapatriés d'outre-mer dépossédés de leurs biens.

II. - Sont aussi restituées aux personnes ayant bénéficié d'une indemnisation en application de l'article 2 de la loi n° 87-549 du 16 juillet 1987 relative au règlement de l'indemnisation des rapatriés ou à leurs ayants droit les sommes prélevées, en remboursement de prêts professionnels, sur l'aide brute définitive accordée lors de la cession de biens agricoles dans le cadre des protocoles franco-tunisiens des 13 octobre 1960 et 2 mars 1963.

III. - Les restitutions mentionnées aux I et II n'ont pas le caractère de revenus pour l'assiette des impôts et taxes recouvrés au profit de l'Etat ou des collectivités publiques. Elles n'entrent pas dans l'actif successoral des bénéficiaires au regard des droits de mutation par décès.

IV. - Un décret en Conseil d'Etat fixe les conditions d'application du présent article, notamment les modalités de versement des sommes restituées ainsi qu'un échéancier prenant en compte l'âge des bénéficiaires de l'indemnisation.

V. - Les demandes de restitution sont présentées dans le délai de deux ans à compter de la publication du décret mentionné au IV.

Article 13


Peuvent demander le bénéfice d'une indemnisation forfaitaire les personnes de nationalité française à la date de la publication de la présente loi ayant fait l'objet, en relation directe avec les événements d'Algérie pendant la période du 31 octobre 1954 au 3 juillet 1962, de condamnations ou de sanctions amnistiées, de mesures administratives d'expulsion, d'internement ou d'assignation à résidence, ayant de ce fait dû cesser leur activité professionnelle et ne figurant pas parmi les bénéficiaires mentionnés à l'article 1er de la loi n° 82-1021 du 3 décembre 1982 relative au règlement de certaines situations résultant des événements d'Afrique du Nord, de la guerre d'Indochine ou de la Seconde Guerre mondiale.

L'indemnité forfaitaire mentionnée au précédent alinéa n'a pas le caractère de revenu pour l'assiette des impôts et taxes recouvrés au profit de l'Etat ou des collectivités territoriales.

Un décret en Conseil d'Etat détermine le montant de cette indemnité qui tient compte notamment de la durée d'inactivité justifiée ainsi que les modalités de versement de cette allocation.

Cette demande d'indemnité est présentée dans le délai d'un an suivant la publication du décret d'application du présent article.

La présente loi sera exécutée comme loi de l'Etat.


Fait à Paris, le 23 février 2005.

Voilà!

Merci,

La chroniqueuse

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2 décembre 2005 5 02 /12 /décembre /2005 12:55

« Il faudrait d’abord étudier comment la colonisation travaille à déciviliser le colonisateur, à l’abrutir au sens propre du mot, à le dégrader, à le réveiller aux instincts enfouis, à la convoitise, à la violence, à la haine raciale, au relativisme moral, et montrer que, chaque fois qu’il y a au VietNam une tête coupée et un oeil crevé et qu’en France on accepte, une fillette violée et qu’en France on accepte, un Malgache supplicié et qu’en France on accepte, il y a un acquis de la civilisation qui pèse de son poids mort, une régression universelle qui s’opère, une gangrène qui s’installe, un foyer d’infection qui s’étend et qu’au bout de tous ces traités violés, de tous ces mensonges propagés, de toutes ces expéditions punitives tolérées. de tous ces prisonniers ficelés et interrogés, de tous ces patriotes torturés, au bout de cet orgueil racial encouragé, de cette jactance étalée, il y a le poison instillé dans les veines de l’Europe, et le progrès lent, mais sûr, de l’ensauvagement du continent. [...]

J’ai relevé dans l’histoire des expéditions coloniales quelques traits que j’ai cités ailleurs tout à loisir.

Cela n’a pas eu l’heur de plaire à tout le monde. Il paraît que c’est tirer de vieux squelettes du placard. Voire !

Etait-il inutile de citer le colonel de Montagnac, un des conquérants de l’Algérie :

 

" Pour chasser les idées qui m’assiègent quelquefois, je fais couper des têtes, non pas des têtes d’artichauts, mais bien des têtes d’hommes. "

 

Convenait-il de refuser la parole au comte d’Herisson :

 

"Il est vrai que nous rapportons un plein barils d’oreilles récoltées, paire à paire, sur les prisonniers, amis ou ennemis. "

 

Fallait-il refuser à Saint-Arnaud le droit de faire sa profession de foi barbare :

 

"On ravage, on brûle, on pille, on détruit les maisons et les arbres."

