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Je viens de lire l'intervention de M. Jean Marie Bockel, sénateur-maire socialiste de Mulhouse, qui s'est fait remarqué récemment, jouant le solitaire pendant que le PS s'essouffle pour laisser transparaitre un faux semblant d'unité.
Cet ancien ministre a cru utile de donner son avis sur le projet socialiste dans le Figaro. Projet qui avait tout de même réussi à trouver un consensus au sein du parti. Pourquoi je m'intéresse à ces propos? Parce qu'ils m'ont laissée pantoise. Le bonhomme s'est manifestement trompé de parti d'après ce qu'on peut lire :
"Une fois de plus, la majorité du PS a fait des concessions à sa gauche. Bien que minoritaire, celle-ci donne le ton".
"Nous nous retrouvons dans la culture de la dépense et de la redistribution publiques, alors que les priorités devraient être de moderniser la France, réformer l'Etat et parachever la décentralisation".
En lisant cela, on peut dire de M. Bockel qu'il s'est bel et bien trompé d'orientation politique.
"En ne prenant pas cette direction, le projet handicape d'emblée notre candidat".
Faut-il un candidat de gauche pour le parti principal de la gauche ou un candidat de droite qui veut se faire passer pour un réformateur moderne?
Selon le sénateur : "Pour avoir une chance de l'emporter, il devra se démarquer du projet".
A l'heure ou beaucoup de gens se pleignent que les différences entre la gauche et la droite soient de plus en plus floues, cet homme à le culot de déclarer que si le candidat de la gauche est un temps soit peu trop à gauche, il n'aura aucune chance face à ses adversaires. Je parie pourtant le contraire.
M. Bockel va même jusqu'à prôner l'union avec la droite, en affirmant que c'est le seul moyen de réformer la France.
"pour éviter que le pays ne soit dans la rue dès qu'on engage une réforme difficile mais nécessaire, il faudra, sur des sujets comme la protection sociale, une union entre les forces politiques, comme en Allemagne", vous y croyez-vous? Personnellement, ce type me fait halluciner.
Il s'est d'ailleurs associé au député UDF Christian Blanc et le sénateur UMP Alain Lambert, pour faire un appel en ce sens, le 6 juillet. On peut militer pour des réformes, mais de là à dire qu'elles ne sont pas possibles sans un éventuel partenariat avec les partis de la droite...
Cet appel est un appel à la "modernisation".
"Si la France ne renoue pas avec le dynamisme, le processus d'unification de l'Europe sera stoppé et l'ambition européenne d'une société solidaire dans une économie de marché réduite à néant." Oui, "solidaire" et "économie de marché" dans la même phrase...
Il encourage Ségolène Royal a suivre la même voie que lui, elle "doit être clairement une candidate de la gauche moderne à la manière d'un certain nombre de sociaux-démocrates européens qui ne plaisent pas à la gauche du PS. Je pourrais la soutenir, dans ces conditions, de manière claire et nette" dit-il.
Oui, il y a bien diverses gauches, mais il est temps que le PS rassemble ses forces pour envisager la possibilité d'une victoire en 2007. Le projet socialiste applicable ou non, trop onéreux ou non, reste le produit de l'union.
Merci,
La chroniqueuse.