Certains visiteurs de ce blog ont apparemment l'impression que je m'acharne sur la police française. Que les choses soient claires, je n'ai rien de personnel contre la fonction de la profession, au contraire celle-ci est bien évidemment indispensable. Néanmoins, je refuse de fermer les yeux sur certains comportements d'agents de police ou de CRS. Le but de mon blog n'est pas de les diaboliser, mais quand les médias eux s'acharnent à diaboliser les jeunes des banlieues et passent sous silences certaines bavures pour je ne sais quelle raison, je ressent le besoin d'équilibrer la balance. Quand je dis "médias", je pense surtout à la télévision cela va sans dire, mais celle-ci reste la source première d'information de la majorité des Français.
Je suis révoltée devant des images de voitures et de bus brûlés, cela me choque de savoir que les pompiers se sentent en danger dans certains quartiers alors qu'ils veulent seulement faire leur travail. Je fais en sorte de ne pas faire d'angélisme de banlieue encore moins de victimisation car se voiler la face ne fait pas avancer les choses.
Mais je refuse de fermer les yeux sur les actes parfois douteux d'agents assermentés et représentants de la République. Leur statut et leur fonction leur incombent de grandes responsabilités, si eux même bafouent leurs uniformes en ne respectant pas les lois qu'ils sont censés défendre alors là aussi je me révolte. Encore une fois, je tiens à préciser que je ne colle pas d'étiquettes sur tous les policiers de France. Je suis consciente qu'ils ne sont pas tous ripoux, racistes et violents. Mais ceux là existent et ne pas les dénoncer revient à l'accepter. En tout cas, c'est comme cela que je ressent les choses.
A ce propos je voudrai revenir sur l'affaire de Grigny. Souvenez-vous, avant le tragique évènement de Marseille, alors que tous les journalistes étaient dans les starting blocs pour un éventuel anniversaire des émeutes, un bus et trois voitures ont été incendiés, des policiers se sont faits caillassés et ce le dimanche 22 octobre. Beaucoup de JT se sont contenté de parler de commémoration.
Selon le journal Libération, le calendrier n'est pour rien dans les violences de ce jour là, un incident avait eu lieu la veille et c'est ce qui aurait tout déclenché.
"...trois adultes racontent qu'ils ont été témoins samedi soir de l'incident avec la police qui a entraîné les violences de dimanche. Karim, 32 ans, Ali, 42 ans, et Mohamed, 42 ans, ont pris l'habitude de se retrouver à la Chicha, située place de la Treille. Les pères de famille jouent aux dominos, aux cartes, dans ce salon de thé ouvert il y a un an. En cet avant-dernier jour du ramadan, l'endroit était bondé quand Mohamed a vu entrer quatre CRS : «Le premier a dit : "Bonsoir, messieurs, c'est pour un contrôle des papiers." Le gérant lui a demandé s'il avait un papier l'autorisant à agir ainsi. Le policier lui a dit qu'il avait le droit et qu'il était de la police de Juvisy. Le garçon lui a dit que les papiers du salon de thé avaient déjà été vérifiés par le commissaire de Grigny. Puis il a décroché son téléphone et c'est là que le policier s'est avancé vers le bar pour l'empêcher de téléphoner.» Le ton monte dans le salon de thé, un CRS pousse un jeune qui le pousse à son tour. Un autre jeune tente de filmer la scène avec son téléphone portable et un témoin se souvient «du chef des policiers qui a crié "Virez-moi tout ça du café." Puis les CRS ont tiré des grenades lacrymogènes au milieu des papas dehors devant la Chicha». Le gérant, âgé de 23 ans, et son frère de 17 ans sont interpellés et placés en garde à vue. Ils seront poursuivis pour outrages et rébellions à agents de la force publique. La place de la Treille est cernée par un important dispositif policier. Dimanche, à la mi-journée, les violences débutent avec l'incendie d'une voiture, puis d'un bus, suivis de caillassages des forces de l'ordre.
L'émotion était toujours perceptible, hier après-midi à la Grande-Borne. Le quartier est en émoi parce que «des policiers ont gazé des pères», répètent en choeur un groupe d'adolescents. Un adulte s'approche, la voix pleine de colère : «Les flics, ils ne respectent plus personne. Samedi soir, à la Chicha, il y avait des personnes âgées. Ce ne sont pas des chiens. Pourquoi les policiers sont rentrés casqués, pour leur mettre la pression ?» L'homme se reprend, plus calme : «Tout cela, c'est calculé. Ça fait combien de temps qu'il n'y avait pas eu d'émeute à la Grande-Borne ? Il ne faut pas prendre les gens pour des cons, c'est de la provocation pure et dure.» Mohamed intervient : «Franchement, moi, j'ai toujours été contre les violences urbaines, mais, hier, je me sentais des deux côtés : celui de la police et celui des jeunes.» Son voisin le coupe : «En allant brûler le car, ils ne font que servir le ministère de l'Intérieur.» «On ne voit ça nulle part ailleurs.» Au tribunal pour enfants d'Evry, Mehdi Fatihi attend d'être fixé sur le sort de l'un de ses deux fils interpellé samedi soir. «Pourquoi c'est toujours la Chicha qui est contrôlé ?» s'interroge cet ouvrier imprimeur de 53 ans. Il y a un an, il a soutenu le projet professionnel de ses fils pour les sortir du chômage en les aidant à ouvrir un salon de thé dans la Grande-Borne. Il s'en était expliqué dans Libération le 11 octobre 2005 : «Moi, je suis en France pour faire travailler les gamins, pour qu'ils ne restent pas dans la rue. Ça fait trente ans que je travaille, j'ai fait des économies que j'utilise pour mes gamins. C'est important que les enfants qui portent mon nom aient une belle situation.» Depuis son ouverture, la Chicha a été contrôlée à plusieurs reprises en dépit de papiers en règle. «Les Fatihi ont déposé les papiers de leur commerce à deux reprises au commissariat de Grigny. On ne voit ça nulle part ailleurs», confirme un responsable économique de l'Essonne. «Mehdi Fatihi aurait pu être un exemple cité par les pouvoirs publics. Au lieu de cela, on le casse», s'insurge Amar Henni, éducateur durant vingt ans en Essonne. Mehdi Fatihi a bien une idée sur un tel acharnement : «Ils ne veulent pas que les gens s'en sortent mais qu'ils restent toujours dans leur merde.» ".
Je conseille vivement le programme de France 5 Arrêt sur images qui analyse les dessous de l'actualité à la télévision tous les dimanches vers midi.
Merci,
La chroniqueuse