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La Chroniqueuse est ravie de vous accueillir sur ce blog, n'hésitez pas vous aussi à participer en laissant vos commentaires!!!

Je n'ai plus le temps d'écrire mais, je dépose des articles, en donnant leurs sources bien sûr, pour garder le fil d'une actualité riche malheureusement...

 

Musiques d'accompagnement :



Citation:

Le message de Gandhi, de Mandela, de Martin Luther King (...) C'est un message d'espoir dans la capacité des sociétés modernes à dépasser les conflits par une compréhension mutuelle et une patience vigilante

Stéphane Hessel



 
7 novembre 2006 2 07 /11 /novembre /2006 19:36
Le blog Mes Chroniques a un an aujourd'hui!!
J'en profite donc pour remercier tous les visiteurs et tous les commentateurs qui ont daigné porter leur attention sur mes articles.
J'espère que le petit relooking vous plaît, à bientôt...
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6 novembre 2006 1 06 /11 /novembre /2006 13:43
Certains visiteurs de ce blog ont apparemment l'impression que je m'acharne sur la police française. Que les choses soient claires, je n'ai rien de personnel contre la fonction de la profession, au contraire celle-ci est bien évidemment indispensable. Néanmoins, je refuse de fermer les yeux sur certains comportements d'agents de police ou de CRS. Le but de mon blog n'est pas de les diaboliser, mais quand les médias eux s'acharnent à diaboliser les jeunes des banlieues et passent sous silences certaines bavures pour je ne sais quelle raison, je ressent le besoin d'équilibrer la balance. Quand je dis "médias", je pense surtout à la télévision cela va sans dire, mais celle-ci reste la source première d'information de la majorité des Français.
Je suis révoltée devant des images de voitures et de bus brûlés, cela me choque de savoir que les pompiers se sentent en danger dans certains quartiers alors qu'ils veulent seulement faire leur travail. Je fais en sorte de ne pas faire d'angélisme de banlieue encore moins de victimisation car se voiler la face ne fait pas avancer les choses.
Mais je refuse de fermer les yeux sur les actes parfois douteux d'agents assermentés et représentants de la République. Leur statut et leur fonction leur incombent de grandes responsabilités, si eux même bafouent leurs uniformes en ne respectant pas les lois qu'ils sont censés défendre alors là aussi je me révolte. Encore une fois, je tiens à préciser que je ne colle pas d'étiquettes sur tous les policiers de France. Je suis consciente qu'ils ne sont pas tous ripoux, racistes et violents. Mais ceux là existent et ne pas les dénoncer revient à l'accepter. En tout cas, c'est comme cela que je ressent les choses.
A ce propos je voudrai revenir sur l'affaire de Grigny. Souvenez-vous, avant le tragique évènement de Marseille, alors que tous les journalistes étaient dans les starting blocs pour un éventuel anniversaire des émeutes, un bus et trois voitures ont été incendiés, des policiers se sont faits caillassés et ce le dimanche 22 octobre. Beaucoup de JT se sont contenté de parler de commémoration.
Selon le journal Libération, le calendrier n'est pour rien dans les violences de ce jour là, un incident avait eu lieu la veille et c'est ce qui aurait tout déclenché.

"...trois adultes racontent qu'ils ont été témoins samedi soir de l'incident avec la police qui a entraîné les violences de dimanche. Karim, 32 ans, Ali, 42 ans, et Mohamed, 42 ans, ont pris l'habitude de se retrouver à la Chicha, située place de la Treille. Les pères de famille jouent aux dominos, aux cartes, dans ce salon de thé ouvert il y a un an. En cet avant-dernier jour du ramadan, l'endroit était bondé quand Mohamed a vu entrer quatre CRS : «Le premier a dit : "Bonsoir, messieurs, c'est pour un contrôle des papiers." Le gérant lui a demandé s'il avait un papier l'autorisant à agir ainsi. Le policier lui a dit qu'il avait le droit et qu'il était de la police de Juvisy. Le garçon lui a dit que les papiers du salon de thé avaient déjà été vérifiés par le commissaire de Grigny. Puis il a décroché son téléphone et c'est là que le policier s'est avancé vers le bar pour l'empêcher de téléphoner.» Le ton monte dans le salon de thé, un CRS pousse un jeune qui le pousse à son tour. Un autre jeune tente de filmer la scène avec son téléphone portable et un témoin se souvient «du chef des policiers qui a crié "Virez-moi tout ça du café." Puis les CRS ont tiré des grenades lacrymogènes au milieu des papas dehors devant la Chicha». Le gérant, âgé de 23 ans, et son frère de 17 ans sont interpellés et placés en garde à vue. Ils seront poursuivis pour outrages et rébellions à agents de la force publique. La place de la Treille est cernée par un important dispositif policier. Dimanche, à la mi-journée, les violences débutent avec l'incendie d'une voiture, puis d'un bus, suivis de caillassages des forces de l'ordre.
L'émotion était toujours perceptible, hier après-midi à la Grande-Borne. Le quartier est en émoi parce que «des policiers ont gazé des pères», répètent en choeur un groupe d'adolescents. Un adulte s'approche, la voix pleine de colère : «Les flics, ils ne respectent plus personne. Samedi soir, à la Chicha, il y avait des personnes âgées. Ce ne sont pas des chiens. Pourquoi les policiers sont rentrés casqués, pour leur mettre la pression ?» L'homme se reprend, plus calme : «Tout cela, c'est calculé. Ça fait combien de temps qu'il n'y avait pas eu d'émeute à la Grande-Borne ? Il ne faut pas prendre les gens pour des cons, c'est de la provocation pure et dure.» Mohamed intervient : «Franchement, moi, j'ai toujours été contre les violences urbaines, mais, hier, je me sentais des deux côtés : celui de la police et celui des jeunes.» Son voisin le coupe : «En allant brûler le car, ils ne font que servir le ministère de l'Intérieur.» 
«On ne voit ça nulle part ailleurs.» Au tribunal pour enfants d'Evry, Mehdi Fatihi attend d'être fixé sur le sort de l'un de ses deux fils interpellé samedi soir. «Pourquoi c'est toujours la Chicha qui est contrôlé ?» s'interroge cet ouvrier imprimeur de 53 ans. Il y a un an, il a soutenu le projet professionnel de ses fils pour les sortir du chômage en les aidant à ouvrir un salon de thé dans la Grande-Borne. Il s'en était expliqué dans Libération le 11 octobre 2005 : «Moi, je suis en France pour faire travailler les gamins, pour qu'ils ne restent pas dans la rue. Ça fait trente ans que je travaille, j'ai fait des économies que j'utilise pour mes gamins. C'est important que les enfants qui portent mon nom aient une belle situation.» Depuis son ouverture, la Chicha a été contrôlée à plusieurs reprises en dépit de papiers en règle. «Les Fatihi ont déposé les papiers de leur commerce à deux reprises au commissariat de Grigny. On ne voit ça nulle part ailleurs», confirme un responsable économique de l'Essonne. «Mehdi Fatihi aurait pu être un exemple cité par les pouvoirs publics. Au lieu de cela, on le casse», s'insurge Amar Henni, éducateur durant vingt ans en Essonne. Mehdi Fatihi a bien une idée sur un tel acharnement : «Ils ne veulent pas que les gens s'en sortent mais qu'ils restent toujours dans leur merde.» ".