 

Fallait-il empêcher le maréchal Bugeaud de systématiser tout cela dans une théorie audacieuse et de se revendiquer des grands ancêtres :

 

"Il faut une grande invasion en Afrique qui ressemble à ce que faisaient les Francs, à ce que faisaient les Goths."

 

Fallait-il enfin rejeter dans les ténèbres de l’oubli le fait d’armes mémorable du com­mandant Gérard et se taire sur la prise d’Ambike, une ville qui, à vrai dire, n’avait jamais songé à se défendre :

 

"Les tirailleurs n’avaient ordre de tuer que les hommes, mais on ne les retint pas ; enivrés de l’odeur du sang, ils n’épargnèrent pas une femme, pas un enfant... A la fin de l’après-midi, sous l’action de la chaleur, un petit brouillard s’éleva : c’était le sang des cinq mille victimes, l’ombre de la ville, qui s’évaporait au soleil couchant."

 

Oui ou non, ces faits sont-ils vrais ? Et les voluptés sadiques, les innommables jouissan­ces qui vous friselisent la carcasse de Loti quand il tient au bout de sa lorgnette d’officier un bon massacre d’Annamites ? Vrai ou pas vrai ?  Et si ces faits sont vrais, comme il n’est au pouvoir de personne de le nier, dira-­t-on, pour les minimiser, que ces cadavres ne prouvent rien ?

Pour ma part, si j’ai rappelé quelques détails de ces hideuses boucheries, ce n’est point par délectation morose, c’est parce que je pense que ces têtes d’hommes, ces récoltes d’oreilles, ces maisons brûlées. ces invasions gothiques, ce sang qui fume, ces villes qui s’évaporent au tranchant du glaive, on ne s’en débarrassera pas à si bon compte. Ils prouvent que la colonisation, je le répète, déshumanise l’homme même le plus civilisé ; que l’action coloniale, l’entreprise coloniale, la conquête coloniale, fondée sur le mépris de l’homme indigène et justifiée par ce mé­pris, tend inévitablement à modifier celui qui l’entreprend ; que le colonisateur, qui, pour se donner bonne conscience, s’habitue à voir dans l’autre la bête, s’entraîne à le traiter en bête, tend objectivement à se transformer lui-­même en bête. C’est cette action, ce choc en retour de la colonisation qu’il importait de signaler. »

Aimé Césaire, poète et homme politique, né en 1913 à la Martinique.

Il a été maire de Fort de France (1945 - 2001) et député de la Martinique (1945 - 1993) ; il a obtenu la départementalisation de la Martinique en 1946.

Ce texte date de 1950, alors tachons de ne pas régresser...

Merci

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30 novembre 2005 3 30 /11 /novembre /2005 12:32

Définiton:

L'esclavage désigne la condition sociale de l'esclave, travailleur non libre et non rémunéré qui, au même titre qu'un objet, est juridiquement la propriété d'une autre personne. Au sens large, il désigne le système social reposant sur cette pratique.

Les esclaves sont tenus d'obéir à tous les ordres de leur maître depuis leur naissance (ou capture, ou passage à l'état d'esclave) jusqu'à leur mort (ou parfois leur libération, ou affranchissement).

En tant que propriété, l'esclave peut faire l'objet des transferts inhérents à la notion de propriété : on peut donc l'acheter, le vendre, et même le louer.

L’esclave se distingue du captif ou du forçat, conditions voisines dans l'exploitation, et de la bête de somme, par un statut juridique propre, déterminé par les règles et les lois en vigueur dans le pays et l’époque considérés.

L'histoire de l'esclavage en Martinique:

1685 :

Colbert, ministre de louis XIV, synthétise dans un texte sous le nom de "code noir " l’ensemble des instructions concernant les esclaves dans les colonies.

