L'actualité Politique en France : Les émeutes,le racisme,la crise, le chômage, l'impunité policière croissante, les discriminations,N. Sarkozy,JM Le Pen, ...
L 'auteur de Politique du rebelle, du Traité d'athéologie et de La Philosophie féroce s'est rendu place Beauvau, pour rencontrer Nicolas Sarkozy. Si tous deux appartiennent à la même génération – l'homme politique est né en 1955, le philosophe en 1959 –, ils ne sont pas du même bord. Michel Onfray, à qui l'on a proposé en décembre dernier d'être le candidat de la gauche radicale à l'élection présidentielle, a refusé de se lancer en tant qu'acteur dans la campagne. Il soutient la candidature de José Bové. Sur son blog, il ne mâche pas ses mots. Dans une intervention intitulée « Les habits de grand-mère Sarkozy », il blâme « le démagogue animé par une obsession pathologique : jouir de la puissance donnée par le pouvoir ». Il ironise les accents personnels du discours d'investiture au congrès de l'UMP du 14 janvier : « Cet homme, rendez-vous compte, a été trahi, abandonné, quitté par sa femme… Avec ce banal adultère des familles, Nicolas Sarkozy a appris la douleur, la peine, le petit homme est devenu grand. Désormais, il peut être chef de l'État. Donc cet homme n'a plus rien à voir avec le méchant, le partisan, le sectaire, le traître, le disciplinaire, l'autoritaire, l'ambitieux qu'enseignent trente années de pratique politicienne de Neuilly à Beauvau. » Place Beauvau, justement, Michel Onfray y est allé avec des cadeaux dans sa besace. Il a décidé d'offrir au présidentiable quatre de ses livres de chevet : L'Antéchrist de Friedrich Nietzsche, Totem et Tabou de Sigmund Freud, Surveiller et punir de Michel Foucault, la Théorie de la propriété de Pierre-Joseph Proudhon. C'est donc muni d'explosifs de première qualité qu'il a franchi les portes du ministère.
Nicolas Sarkozy nous a accueillis dans son bureau. Il était, pour commencer, seul – ses conseillers nous ont rejoints. Poigne tonique. Appréciant la « confrontation physique », le ministre, qui venait de lire le portrait virulent mis en ligne par Michel Onfray sur son blog, est passé à la contre-attaque. Après des échanges franchement hostiles, le dialogue a failli tourner court. Il a fallu une demi-heure pour que la tension retombe. À notre grande surprise, la conversation a pris une tournure existentielle. Habile manoeuvre rhétorique ou désir véritable d'échapper au « ronron des meetings » ? Nicolas Sarkozy profite de cette séance pour tester son pouvoir de séduction face à un adversaire, mais aussi pour convaincre de la sincérité de son « changement » de personnalité.