Je conseille vivement le programme de France 5 Arrêt sur images qui analyse les dessous de l'actualité à la télévision tous les dimanches vers midi.

Merci,
La chroniqueuse

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4 novembre 2006 6 04 /11 /novembre /2006 10:14
Faïza Guène est une jeune écrivaine de 21 ans avec déjà deux romans à son actif. Le premier Kiffe kiffe demain  s'est vendu à plus de 230 000 exemplaires.

Surnommée la Sagan des cités par l'International Herald Tribune ou encore la Bridget Jones des cités, Faïza Guène nous décrit sa Seine-Saint-Denis mais avec une nouvelle voix, une voix optimiste. Kiffe Kiffe demain a été traduit en 24 langues, l'auteur y raconte le quotidien d’une adolescente de 15 ans.

Avec Du rêve pour les oufs, elle nous sert l'histoire d’une émigrée de 24 ans. Plus midinette éclairée que chienne de garde, Ahlème, son héroïne, habite à Ivry. Arrivée en trance à 11 ans, elle est orpheline de mère, assassinée en Algérie.

Présentation:
Ahlème a 24 ans. Elle vit à Ivry en banlieue sud avec « Le patron » (son père) et Foued, son petit frère de 13 ans. « Le patron », personnage loufoque, a perdu la boule il y a trois ans lors d'un accident de chantier où sa tête a heurté une solive.
N'ayant plus toute sa tête, dépassé par les événements, c'est un « patron » dont l'autorité repose avant tout sur Ahlème qui a fort à faire avec Foued, un vrai petit chétane (voyou). La seule chose qui le retient de ne pas collectionner les conneries (plus ou moins drôles et plus ou moins graves), c'est la surveillance de sa soeur. Le problème est qu'elle aussi a fort à faire, entre ses missions intérim (les comptages de clous chez Leroy Merlin), les files d'attente à la préfecture pour renouveler sa carte de séjour (tous les trois mois) et ses histoires d'amour foireuses (pourquoi ses copines s'entêtent-elles à lui présenter des ploucs ?). Malgré sa vigilance, elle ne peut donc empêcher longtemps son petit frère de glisser sur la mauvaise pente et va donc se défouler de plus en plus souvent chez « tantie Mariatou », professionnelle du dicton et mère par procuration. La sienne, la vraie, a été assassinée en Algérie en 1992. Depuis, la vie de Ahlème c'est donc la France, le souvenir d'un bonheur perdu et surtout l'espoir d'un bonheur à venir. Elle est encore jeune et parfois naïve mais, souvent, elle a l'impression d'avoir vécu mille vies. Sans doute un effet des délires du « Patron » et du déluge de galères? Ainsi, elle apprend un matin que, suite à ses démêlés judiciaires, Foued est menacé d'expulsion. Certains auraient baissé les bras et arrêté de rire. Mais pas elle. Car, comme dit Tantie Mariatou : « On a beau couper la queue du lézard, elle repousse toujours. ».

Faïza Guène est aussi l'auteur de courts métrages :
RTT, Rumeurs (2002), Rien que des mots (2004) ainsi que dans le documentaire Mémoires du 17 octobre 61 (2002).

Citations:
« Le milieu dans lequel on évolue conditionne nos ambitions et même nos rêves. Est-il normal que le service municipal de la jeunesse ne propose aux jeunes que des films sur les quartiers ou alors les grosses machines telles que l’Arme fatale, en supposant qu’a priori on est censé aimer ? Pourquoi ne pas nous faire découvrir Almodovar ? Moi, quand j’ai vu ses réalisations, j’ai pris des claques. Apportez-nous des films qui nous ouvrent l’esprit ! ».

" Ce sera une révolte intelligente, sans aucune violence, où on se soulèvera pour être reconnus, tous. Y a pas que le rap ou le foot, dans la vie. Comme Rimbaud, on portera en nous "le sanglot des Infâmes, la clameur des Maudits". ".

Et en plus elle cite Rimbaud, je sais pas vous,  mais moi j'ai hate de lire son prochain roman...
Merci,
La chroniqueuse
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1 novembre 2006 3 01 /11 /novembre /2006 22:23
Plusieurs policiers pourraient être mis en examen dans le cadre de l'enquête sur la mort des deux adolescents électrocutés à Clichy-sous-Bois. Il y un an le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy avait assuré publiquement que "toute la vérité" serait faite mais ce bien après avoir commenté ce qui s'était passé.
"lors d'une tentative de cambriolage, lorsque la police est arrivée, un certain nombre de jeunes sont partis en courant.
 Trois d'entre eux, qui n'étaient pas poursuivis physiquement par la police, sont allés se cacher en escaladant un mur d'enceinte de trois mètres de haut qui abritait un transformateur".
Vous noterez le manque de crédibilité évident d'un tel récit qui de plus était antérieur à une quelconque enquête.
Plusieurs policiers ont finalement été convoqués et pourraient être mis en examen par le juge chargé de l'information judiciaire pour "non-assistance à personne en danger" ouverte après l'électrocution des trois victimes. 
Elles fuyaient la police et se sont réfugiés dans une centrale EDF.
Bouna, 17 ans, et Zyed, 15 ans, ont été électrocutés et sont morts sur le coup. Muhittin, le troisième adolescent, a été brûlé vif mais est parvenu à s'enfuir.
Le juge a envoyé onze convocations.
Selon les avocats des familles des victimes:
"L'intrusion des mineurs dans le site avait été signalée à tous les équipages comme au commissariat central de Bobigny. Le site électrique était cerné. Aucune sommation n'a été effectuée ni aucune précaution prise. Jamais la question des adolescents n'a été posée".
Le 3 novembre dernier, le procureur de Bobigny avait indiqué à la presse qu'un policier avait prévenu ses collègues, par radio, du danger encouru par les adolescents, selon l'enquête de l'IGS, la police des polices, menée dans les jours qui avaient suivi le drame.
"S'ils rentrent sur le site EDF, je ne donne pas cher de leur peau", avait averti le policier, après avoir vu les adolescents enjamber une clôture proche du site dangereux.
Le syndicat de police Alliance parle de confusion, pourtant ce policier avait l'air très conscient  du danger encouru par les trois adolescents.
Le voile est enfin en passe de se lever sur cette affaire, il suffit d'attendre que la justice fasse son travail...
Merci,
La chroniqueuse

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29 octobre 2006 7 29 /10 /octobre /2006 19:38
Ceci est le mot d'ordre du collectif A.C.L.E.F.E.U qui fait le tour de la France afin de receuillir les témoignages des Français vivant dans ces banlieues constamment décriées. Le collectif en a fait un cahier de doléances et l'a été transmis aux députés et aux sénateurs, il s'apprête à faire de même avec le président de la république qui était indisponible pour le moment...
Voici la synthèse de ce cahier de doléances qui a le mérite d'être une initiative non gouvernementale qui a su recueillir 20 000 témoignages dans 120 villes.