1685-1717 :

La Martinique se couvre de sucreries. L’île est revenue dans le domaine Royal.Il faut environ entre 2 et 3 esclaves par hectares plantés en canne. La Martinique a plus d’esclaves que de colons. L’un des problèmes auxquel est confronté le système esclavagiste est double : d’une part il existe une résistance des esclaves sous toutes ses formes (révoltes, empoisonnement, suicide…) et d’autre part le problème de l’équilibre du ratio entre les hommes et les femmes pour permettre la naissance d’esclaves. Il faut donc importer des femmes. Le statut des enfants suit le sort de la mère : un enfant né d’une mère esclave et d’un père libre deviendra esclave.

1715 :

Plus de 1400 expéditions régulières partent de Nantes.

1717 :

Révolte des blancs appelée " Gaoulé " contre le gouverneur et l’intendant qui sont renvoyés au régent. Le port de Nantes va être autorisé à s’occuper du trafic de traite des esclaves.

1787-1788 :

La Martinique sert de point de passage du ravitaillement en armes des insurgents américains contre les Anglais. Rochambeau, qui a commandé aux USA, est envoyé comme gouverneur de la Martinique au début de la révolution.

 

1789-1790 :

Les Anglais essayent d’occuper l’île et Rochambeau mobilise les milices pour résister et incorpore des esclaves dans ses troupes en leur promettant la liberté s’ils se comportent comme des soldats. On appelera ces esclaves sous la restauration après 1818 "les libertés Rochambeau" et parfois "libres de fait" ou "libres de Savane".

Comme pendant la révolution il est impossible d’exporter les sucres vers la France en pleine guerre révolutionnaire et d’importer la nourriture nécessaire en particulier aux esclaves, ces derniers doivent se débrouiller eux-mêmes pour planter ce qu’ils vont manger. La pression des maîtres sur eux diminue.

1793 : Révolution française.

A la suite des pressions organisées par la société des amis des noirs et d’humanistes comme l’Abbé Grégoire, la convention proclame l’abolition de l’esclavage.

La Martinique ne reconnaîtra pas l’abolition contrairement à la Guadeloupe car le groupe de colons mené par Dubucq va être occupé par les Anglais.

Janvier 1794 :

Les républicains acceptent de faire appliquer plus franchement la loi égalitaire votée en mars 1792 par la législative. La majorité des libres de couleur change de camp, pendant que leurs anciens alliés négocient la remise de l’île à l’Angleterre. Après la capitulation de mars 1794, les défenseurs de la République sont déportés par les anglais.

 

L’abolition de l'esclavage, votée par la Convention le 4 février 1794, est restée sans effet à la Martinique du fait qu’elle appartienne aux anglais. C’est la différence avec la Guadeloupe où l’esclavage a été aboli au temps de Victor Hugues, commissaire de la République. L’esclavage y sera rétabli le 19 mai 1802 sous le règne de Napoléon 1er.

1814-1830 :

La majorité des Blancs estime que seuls un régime inégalitaire ignorant la séparation des pouvoirs et le système représentatif permettront la survie de la colonie. Lors de la rédaction de la Charte de 1814, ils obtiennent le rétablissement provisoire des institutions de l’Ancien Régime. Sans précipitation, les gouvernements de la Restauration s’efforceront d’amener les colons à accepter le droit commun.

 

1822-1826 :

La dégradation de la situation économique liée à la taxation des sucres à l’entrée en France, puis au début de l’industrie betteravière, entraîne des résistances. En même temps, hommes libres de couleur et esclaves sont suspectés de tendances séparatistes. On prétend que l’usage du poison ferait partie de leurs arguments.

Au mois d’octobre, des demi-libres se révoltent au Carbet. Les accusations de subversion portées en décembre 1823 contre Bissette, un cadre de couleur, et les déportations massives opérées en 1824 pour décourager les velléités de réformes égalitaires du gouvernement, n’empêchent pas le système représentatif de réapparaître en 1826, sous forme d’un Conseil général, élu par une très petite minorité. Cependant, deux ans après, la réforme judiciaire échoue.

1830-1846 :

 

Le sucre perd un tiers de sa valeur pendant que l’amélioration du sort des esclaves exige des dépenses croissantes.

Dans les habitations, le remplacement de la houe par la charrue allège le travail. Les premiers moulins à vapeur n’amènent pas de changements.

1830-1833 :

Les libres accèdent à tous les emplois et deviennent électeurs et éligibles. L’enseignement primaire se développe. Néanmoins, l’égalité reste limitée.

