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Le ministre de l'éducation nationale, anciennement ministre des transports, a décidé de supprimer les zones d'éducation prioritaire pour les affubler d'une nouvelle étiquette : "ambition réussite". De quoi parle-t-on? Ben, c'est pas très clair tout ça...
Seulement certaines mesures qui vont être entreprises semblent ne pas convenir à la situation.
Libération le souligne dans un de ces articles écrit par des enseignants de Clichy-Sous-Bois.
"Les professeurs s'alarment devant l'inadéquation des remèdes choisis pour les banlieues. L'appel de Clichy-sous-Bois"
Ils tirent encore une fois la sonnette d'alarme car eux n'ont pas oublier les évènements de l'automne dernier.
Premier point :
Le collège est la seule cible de ces mesures. Les collèges ne sont pourtant pas les seuls à avoir besoin de plus de moyens, il ne faut pas occulter le rôle des écoles primaires, où se trouve la base de l'acquisition des savoirs...
Cela paraît logique pourtant. Il faut d'abord tout faire pour que le nombre de sixième ne sachant pas lire à la rentrée diminue. Pour cela le ministère devrait cesser sa campagne de fermeture des CLIS, ou classes d'adaptation et accroître le nombre de Maîtres E.
(Si vous avez des questions à ce sujet n'hésitez pas, les commentaires sont là pour ça...)
Deuxième point:
Pas de mesures pour le lycée non plus. Si ce n'est la suppression partielle de la carte scolaire.
Les élèves dits «méritants» de ces futurs «collèges ambition réussite» qui obtiennent une mention TB ou B au brevet des collèges auront le droit de déroger à la carte scolaire.
Ils pourront quitter leurs établissements de secteur pour un autre mieux réputé. Et aux dépens de qui?
C'est ce qui est donc prévu pour lutter contre la ghettoïsation scolaire qui est déjà particulièrement forte. Bravo!
Difficile de motiver des élèves qui seront conscient d'être restés là parce qu'ils ne sont pas assez doués pour aller étudier ailleurs. Je pense aussi que l'hétérogénéité dans une classe reste plus efficace que de mettre les bons ensembles et les autres, moins bons, aussi.
Dans quel avenir peuvent-t-ils se projeter?
Ne reste-t-on pas dans la stigmatisation pour ces lycée et leurs élèves? Sachant qu'on fait passer une loi qui s'appelle "égalité des chances pour tous", ce serait bien que l'éducation suive un peu...
Une fois le renouvelement des élites de ce pays assuré, quels sont les vrais mesures pour que ce qui s'est passé il y a quelques mois ne se renouvelle?
Troisème point :
"L'apprentissage junior" en quoi orienter les élèves vers une formation professionnelle dès 14 ans, va résoudre les problèmes? Je ne vois pas, vraiment...
Les élèves visés par cette mesure, sont évidemment en majorité ceux qui ont des difficultés scolaires et socio-économiques.
Déjà que l'apprentissage aujourd'hui ne correspond plus à la réalité du marché du travail.
N'oublions pas non plus le problème des discriminations qui sont beaucoup trop présentes dans ce domaine.
Ce type de formation est d'ailleurs synonyme de précarité : 25 % des contrats sont rompus avant terme.
Ce qui n'est pas rassurant.
Voilà un article écrit par mes soins mais qui relate clairement les craintes de ces enseignants qui observent encore une fois qu'une partie de la population se trouve lésée après avoir appelé au secour.
Merci,
La chroniqueuse