Les cahiers de doléances
La synthèse Préambule
Notre collectif ACLEFEU (Association Collectif Liberté, Egalité, Fraternité, Ensemble, Unis) a vu le jour au lendemain des révo1tes sociales qui ont secoué le pays au mois de Novembre 2005, suite à la mort de deux de nos enfants, Bouna et Zyad, à Clichy sous bois. Pour que l’on puisse dire qu’ils ne sont pas morts pour rien, nous nous sommes fixés pour mission d’aller à la rencontre de la population dans toute sa diversité et de faire remplir aux gens des cahiers de doléances. Il s’agissait d’établir un rapport sous forme d’état des lieux et de propositions, que nous vous remettons aujourd’hui. A l’instar des sans culottes de la révolution française de 1789, notre démarche vise à faire remonter l’expression populaire auprès des édiles de la nation. L’histoire semble se répéter ; aujourd’hui comme hier, la notion centrale de la Révolution, est clairement perceptible dans ces cahiers : l’Égalité. Force est de constater que les semblants de tentatives successives de réduction des inégalités des différents gouvernements ont échoué, se heurtant tous au mur des privilèges. Comme par le passé, les crises se conjuguent : agricole, industrielle, commerciale, sociale… Elles ne font qu’accentuer l’inégalité entre les quelques privilégiés et les autres. Tandis que les riches peuvent se permettre de spéculer et de s’enrichir encore, un nombre croissant de personnes défavorisées n’a plus que le recours aux œuvres caritatives pour subsister. Il nous a donc semblé indispensable d’agir pour le cessez le feu, attendu que les meilleures armes pour se faire entendre restent encore la participation citoyenne à notre démocratie, et que le débat qui devrait nourrir le choix lors du scrutin, reste circonscrit à une partie de la société, celle qui s’en sort. Tous les citoyens devaient vraiment pouvoir prendre la parole et exprimer leurs besoins, leurs propositions, leurs espoirs. Nous avons sillonné le pays à bord de 2 bus affrétés pour l’occasion, posé nos tréteaux dans 120 villes de France et recueillies ainsi plus de 20 000 constats, doléances et plus encore de propositions. Les libres contributions ont porté sur le logement et le cadre de vie, l’emploi et la précarité, l’éducation et la petite enfance, la justice et les pratiques policières, la citoyenneté, le vote des immigrés et la politique, la situation des femmes, les questions intergénérationnelles et la communication, l’insécurité et l’environnement, la répartition des richesses et les inégalités, la santé et le handicape, les discriminations et l’exclusion, le transport et l’isolement, la culture, les religions, les loisirs. Nous nous sommes ensuite attachés à adopter une méthodologie permettant de traiter quantitativement et qualitativement, l’ensemble des témoignages collectés. Celle-ci met en exergue le nombre, l’âge, le lieu de résidence et les thèmes dominants. Dans cette synthèse, les thèmes seront abordés dans l’ordre des priorités telles qu’elles ont été exprimées. A ce jour, nous avons analysé près de 13 000 de ces contributions – le plus grand sondage qualitatif jamais réalisé ! - en tête desquelles arrivent dans l’ordre les revendications sur l’emploi, l’arrêt des discriminations et de l’exclusion, le logement, une justice équitable et le contrôle des pratiques policières, l’éducation et l’orientation. Loin de se désintéresser de la politique, nombre de ces personnes parmi lesquelles, une majorité âgée de 18 à 25 ans, ont exprimé l’exigence de voir les partis et leurs élus, être plus proches des habitants et des réalités. Depuis plusieurs années, tous les partis multiplient les forums, états généraux etc. … Mais toute cette bonne volonté ne semble pas avoir convaincu les classes populaires. L’abstention aux récentes élections ainsi que nos cahiers de doléances en sont la preuve. Nous espérons que ceux qui briguent à présider aux destinées de la France sauront tirer parti de ce que nous leur offrons ici, pour construire avec les habitants, en respectant leurs propositions, une politique juste et courageuse qui s’attaquerait en priorités aux causes de la précarité et de l’exclusion. De notre coté, nous avons fidèlement synthétisé les priorités, constats et propositions des cahiers de doléances. Dans les mois qui viennent, nous serons vigilants quant à l’usage que vous ferez de ces propositions populaires. Nous entendons peser de tout notre poids pour que les exclus s’inscrivent massivement sur les listes électorales et choisissent leur candidat en fonction de sa capacité à construire une politique en concertation avec les citoyens.