La préparation des élections au Conseil colonial qui remplace le Conseil général développe l’agitation. En décembre 1833, dans la paroisse de Grand’Anse (aujourd’hui le Lorrain) où, de plus, les planteurs ont refusé la nomination d’un officier de milice de couleur, une révolte, soutenue par la ville de Marigot, entraîne la dissolution de la milice. L’amélioration du sort des l’esclaves est liée à une reprise démographique qui compense l’arrêt de la traite. Elle annihile en partie les efforts de l’Etat qui, après 26 000 affranchissements, n’a vraiment réussi à régler que le sort des libres de fait, personnes affranchies dont la liberté n’était pas reconnue par l’administration.

 

1845 :

La première usine, celle de John Thorp, est créée et engendre de nouveaux rapports de forces en réduisant les habitations des alentours au rôle de fournisseur de cannes. En contrepartie, celles-ci n’ont plus besoin du travail de nuit et leurs revenus augmentent. Mais le besoin d’une main d’œuvre, que l’usine ne pourra trouver facilement que lorsque chacun pourra offrir son travail librement, contribue à faire admettre le remplacement de l’esclave par l’ouvrier.

1848 :

En février, la révolution est accueillie avec soulagement. Le décret d’émancipation est signé à Paris le 27 avril. Il ne sera connu que le 3 juin. En avril, le décret du 4 mars créant la Commission d’émancipation fait parler d’émancipation de droit, car "nulle terre française ne peut plus porter d’esclaves".

 

Loin de poursuivre les marrons, les maîtres expulsent les fortes têtes. Des ateliers en grève réclament case, jardin et salaire comme attributs de la liberté.

Victor Schoelcher, secrétaire d’Etat à la marine et aux colonies, est un homme très important à cette période. Il est l’ennemi juré de Bissette qui a refusé de le nommer à la Commission d’émancipation. Ses amis se mobilisent pour faire réparer cette injustice. Des émeutes s’en suivent.

22 mai 1848 :

Des capitalistes réclament l’émancipation immédiate. Les abolitionnistes, qui attendaient l’arrivée du polytechnicien de couleur Perrinon, reprennent cette solution à leur compte. La décision locale d’abolition, du 23 mai, permet aux Martiniquais de proclamer leur fierté d’avoir pris leurs affaires en main à un moment crucial.

Les émeutes du 22 mai ont provoqué la proclamation de l’émancipation onze jours avant l’arrivée du décret. Les nègres ont brisé leurs chaînes ("Nèg pété chenn").

 

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29 novembre 2005 2 29 /11 /novembre /2005 21:17

Promis c'est le dernier cours d'histoire, j'ai choisi le Tchad cette fois,  c'est vrai qu'ils sont nombreux ces pays anciennement appelés colonies françaises. c'était surement une bonne affaire tout ça!(je salue un nouvel ami d'ailleurs qui se rconnaîtra)

- 1910 : Le Tchad est rattaché à l'Afrique-Équatoriale Française avant de devenir, dix ans plus tard, une colonie.
L'administration coloniale française privilégie la mise en valeur du Sud fertile, où se développe la culture du coton.
- 1935 : Le président du Conseil français, Pierre Laval, signe avec le dictateur italien Benito Mussolini un accord prévoyant la cession de la bande d'Aozou à l'Italie, alors présente en Libye. L'accord n'est jamais ratifié en raison de l'alliance entre Mussolini et Hitler, mais il sert de prétexte au colonel Kadhafi, le dirigeant libyen, pour occuper ce territoire. Première colonie française ralliée à la France libre en 1940 par le gouverneur Félix Éboué, le Tchad est utilisé comme base militaire pour la reconquête de l'Afrique du Nord à partir du Fezzan (bataille de Koufra, 1942).
 

L'indépendance et la guerre

- 1946 : Fondation du Parti progressiste tchadien (PPT), affilié au Rassemblement démocratique africain, fondé par Félix Houphouët-Boigny, et implanté dans le Sud. Il est dirigé par un administrateur d'origine antillaise, Gabriel Lisette, et un instituteur tchadien, François Tombalbaye. Le PPT remporte, en 1956, les premières élections au suffrage universel, organisées dans le cadre de la loi Defferre, renforçant l'autonomie locale.
- 1959 : Un an après que le Tchad soit devenu une république au sein de la Communauté française, Tombalbaye devient Premier ministre. L'année suivante, le Tchad accède à l'indépendance sous la présidence du dirigeant du PPT.
L'indépendance ravive la rivalité séculaire entre le Sud, dominé jusqu'à la colonisation française, et le "Nord" (Borkou, Ennedi, Tibesti, ou BET), ancien dominateur, où l'administration militaire n'a jamais cessé de s'exercer durant toute l'époque coloniale. Tombalbaye mène une politique de marginalisation des populations musulmanes nordistes et, en 1962, supprime les partis politiques, le PPT étant seul autorisé.
- 1966 : Un Front de libération nationale du Tchad (Frolinat) voit le jour au Soudan. Il rassemble des musulmans du nord et du centre-est, mais également des opposants de toutes origines, fortement influencés par le nassérisme. Le Frolinat est soutenu par le Soudan.
- Avril 1969 : L'armée française intervient contre la rébellion et indirectement contre la Libye, dont le nouveau dirigeant, le colonel Kadhafi, apporte son appui logistique au Frolinat et revendique des droits sur la bande d'Aozou. Un temps réduit, le Frolinat éclate en plusieurs mouvements. Les Toubou font sécession et forment une "deuxième armée", au sein de laquelle les Forces armées populaires (FAP) commandées par Goukouni Oueddeï, un Teda, sont appuyées par la Libye, et les Forces armées du Nord (FAN) dirigées par Hissène Habré, un Gorane, sont soutenues par le Soudan.
- 1973 : La Libye annexe la bande d'Aozou. L'année suivante, les partisans d'Hissène Habré prennent en otage l'archéologue française Françoise Claustre
- 1975 : tandis que la rébellion nordiste poursuit ses actions, un coup d'État à N'Djamena porte au pouvoir le général Félix Malloum, un autre sudiste. Le nouveau dirigeant parvient à rallier Hissène Habré qu'il nomme Premier ministre en 1978.
- 1979 : Rupture de l'alliance.
Des combats opposent l'armée gouvernementale (Forces armées tchadiennes, FAT) aux forces d'Hissène Habré, qui s'emparent de N'Djamena. En mars, la guerre a gagné le Sud. Sous la pression de la France, des accords sont conclus à Kano, au Nigeria. Ils instituent un gouvernement d'union nationale de transition (GUNT) comprenant notamment des représentants des FAP, des FAN et des FAT et dirigé par Goukouni Oueddeï. Mais le lieutenant-colonel Abdelkader Kamougué, chef des FAT installé à Moundou, refuse de le reconnaître. Un second GUNT est alors formé, dans lequel Kamougué est nommé Premier ministre.

Voilà le dossier est fini!

A la prochaine

La chroniqueuse

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28 novembre 2005 1 28 /11 /novembre /2005 17:42

Quelle source intarrissable de savoirs le net, voilà l'histoire de la colonisation au Sénégal:

- 1444 : Les premiers échanges commerciaux avec l'Europe ont lieu lorsque les Portugais atteignent l'embouchure du Sénégal et le Cap-Vert. Le troc est la première forme de commerce : les Portugais échangent des étoffes et des métaux contre de la poudre d'or, de la gomme arabique et de l'ivoire.
- Après 1600 : Les Hollandais et les Français chassent les Portugais.
- 1700 : La France domine le commerce de la région côtière. Malgré la rivalité franco-britannique et de nombreux conflits à la fin du XVIIème siècle et durant tout le XVIIIème siècle, l'influence française s'étend (l'île de Gorée change plusieurs fois de mains jusqu'en 1815 lorsque le congrès de Vienne l'attribue à la France). Établie à Saint-Louis, la France entreprend la remontée méthodique du fleuve Sénégal pour parvenir aux pays du Niger, malgré la résistance des Toucouleurs d'El-Hadj-Omar et des Peul du Fouta Toro.