1. Emploi Dans notre société, qui n’a pas d’emploi est considéré comme pire que rien, comme un parasite vivant de l’aide sociale et de la solidarité nationale. Les cahiers de doléance sont remplis d’appels à l’aide déchirants, de milliers de personnes qui ne veulent que travailler. Mais l’on ne travaille pas à n’importe quel prix. Les qualifications doivent être reconnues, les salaires doivent être motivants, et surtout, surtout, l’emploi doit permettre de sortir de la précarité. Les gens ont besoin de se projeter, de s’installer, dans tous les sens du terme, dans la vie. Il faut donc des CDI, ceci revient dans presque chaque cahier de doléances. Leur lecture montre que la précarité à laquelle sont réduits beaucoup de travailleurs est d’autant plus insupportable que de nombreuses entreprises réalisent des bénéfices record. Les jeunes dénoncent le système pervers qui consiste à leur demander de l’expérience qu’on ne leur donne jamais l’occasion d’acquérir ; les discriminations raciales, d’autant plus que les personnes concernées ont poussé leurs études ; l’inadéquation de nombreux diplômes au marché du travail ; la difficulté à trouver des stages, qui trop souvent sont non rémunérés ou presque, alors qu’un travail est fourni, ou bien parfaitement inutiles … Après la mobilisation contre le CPE, que nombre d’entre eux évoquent, ils insistent sur le besoin de contrats stables. Le leitmotiv, c’est le sentiment que la France ne laisse pas sa chance à sa jeunesse. L’emploi, la principale préoccupation exprimée dans 2586 contributions La faiblesse des salaires, au regard notamment du prix des logements est souvent dénoncée, ainsi que le manque cruel d’emploi faiblement qualifié pour tous ceux qui n’ont pas réussi leurs études. À ce niveau de qualification, la faible différence de revenu entre le SMIC et le RMI est dénoncée comme très démotivante. Ceux qui ont du travail dénoncent les licenciements abusifs, la faiblesse du salarié face au patron, en terme de droit du travail, et tout le monde est choqué par les délocalisations. Les principales propositions des cahiers de doléances.
• Une loi qui crée un quota minimum de salariés de moins de 25 ans dans les entreprises.
• Hausse du SMIC et des salaires. Redistribution des bénéfices en salaires, primes ou actions.
• Une Allocation d’Autonomie pour les jeunes de 18 à 25 ans en formation ou en insertion.
• Lutter contre les contrats précaires, et en particulier arrêter de proposer des solutions précaires aux situations précaires.
• Développer le CDI, seul contrat sécurisant pour les classes populaires, qui permet de se projeter dans l’avenir (crédits, logement etc.).
• Contrôle de l’égalité des salaires entre hommes et femmes.
• Formation obligatoire et aux frais des entreprises au droit du travail. Création massive de postes d’inspecteurs du Travail, pour assurer cette mission et renforcer celle de contrôle des entreprises.
• Lutte contre les licenciements abusifs.
• Faire participer les salariés à la gestion des entreprises ou leur donner de véritables moyens de contrôle.
• Lutte contre les délocalisations et remboursement des aides reçues par les entreprises.
• Accompagnement des personnes fragiles, refonte et développement pour la « Validation des Acquis de l’Expérience » et pour la formation continue.
• Renforcer les services publics d’aide à l’emploi et à l’insertion professionnelle, et aide massive aux associations chargées d’insertion.
• Pour la jeunesse, création d’une banque nationale d’aide à la création d’entreprise par des jeunes.
• Rétablissement des emplois jeunes, qui doivent être qualifiants et dont le recrutement doit être mieux étalés en terme de qualification initiale (recruter certains avant le bac, pour certains postes)
• Plus de place en BTS et en IUT. Ceux qui souhaitent des études courtes et professionnalisant, ou qui n’ont pas les moyens de faire des études longues, ne doivent pas aller à la fac au seul motif qu’ils et elles n’ont pas eu de place dans les filières courtes. Il faut aussi une meilleure couverture géographique des filières en BTS et en IUT.
• Pour développer l’expérience, il faut encourager les stages, mais ils doivent être utiles et correctement rémunérés. Les entreprises ne devraient pourtant pas avoir plus d’un certain taux de stagiaires.
• Le permis de conduire, indispensable dans de nombreux emplois, coûte beaucoup trop cher ! Il faut que l’apprentissage de la conduite soit assuré dans le cadre scolaire.
• Les syndicats de salariés doivent aussi comprendre qu’une génération est en train d’être sacrifiée, ceux qui n’ont jamais travaillé ou alors très peu et dans des conditions très précaires, et qu’ils doivent aussi se mobiliser pour cette jeunesse populaire.

2. Discriminations racistes Trop, trop, trop de discriminations racistes ! Les cahiers de doléances sont dramatiquement clairs sur cette question : plus de la moitié des cahiers l’évoquent, et une partie substantielle des personnes qui les dénoncent, le font manifestement par solidarité, en parlant de l’expérience vécue par des amis par exemple. La discrimination n’est pas la seule affaire des noirs et des arabes, au contraire, une prise de conscience généralisée s’est faite, dans la jeunesse, mais aussi bien au-delà. Ceux qui évoquent la discrimination qu’ils ont eux-mêmes subie décrivent un véritable enfermement dans la précarité, en matière d’emploi ou de logement, une discrimination quotidienne et permanente, qui brise, pour ceux qui ont de 15 à 35 ans, tout espoir de s’en sortir, malgré les efforts et les diplômes universitaires. Une illustration de la déclinaison territoriale de la discrimination raciste.De nombreuses personnes rapportent leurs expériences vexatoires, en matière d’emploi (recruteurs qui ne rappellent même pas pour dire qui le poste ne sera pas donné, sentiment pour les hauts diplômés d’être mis à l’écart et bloqués dans leur progression … D’autres évoquent l’impossibilité de s’émanciper de ses parents qui en découle, soit en ne trouvant pas de travail soit en n’ayant pas accès au logement ni public ni privé (pour les célibataires). Les discriminations sont également dénoncées dans les cahiers lorsqu’elles frappent dans le domaine des loisirs. Au final, les cahiers de doléances dessinent l’image d’une France complètement gangrenée par ces discriminations. C’est certainement pour la jeunesse le premier enjeu politique dans la période électorale qui s’ouvre. La discrimination : Nombre de doléances qui évoquent les discriminations par classes d’âges. Un phénomène principalement dénoncé par les jeunes âgés de 18 à 25 ans.La discrimination positive et le CV anonymes ont suscité des avis partagés : la plupart les dénoncent, mais certains les proposent, en désespoir de cause, comme ultime moyen d’accéder à l’emploi. Les principales propositions des cahiers de doléances.
• Il faut qu’en matière de discrimination soient prononcées des peines très lourdes, qui fassent peur aux bailleurs ou aux employeurs, fondées sur le constat que la discrimination brise la vie des personnes. Il faut que les plaintes soient prises en compte, que les parquets poursuivent, et que les juges condamnent réellement. Qu’enfin la loi soit appliquée et qu’enfin la justice protège les victimes.
• Il faut garantir l’égal accès aux services publics, ce qui implique des établissements scolaires de bon niveau et en bon état, des policiers à l’écoute de la population et prêts à lui venir en aide, des missions locales, centres de sécu etc. … dans les quartiers défavorisés, avec des personnels aussi polis et motivés et expérimentés qu’ailleurs …
• Les diplômes étrangers doivent être reconnus à fonction égale, salaire égal. Par ailleurs, trop de cadres, d’entrepreneurs ou de professeurs étrangers sont contraints de travailler dans le bâtiment !
• Lancement d’une grande campagne médiatique de dénonciation et de sensibilisation contre les discriminations avec les méthodes et les moyens de la sécurité routière (médiatiques et recherche d’impact).
• Politique d’aide à l’intégration (pour les primo arrivants, pas pour des français !).
• Développement à l’école d’apprentissages valorisant les différentes cultures, notamment au travers de l’art, de la littérature et de l’histoire. Les auteurs maghrébins et Africains devraient faire partie des programmes de Français, par exemple.
• Augmenter et pérenniser les moyens des associations d’éducation et de lutte contre le racisme et les discriminations.
• Les média doivent faire un gros effort. Lutter contre les discriminations implique un changement des mentalités, et en particulier de l’image inquiétante des jeunes de banlieues qu’ils diffusent.
• Enseigner une Histoire partagée et plus juste (sur la colonisation et les traites).

3. Logement & cadre de vie Ce n’est pas une surprise, les problèmes de logement font partie de ceux les plus souvent évoqués, qu’il s’agisse de la difficulté à trouver un logement, de l’état de délabrement des logements sociaux et de certaines copropriétés (insalubrité), y compris les parties communes (ascenseurs dangereux), et les espaces extérieurs, de l’inadaptation des logements, ou du problème général du coût prohibitif des logements, de la lourdeur des charges, ou encore de tout cela à la fois. Mais les doléances évoquent aussi avec insistance le manque de mixité sociale et raciale des grands ensembles, le non-respect de la loi SRU (« Solidarité et Renouvellement Urbain » : les 20% de logements sociaux par commune), le calcul de l’APL hors charges, et sur des salaires touchés plus d’un an auparavant, le problème spécifique du logement des jeunes et des étudiants, avec en particulier des chambres de cité universitaire minuscules et dans un état déplorables, le logement des immigrés récents, clandestins ou non, par des marchands de sommeil … Le logement des jeunes est un problème qui revient avec insistance dans les cahiers : ceux-ci ne réussissent pas, même après 25 ans, à partir de chez leurs parents. Environnement Lorsque les cahiers évoquent la question de l’environnement c’est pour faire allusion aux dangers multiples et angoissants qui menacent notre planète. Le réchauffement climatique, la pénurie, le partage et la qualité de l’eau, la pollution … Les personnes sont plus directement préoccupées par les problèmes de nuisances sonores, de sécurité alimentaire, la qualité de l’air en zone urbaine. Propositions :
• Pénalisation des entreprises polluantes.
• Favoriser les produits biodégradables et / ou recyclables.
• Education à l’environnement et aux comportements qui limitent les nuisances à autrui (bruit, déchets …).
• Favoriser la recherche et la mise en œuvre des énergies alternatives énergies fossiles et au nucléaire. Les conditions de vie (environnement, délabrement, hauteur des immeubles et distance entre eux, squat des hall par des jeunes qui n’ont aucun autre lieu …) et l’hygiène (détritus …) dans les cités ou les cités Universitaires sont très souvent dénoncées. Il en est de même, pour les grandes cités, du manque de commerce de proximité et de service public. Les problèmes de voisinages, produits de la précarité, de la mauvaise insonorisation et du délabrement de l’habitât sont régulièrement évoqués. Le manque de logement, alors que de très nombreux logements privés ou publics sont vides est dénoncé avec insistance. L’existence de famille et de travailleurs salariés et pourtant sans abris revient dans les cahiers comme le summum de l’injustice. Les principales propositions des cahiers de doléances.
• Création d’un droit constitutionnel au logement.
• Définition d’un « plan Marshall » pour le logement.
• Respect des obligations de la Loi SRU, sans dérogation : suspension ou inéligibilité des maires récalcitrants.
• Dispersion des HLM dans la ville (fin des grandes cités, des grandes tours ou grandes barres collées les unes aux autres).
• Décloisonner les grands ensembles, faciliter les accès aux centres-villes.
• Mise en place d’une politique de mixité sociale.
• Développer les commerces de proximité et répartir les services publics et culturels dans toute la ville.
• Revalorisation de l’APL et mise en œuvre d’un droit spécifique favorisant l’accès au logement par les jeunes.
• Loi d’encadrement des loyers privés et des conditions d’attribution.
• Limitation des hausses de loyers en fonction de l’évolution des salaires, et rétablissement d’un ratio raisonnable entre loyers et salaires.
• Création d’une caisse nationale d’assurance sociale pour les cautions.
• Constructions de nouveaux logements sociaux (en HLM), de toutes les tailles, dans des petites unités de logement, avant de procéder à des destructions.
• Réquisition des logements et bureaux vides.
• Allocation d’Autonomie pour les jeunes en formation ou en insertion qui leur permette de s’installer seul ou en couple.
• Des efforts en matière d’environnement et de cadre de vie dans les réhabilitations ou les nouvelles constructions de logements sociaux.
• Création d’emplois pour l’entretien des cités par des jeunes de la cité.
• Créer des cadres de concertation entre bailleurs sociaux et habitants.
• Contrôle du rapport entre les charges et le loyer, et contrôle sur les syndics, au travers d’une commission départementale du logement qui associe pouvoirs publics, bailleurs privés et locataires.
• Condamnations judiciaires des marchands de sommeil.
• Accompagnement des locataires en difficulté pour payer les loyers.

4. Justice En ce domaine, il faut que la France et ses élites se rendent compte du niveau de crise atteint. Les cahiers de doléances sont l’expression d’une criante et désespérée demande de justice. Prisons Les cahiers de doléances font état des conditions honteuses de détention dans les prisons françaises, ce qui est de notoriété publique depuis de nombreuses années sans que l’on ne fasse rien, notamment à cause de la surpopulation carcérale. Les détenus, quoi qu’ils aient fait, sont des humains, et si la présomption d'innocence s’applique à tous, alors comment accepter que la majorité des détenus soient en préventive, dans de telles conditions de surcroît. Les doléances pointent également l’abandon de facto des politiques de formation et de préparation à la réinsertion, l’essentiel des programmes ayant été fermés. Enfin, et surtout, les cahiers insistent sur la primauté de la prévention sur la répression en matière de délinquance, en particulier pour les mineurs, et sur les facteurs économiques et sociaux. Voir les thèmes inégalités, logement, emploi, éducation, police. Propositions :
• Privilégier la prévention et les alternatives à l’incarcération.
• Développer le travail de réinsertion dans les prisons et les formations diplômantes ou qualifiantes.
• Payer décemment le travail des prisonniers.
• Définir une vraie politique de libération conditionnelle.
• Développer les parloirs familiaux, garantir l’intimité et un environnement adapté aux enfants pendant les visites.
• Arrêter de répondre par l’incarcération à la maladie mentale. Ces personnes ont besoin de soins en hôpital psychiatrique.
• Mettre fin à la politique de ghettoïsation ethnique dans les prisons.
• Création de postes d’éducateurs, notamment spécialisés dans l’insertion professionnelle, de psychologues, de médecins, dans les prisons.Toutes les faillites de l’institution judiciaire sont dénoncées, et en particulier l’inégalité économique qui frappe les classes populaires comme une quintuple peine : la qualité de la défense et l’issue du procès dépend largement des honoraires que l’on peut payer à son avocat, les magistrats méprisent et traitent de façon paternaliste ces mêmes personnes, dont les affaires sont déjà considérées comme mineures par les policiers dès l’enregistrement de la plainte, les personnes issues des classes populaires souffrent parfois violemment de la lenteur d’une procédure dont leur avenir dépend. Les jeunes se voient souvent appliquer les principes d’une « tolérance zéro » qui ne leur laisse jamais de seconde chance, qui les marquent à vie comme délinquant même s’il ne s’agissait que de bêtise d’adolescence, quand ceux qui sont coupables d’abus de bien sociaux ou publics portant sur des sommes faramineuses, sont à peine inquiétés, retrouvent un poste de PDG ailleurs ou reprennent leur carrière politique quelques années plus tard, si d’aventure ils ont été condamnés … La justice ne condamne pas la discrimination raciale, pourtant fléau endémique, ou alors difficilement, et à des peines ridicules. La discrimination brise la vie de milliers de personnes, les prive d’avenir et d’espoir. Les cahiers de doléances montrent que l’essentiel des personnes ne croient pas à la possibilité de se voir rendre justice sur cette question. Ainsi, c’est le sentiment d’avoir à faire à une justice de classe et de « race » qui se dessine. L’interpellation revient comme un leitmotiv au fil des cahiers : une justice plus juste ! Les principales propositions des cahiers de doléances.
• Promotion de la diversité des origines (sociale, culturelle et ethnique) dans le recrutement des magistrats et des autres membres du tribunal, par exemple sur le modèle de l’IEP de Paris. Réformer le recrutement pour que les magistrats soient moins coupés de la réalité qu’ils ont à juger. (suppression de la limite d’âge …)
• Accélération du traitement des affaires par les tribunaux.
• Gratuité de la justice, refonte du système des honoraires des avocats.
• Application des lois à tous, sans privilèges de position, de richesse …
• Privilégier le travail éducatif du juge des enfants plutôt que de mettre la pression à l’augmentation des mises sous écrous.