La colonisation française

Sous le commandement de Louis Faidherbe et de ses successeurs, la France étend et renforça son contrôle sur les populations.
- 1895 : Le Sénégal devint officiellement une colonie française, administrée depuis Saint-Louis.
- 1902 : Le gouvernement s'installe à Dakar, qui devient la capitale de l'Afrique-Occidentale Française. La France développe l'économie sénégalaise autour de la culture de l'arachide destinée à l'exportation.
Les Africains de Saint-Louis et de l'île de Gorée deviennent citoyens français et envoient un député pour les représenter à l'Assemblée nationale en 1848-1852. Après 1871, les habitants de Dakar et de Rufisque bénéficient également de la citoyenneté et peuvent élire un représentant (pour des raisons religieuses, les musulmans refusent de s'y associer).
- 1914 : Blaise Diagne est le premier Noir siégeant au parlement français ; il conserve son poste de député jusqu'en 1934.
- Après la Seconde Guerre mondiale : Une assemblée territoriale est créée au Sénégal, et tous les habitants majeurs de la colonie obtiennent le droit de vote. Lamine Guèye et Léopold Sédar Senghor, députés au parlement français, dominent alors la vie politique locale.

Indépendance

- 1958 : Le Sénégal obtint le statut de république autonome.
- Juin 1960 : Indépendance du Sénégal et formation de la Fédération du Mali avec le Soudan français (actuel Mali).
J'y pense, cela lui faisait une sacrée armée à la France pendant les deux guerres!
Merci qui?
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28 novembre 2005 1 28 /11 /novembre /2005 17:36

La suite du cours d'histoire : La colonisation en Algérie (vous ne pourrez plus dire "je ne savais pas!")

De 1830 à 1930 : conquête et la colonisation de l'Algérie. En 1815, tentative infructueuse du congrès de Vienne de mettre fin à la piraterie. En 1830, envoi d'une expédition punitive par Charles X consécutive à des différends avec le dey d'Alger. Le Maréchal de Bourmont débarquent à Sidi-Ferruch puis les Français pénètrent dans Alger et conservent quelques positions sur les côtes. A partir de 1834, décision d'organiser la conquête. Le général Drouet d'Erlon est nommé gouverneur général et doit limiter l'occupation du pays à la seule zone littorale ( occupation restreinte ). La France se heurte à Abd-el-Kader dont la ruse, l'intelligence et l'autorité sur les tribus font un adversaire redoutable et avec lequel s'engagent des négociations ( Traité de La Tafna en 1837 ).
- Octobre 1837 : prise de Constantine par la France qui amène l'émir à dénoncer le traité; une brusque attaque lui livre la plaine de la Mitidja en novembre 1839.
- Décembre 1840 : Bugeaud nommé gouverneur général est autorisé à étendre l'occupation; il va mettre en place une guerre d'usure et de razzias efficace qui va amener Abd-el- Kader à s'exiler au Maroc puis à se rendre au général Lamoricière avant d'être interné en France, libéré par Napoléon III et de pouvoir gagner la Syrie.
- De 1848 à 1900 : consolidation de la conquête par des opérations visant à soumettre le Sud et la Kabylie. La colonisation rencontre des difficultés : acquisition des terres, organisation administrative ( 3 départements créés, Alger, Oran et Constantine et bureaux arabes militaires pour les territoires non pacifiés ). Insurrections en Kabylie en 1871, dans le Sud-Oranais en 1881 à l'issue desquelles la pacification est considérée comme acquise; le régime civil prévaut
- Après 1879 : les gouvernements se montrent favorables à l'assimilation. Le peuplement européen s'accélère (Français et Espagnols). Malgré les liens étroits avec la métropole , l'état d'esprit nationaliste prônant l'émancipation persiste. Le groupe intellectuel des Jeunes Algériens pose la question des réformes (inégalités fiscales, représentation politique des musulmans) ; retardées par la 1ère guerre mondiale, elles sont mises en place dès 1919 mais soulèvent les protestations des Européens d'Algérie, de même la politique jugée trop libérale du gouverneur Violette. Les problèmes sociaux et économiques et l'éveil de nouveaux courants nationalistes ( propagande anti-française des ulémas créés en 1931, formation du P.P.A., Parti du Peuple Algérien, par Messali Hadj en 1936 ) rendent difficiles la question des réformes.
- Seconde guerre mondiale : participation active de l'Algérie.
- En 1945, puis de 1952 à 1954 sous l'égide de l'O.S. (Organisation Spéciale), créée en 1947, proche des masses populaires et rurales : intensification des revendications nationalistes et création de nouveaux partis; à l'instar du reste de l'Afrique du Nord des incidents sanglants éclatent : à Sétif et à Gabès.
- Au milieu de 1954, scission du M.T.L.D. (Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques) : les "messalistes" rangés du côté de Messali Hadj et les "centralistes" dont Ben Khedda, ces deux fractions opposées étant critiquées par les dirigeants de l'O.S. notamment Ben Bella.
- Le 1er octobre 1954, début de la lutte à main armée encouragée par le F.L.N. (Front de Libération Nationale) et Ferhat Abbas, chef de l'Union Démocratique du Manifeste Algérien (U.D.M.A.). Attentats terroristes, mesures militaires imposées par la France; actions renforcées des rebelles pour empêcher l'écrasement de la révolte suggéré par le propos de Guy Mollet, chef du gouvernement: "cessez le feu, élections,négociations".
- Le 13 mai 1958, violentes manifestations de rues. Création de comités de salut public. Le président Coty fait appel au général de Gaulle pour mettre sur pied un vaste plan de réformes en même temps que s'élabore la Constitution de la Vème République. Référendum du 28 septembre : 96% de votes favorables à la nouvelle Constitution. En novembre, élections. Cependant, de nombreuses opérations militaires sont nécessaires pour maîtriser la rébellion.
- Le 16 septembre 1959 : reconnaissance par le général de Gaulle du principe d'autodétermination.