5. Pratiques Policières Insécurité Les cahiers de doléances parlent très peu de l’insécurité, contrairement à ce que les médias nous rapportent quotidiennement. Les Classes populaires, qui subissent le plus l’insécurité n’en font pourtant pas une priorité, au regard des questions cruciales pour leur avenir comme l’emploi, l’éducation, les discriminations … L’insécurité au quotidien, telle que nous la raconte les cahiers, ce sont avant tout des gamins turbulents, capables de vandalisme qui s’ajoute aux difficultés du quotidien (bris de vitre des voitures pour voler une bricole, abribus …), violents dans leurs rapports entre eux et aux autres, certainement très malappris et insolents, mais pas la « racaille extrêmement violente et sauvage » dont ont peur ceux qui ne la voient qu’au travers des médias. Contrairement au discours officiel, les personnes qui ont rempli les cahiers fustigent la tranquillité dans laquelle les trafiquants en tout genre « exercent leur métier », au vu et su de tous, et de la police. S’attaquer aux trafics sans soupçonner l’ensemble de la population d’un quartier, c’est bien à cela que doit servir un travail d’enquête sérieux. Propositions :
• Instaurer un délit ou un crime spécifique : « entraînement de mineur dans la délinquance » ou dans la criminalité (visant ceux qui payent des mineurs pour faire les guetteurs, passeurs etc. …).
• Lutter contre les réseaux parallèles, en visant vraiment les têtes, sans considérer que tout le quartier est forcément complice.
• Traiter la délinquance comme un effet du regroupement des défavorisés et donc de larges populations de jeunes, oisifs, en rupture scolaire et hors projet d’insertion : c’est la question des grands ensembles, et celle de l’échec scolaire qui peuvent seules réduire les comportements délictueux.
• Défendre la mission avant tout éducative du tribunal pour enfant, et maintenir le principe de l’incarcération en dernier recours.
• Créer massivement des postes d’éducateurs spécialisés et d’animateurs.Les cahiers de doléances sont loin de revendiquer la suppression de la police ou de se muer en appels aux armes ou à la justice privée, comme le voudrait l’imaginaire d’une population globalement délinquante que certains diffusent. Les manières de la police sont malgré tout particulièrement dénoncées, et il est important de ne pas balayer cela d’un revers de main : ce sont autant les filles que les garçons, chez les jeunes, qui décrivent des contrôles incessants de la part de policiers qui en outre les connaissent déjà personnellement, des insultes comme substitut aux formules usuelles de politesse, des coups et bousculades malheureusement trop fréquentes. Les plus âgés le dénoncent également en masse, et dans les cahiers, nombreux sont les témoignages de violence contre des mères accompagnées de jeunes enfants ou contre des travailleurs qui rentrent tard et ne « zonent » pas de nuit. Le sentiment concernant la police est que ses missions n’ont plus rien à voir avec l’ordre public et la protection de la population, mais bien avec le contrôle social ou le contrôle racial. Les principales propositions des cahiers de doléances.
• Les violences policières et les insultes doivent être réprimées, ce qui implique pour commencer de prendre en considération les plaintes des victimes.
• La police devrait être exemplaire. En cas de bavure, les sanctions doivent être extrêmement lourdes.
• Les gardes à vue, moments de tous les abus, doivent être intégralement filmées.
• Distinction des corps d’exécution (police) et d’inspection (IGS et IGPN), pour que le corps d’inspection soit désolidarisé des policiers et indépendant, notamment par la création d’une autorité supérieure comportant des représentants de citoyens.
• Favoriser la transformation de la police vers plus de représentativité de la diversité française. • Meilleure formation des fonctionnaires de police.
• Rétablissement de la police de proximité, et de cadres de dialogue local.
• Développement d’un discours fort affirmant que «l’uniforme» de banlieue (baskets, casquettes, survêtements) ne désignent pas nécessairement des délinquants.
• Meilleure répartition géographique des policiers expérimentés (à ne pas confondre avec gradés).
• Faire évoluer la Commission Nationale de Déontologie et de Sécurité pour une saisine plus facile et pour qu’elle intègre des citoyens.