- Janvier 1960 :
agitation croissante, grèves et émeutes au nom de l'Algérie française. Nombreuses arrestations parmi les activistes. Lancement de la formule de ralliement : Algérie algérienne offrant la perspective d'une décentralisation.- Juin 1960 : entretiens à Melun entre les envoyés du G.P.R.A. (Gouvernement provisoire de la République algérienne) et le gouvernement français, qui aboutissent à un durcissement de la révolte.
- Février 1961 :
entretiens de Rambouillet entre le général de Gaulle et le président Bourguiba amorçant les négociations. Cependant, tentative d'insurrection militaire le 21 avril, recrudescence des attentats et organisation de l'armée secrète ( O.A.S.).
- 19 mars 1962 :
Aboutissement des pourparlers lors de la signature des accords d'Evian avec cessez-le-feu effectif. Malgré cela, exaspération de la tension entre les populations européennes d'Algérie et les populations musulmanes se traduisant par une multiplication des attentats et un exode vers la France d'Européens et de Musulmans désirant demeurer Français,tandis que se mettent en place les institutions de transition prévues à Evian (un Exécutif provisoire, un Haut Commissariat).
- 1er juillet 1962 : la République algérienne devient indépendante par un vote massif. La mise en place d'une république socialiste s'accompagne de désaccords et de conflits.

voilà, et BONSAÏ!

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28 novembre 2005 1 28 /11 /novembre /2005 13:03

"A l'Assemblée nationale, les députés socialistes vont tenter d'obtenir mardi matin, par le biais de l'examen de leur proposition de loi, la suppression d'un article de loi demandant la reconnaissance dans les programmes scolaires "du rôle positif de la présence française en outre-mer et notamment en Afrique du Nord".

 La loi a été proposée le 23 février 2005 et là forcément ça la fout mal pour le PS!

Je crois cependant qu'un petit cours d'histoire s'impose, il faut noter que tant que l'état français n'a pas la même version que  les  pays anciennement colonisés, des problèmes de communication avec les français d'origine d'Afrique.

Le protectorat français au Maroc
Chronologie (1905)

"La conférence d'Algésiras (1906), qui entérinait l'intervention des puissances occidentales au Maroc, reconnut à l'Espagne et à la France des droits particuliers. De 1907 à 1912, une série d'incidents provoqua l'intervention de l'armée française; en août 1907, les Français débarquèrent à Casablanca, puis occupèrent Oujda, Casablanca et Fès. En dépit de l'opposition de l'Allemagne, le traité de protectorat, finalement imposé au sultan du Maroc, fut signé à Fès le 30 mars 1912. (Par ailleurs, en novembre 1912, la convention de Madrid plaçait le nord du pays sous protectorat espagnol.) Le général Lyautey fut nommé premier résident général de la France.

La résistance marocaine fut vive, et les révoltes berbères nombreuses. Après la reddition d'Abd el-Krim, qui souleva les masses paysannes dans le Rif (1919-1926), la France mena une campagne de «pacification» qui ne prit fin qu'en 1934; le protectorat fut remplacé par l'administration directe. La France encouragea la colonisation rurale avec l'installation d'Européens, qui, par ailleurs, introduisirent de nouvelles cultures et commencèrent l'exploitation des phosphates. Elle entretint également l'opposition entre Arabes et Berbères : un dahir de 1930 retira la juridiction des populations berbères au sultan, responsable de la loi musulmane, et leur établit des tribunaux propres appliquant le droit coutumier. Ce fut l'occasion d'un réveil de l'opposition. Allal al-Fasi et un groupe de jeunes lettrés fondèrent à Fès le parti national, avec pour revendication essentielle l'abrogation du dahir. Mais, alors que s'achevait la pacification française, les prémices du mouvement pour l'indépendance se faisaient déjà sentir. Le mouvement nationaliste fut influencé par les doctrines réformistes et le panarabisme qui agitaient alors toutes les sociétés musulmanes. Un Comité d'action marocain pour la réforme, créé en 1934, réclama l'application stricte du traité de protectorat. En 1937, le Comité se sépara entre l'Istiqlal (1943) et le Parti démocratique de l'indépendance (1946).

La défaite de 1940 devant les Allemands affaiblit encore la position de la France. L'Espagne occupa Tanger de 1940 à 1945. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les troupes marocaines combattirent aux côtés de la France libre, mais la rencontre entre le sultan Mohammed  V ben Youssef et le président américain Roosevelt à Anfa, en juin 1943, accentua les revendications nationalistes. En 1944, Mohammed V refusa de ratifier les décisions du résident général et, dans un discours prononcé à Tanger, en avril 1947, commença à réclamer l'indépendance.

Au lendemain de la guerre, la pénurie alimentaire provoqua une grande misère et une forte émigration rurale. La résistance au protectorat prit alors un caractère plus urbain. Oppositions rurale et urbaine se rejoignirent après 1950, au moment où le sultan prenait une part prépondérante dans la lutte pour l'indépendance. Le gouvernement français nomma des résidents généraux intransigeants: les généraux Juin (1947-1951) et Guillaume (1951-1954). En 1951, sous la pression des autorités françaises, soutenues par le pacha de Marrakech, Al-Hadj Thami al-Glaoui, surnommé le Glaoui, le sultan fut contraint de renvoyer ses collaborateurs membres de l'Istiqlal. Après avoir tenté, en vain, de négocier avec la France, Mohammed V prononça, en novembre 1952, un discours exigeant l'émancipation politique totale et immédiate du Maroc. Appuyé par la France, des notables et des chefs de confrérie, avec à leur tête le Glaoui, entrèrent alors dans un complot visant à renverser le sultan: le 20 août 1953, la France déposa Mohammed V, qui fut exilé en Corse, puis à Madagascar, avec ses fils, dont le futur roi Hassan II. Une rupture totale s'instaura dès lors entre le nouveau régime et la population, qui ne reconnut pas la légitimité du sultan mis en place par la France, Mohammed ibn Arafa, un autre membre de la famille alaouite. Ce refus revêtait un caractère politique, religieux et économique (boycott des produits français); il s'accompagna d'une vague d'agitation et de la constitution d'une armée de libération.
Le Maroc indépendant La conjonction des insurrections marocaine et algérienne contraignit Paris, qui choisit de consacrer l'essentiel de son effort militaire à l'Algérie, à engager des négociations avec le sultan Mohammed V. En 1955, à la suite d'actes terroristes, la France se résigna finalement à accepter le retour du sultan au Maroc. Le 2 mars 1956 fut signée une convention qui abolit le traité de Fès et reconnut l'indépendance du Maroc. Le statut de Tanger fut aboli (29 octobre 1956). L'ampleur des manifestations populaires obligea également l'Espagne à mettre fin à son protectorat, le 7 avril 1956. Après quarante-quatre ans de tutelle étrangère, le Maroc retrouvait son indépendance et son unité. Mohammed V rentra dans son pays, acclamé comme le libérateur de la nation marocaine. Dès 1958, il annonça des réformes économiques, sociales et politiques, et s'engageait à doter le Maroc, érigé en royaume, d'institutions permettant une participation directe du peuple à la gestion des affaires publiques."

A bon entendeur...

La chroniqueuse

 

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