6. Éducation Culture L’école n’est pas le seul lieu d’acquisition du savoir. Les territoires ne sont pas égaux en matière d’équipements culturels : l’accès au théâtre, au cinéma d’art et d’essai, aux bibliothèques et médiathèques, aux musées est bien plus facile dans les quartiers aisés que dans les quartiers populaires. Propositions :
• Développer les équipements culturels dans les quartiers populaires, sans faire des choix soit disant adaptés à la population : les enfants des quartiers populaires doivent accéder à la « grande » culture autant que les autres, ils n’ont pas besoin qu’on sélectionne pour eux, de manière paternaliste, ce qui leur convient.
• Valoriser dans les programmation des grandes institutions culturelle françaises (Comédie Françaises, BNF, Musées …) les arts et la cultures de tous les pays et tous les peuples, notamment ceux qui ont fournis de nombreux migrants en France. Au travers des cahiers de doléances, les critiques contre l’école sont nombreuses. Toutes en fait se résument au sentiment que l’école au mieux ne brise pas ou plus les prédestinations sociales, au pire qu’elle contribue à les renforcer. Au banc des accusés, on retrouve d’abord les politiques d’orientation précoce qui imposent des choix définitifs que l’on regrette ensuite, souvent pour évacuer au plus vite les élèves en difficulté, et le manque d’information sur l’orientation y compris à l’université ; le manque criant de moyens de l’Éducation Nationale ; le manque de lien entre les formations et le monde du travail à l’université ; le mensonge de la méritocratie qui ne permet pas aux meilleurs des collèges et lycées dits sensibles de vraiment s’en sortir ; les effectifs trop importants dans les classes ; l’absence d’accompagnement individuel des élèves en difficulté ou qui ne peuvent trouver d’aide chez eux ; la faiblesse des bourses, dans le secondaire et le supérieur, qui sont très loin de couvrir tous les frais, et dont les plafonds de revenus sont scandaleusement bas, sans rapport avec la réalité économique ; le coût des études, en particuliers des frais d’inscription à la fac et plus encore dans les écoles de commerce et les grandes écoles ; les ZEP, dont la plupart appellent à la suppression au profit d’établissements de bon niveau pour tous et toutes, tant l’étiquette ZEP est désormais synonyme d’échec et de relégation, et non pas d’aide : parfois il s’agit de fermer les collèges et lycées concernés, parfois d’abandonner le dispositif. Pour une part minoritaire mais significative des personnes qui se sont exprimées, le rapport à l’école est très hostile : sentiment que l’institution est accusatrice et stigmatisante envers les parents, qu’elle n’a jamais cherché à comprendre les problèmes de l’enfant ou de la famille, ou encore que les enseignants ou l’institution pratiquent la discrimination raciale. Pour cette fraction de la population qui a probablement le plus besoin de son aide, l’école est devenue une source de violence sociale supplémentaire bien plus qu’un refuge. Les principales propositions des cahiers de doléances.
• Petite enfance Concernant la petite enfance, c’est bien sûr la difficulté à trouver une place en crèche, et parfois son coût qui sont dénoncées dans les cahiers de doléance. Propositions :
• Augmentation des places en crèche. • Privilégier les crèches collectives et mixtes (quant aux origines)
• Création de haltes-garderies.
• Baisser les coûts des modes de gardes.Augmenter le budget de l’éducation nationale.
• Créer des postes d’enseignants supplémentaires.
• Augmenter les Bourses, réviser à la hausse les plafonds d’attribution.
• Abaisser les effectifs par classe.
• Favoriser l’accès des élèves issus des classes populaires aux grandes écoles.
• Renforcer les moyens en matière d’orientation pour que les élèves puissent avoir un référent ou un tuteur qui les accompagne vraiment dans leurs choix, et réformer le rôle du conseiller d’orientation, afin de privilégier le maintien en scolarité et dans le cursus général ; lutter contre la discrimination dans l’orientation.
• Lutter contre l’échec scolaire et refuser la facilité des orientations techniques ou professionnelles précoces liées à l’échec scolaire. Soutenir et valoriser les cursus techniques et professionnels pour que ces formations soient réellement de qualité, qualifiantes et choisies.
• Développer l’aide éducative et psychologique avec maintien dans la scolarité.
• Aider et impliquer les familles en difficulté face à l’éducation (faible niveau de qualification, précarité et faiblesse des revenus, familles monoparentales …) au travers de médiateurs, psychologues, éducateurs, interprètes …
• Associer réellement les élèves à la gestion des établissements.
• Concernant les ZEP : les uns demandent leur suppression tant le dispositif leur semble inefficace, stigmatisant et discriminant ; les autres appellent à leur renforcement afin d’atteindre une réelle efficacité pour la réussite de tous.
• Création d’une allocation autonomie pour les jeunes de 18 à 25 ans en formation ou en insertion.
• Renforcer l’instruction civique (voir thème citoyenneté).
• Voir le thème emploi pour ce qui concerne la formation continue etc. ...

7. Religion L’islam est sali par les médias, des personnalités « intellectuelles » ou politiques. Dans les cahiers de doléance, ceux qui s’expriment sur la religion parlent de l’islam. Si certains regrettent la loi d’interdiction du voile à l’école, l’essentiel des cahiers sur ce sujet évoquent l’inégalité que subit l’islam en France (concernant les lieux de culte, les cimetières …), les effets secondaires de la loi sur le voile en terme de regard social, de discrimination dans le monde de l’entreprise ou à l’embauche, et surtout, l’amalgame permanent entre islam et islamisme, islam et terrorisme, et l’idée sous-jacente que les musulmans ne seraient pas loyaux à la France et à la République. Beaucoup font le constat du nombre insuffisant de mosquées et par conséquent, du développement anarchique de salles de prière dans des lieux inadaptés, ce qui pourrait laisser le champ libre aux mouvements les plus radicaux. Il en est de même de l’absence de cursus de formation des imams en France. Si une partie des doléances regrette la place « marginale » des religions dans la société, une autre estime à l’inverse que la religion devrait rester strictement confinée au domaine privé. Les principales propositions des cahiers de doléances.
• Lutter contre les obstacles multiples mis à l’acquisition des terrains nécessaires à la construction de mosquées, d’établissements scolaires religieux, et contre la rétention de permis de construire et des autorisations d’ouvrir.
• Favoriser les moments d’informations et d’échanges sur les religions, les actions œcuméniques afin de faire connaître les points de convergence et surtout de lutter contre les amalgames, en particulier dans les médias.
• Harmoniser les pratiques religieuses de manière nationale.
• Appliquer strictement la loi de 1905, qui garantit parfaitement la liberté de culte et protège l’espace public et les athées.

8. Répartition des richesses Les personnes qui ont rempli les cahiers de doléances sont nombreuses à évoquer un sentiment d’injustice né du constat que les riches s’enrichissent et que les pauvres s’appauvrissent. Au-delà de l’exclusion qui frappe une grande partie de la population, c’est pour ceux qui semblent appartenir à la classe moyenne, la crainte de la paupérisation et du déclassement social, qui s’exprime fortement. En outre, on peut noter, en particulier pour les moins de 18 ans, que la société de consommation telle que présentée par les médias, a induit une représentation déformée de la société française et notamment une surévaluation du pouvoir d’achat moyen. Le rôle des médias dans cette course aux signes extérieurs de richesse nous semble déterminant. Les doléances soulèvent souvent le sentiment d’être exclu du partage des fruits de la croissance. Les bénéfices colossaux, les taux de retour sur investissement plus haut que jamais, les réalisations de stock options pour des sommes qui dépassent l’imagination accréditent l’idée que ça ne va pas mal pour tout le monde, d’autant plus que les pouvoirs publics se préoccupent manifestement plus d’abaisser les prélèvements fiscaux (élévation des plafonds de l’ISF) de ces quelques privilégiés, que de lutter contre la pauvreté. En outre, de nombreuses personnes dénoncent l’inflation massive depuis le passage à l’Euro et par conséquent une baisse substantielle du pouvoir d’achat. Les principales propositions des cahiers de doléances.
• Loi de régulation des spéculations financières et impôt beaucoup plus lourds sur les revenus spéculatifs.
• Assises des cotisations sociales sur les salaires et sur les bénéfices.
• Arrêt de la politique de privatisation des services publics.
• Mise en œuvre d’une meilleure redistribution pour une meilleure répartition des richesses.
• Création d’une banque nationale populaire offrant des prêts sans intérêts pour les plus défavorisés et des micro crédits.
• Loi et moyens financiers pour une véritable aide au développement des pays pauvres.

9. Citoyenneté & Politique Un très fort désir d’implication citoyenne apparaît dans les cahiers de doléances. Mais la politique traditionnelle est très décriée : « On n’y comprend rien ! » est la ritournelle, à laquelle on ajoute le manque de respect des engagements pris, le manque de proximité et d’écoute, de consultation et de prise en compte des citoyens et de leurs besoins. Le sentiment que la « classe politique » est une caste privilégiée (économiquement et au plan judiciaire) revient régulièrement. Une large part des classes populaires ne se sent pas représentée. L’âge avancé des hommes politiques est évoqué comme principale source du gouffre. Néanmoins, le manque de métissage des responsables politiques est pointé lorsque le problème de la discrimination est évoqué. C’est parfois la trop grande professionnalisation de la politique qui est dénoncée et l’on propose de supprimer l’ENA. Dans le même objectif, il y a de nombreux appels à l’interdiction du cumul des mandats, pour laisser de la place aux « nouveaux français », et pour une réforme des institutions, parfois pour une sixième république. La démocratie participative et locale est plébiscitée, les personnes qui se sont exprimées souhaitent des cadres de débats. Elles dénoncent le manque d’information et de formation aux questions politiques, comme la laïcité ou les questions économiques et sociales. Concernant les étrangers, les cahiers appellent au droit de vote des immigrés, ainsi qu’à une politique de régularisation des sans-papiers. Concernant les médias, de nombreuses personnes dénoncent leur manque d’indépendance politique et économique. Les principales propositions des cahiers de doléances.
• Loi organisant le contrôle de la réalisation des promesses de campagne.
• Droit de vote pour les immigrés.
• Politique de régularisation des sans-papiers.
• Décompte des votes blancs et nuls aux élections.
• Développer l’usage du référendum pour les grandes décisions.
• Réformer les institutions et changer de République.
• Renforcer l’Éducation Civique à l’école et mettre en œuvre un programme d’éducation à la citoyenneté pour les 13-25 ans.
• Programme de sensibilisation à la laïcité.
• Application de la loi à tous : les élus doivent être sanctionnés comme les autres.
• Création d’espaces de débats, développement de la démocratie participative.
• Création de comités de quartiers concernant les décisions et orientations locales.
• Mise en place de panneaux d’information dans les quartiers populaires.
• Généralisation et renforcement des conseils municipaux des jeunes, pour leur donner des espaces de parole.
• Renforcer l’indépendance des médias.

10. Santé Les cahiers de doléances évoquent en particulier le coût des soins, notamment les médicaments non remboursés. Concernant la CMU, les cahiers de doléances dénoncent le plafond d’attribution trop bas : de nombreuses personnes n’y ont pas droit mais n’ont pas les moyens pour une complémentaire santé, ce qui rend l’accès à de nombreux soins difficile (optique, orthodontie, spécialistes…). Les discriminations commises par de nombreux médecins libéraux qui refusent les patients bénéficiant de la CMU ou de l’AME sont pointées du doigt, ainsi que les fermetures de dispensaires et de petites unités hospitalières. Les jeunes filles expriment le besoin d’un accès facilité à des consultations gynécologiques dans un cadre accueillant et rassurant, permettant un suivi dans la durée, et à des coûts raisonnables. Elles n’ont pas toutes la chance de pouvoir obtenir de l’aide et du soutien de la part de leur mère, en matière de prévention, de contraception, ou dans les moments difficiles. La faiblesse des moyens et l’inefficacité de la médecine de prévention scolaire est également pointé du doigt. Le problème le plus souvent évoqué concerne la santé au travail. Les conditions de travail des classes populaires sont encore souvent très violentes pour le corps et le psychisme (pression à la productivité, harcèlements), entraînant de nombreuses maladies professionnelles non reconnues, du stress... Il est extrêmement difficile de faire reconnaître les handicaps liés au travail, en particulier pour tous ceux qui sont mal armés face aux démarches complexes et aux multiples embûches de l’administration. Les personnes victimes d’accidents du travail ont également du mal à être reconnues ; Elles sont mal protégées face aux difficultés économiques qui découlent de leur accident. Un certain nombre de personnes évoquent le problème de la maladie mentale d’un de leur proche. Ils reprochent le manque d’accompagnement et de solutions de prise en charge, et l’incarcération de nombreux malades mentaux. Les plus fragiles parmi les personnes qui ont remplis les cahiers de doléances évoquent la question des insuffisances de la prévention épidémique et toxicologique, en terme de moyens et d’information. Les personnes confrontées à la misère évoquent le problème de la malnutrition. Les cahiers de doléances s’insurgent enfin contre le pouvoir et les bénéfices des grands laboratoires pharmaceutiques, notamment quant à leur rôle néfaste en matière de lutte contre les maladies qui frappent les populations non solvables, en France et à l’étranger. Les principales propositions des cahiers de doléances.
• Loi pour une meilleure protection sociale et économique des personnes souffrant de maladie et de handicapes consécutifs au travail.
• Inverser la politique actuellement orientée à la réduction de la solidarité nationale : forfait hospitalier, parts non remboursées des consultations et des médicaments, et déremboursement de médicaments : revenir vers une prise en charge à 100% par les caisses de solidarité des travailleurs. A défaut, relèvement du plafond de revenus pour l’attribution de la CMU.
• Mettre en œuvre une vraie politique de prévention sanitaire, en milieu scolaire, professionnel, et ouvrir des centres d’information et de prévention dans les quartiers populaires. • Augmenter le budget de la santé.
• Certains proposent de supprimer le système du médecin traitant et en particulier l’obligation d’une consultation préalable chez le généraliste.
• Lutter contre les discriminations à l’encontre des bénéficiaires de la CMU et des AME dans la médecine libérale.
• Loi instaurant la lutte contre la malnutrition.
• Développement d’un vrai secteur public de recherche et de production pharmaceutique.
• Interdire la prise en compte de données médicales dans le calcul des risques par les compagnies d’assurance et les banques (assurance vie, attribution de crédits…).
• Création de dispensaires modernes et de qualité dans les quartiers populaires et maintien des petites unités hospitalières territoriales.
• Campagne de sensibilisation et de responsabilisation sur le coût de la santé.

11. Les femmes Les contributions sur la situation des femmes soulignent trois grands thèmes :
1. L’égalité hommes / femmes dans le monde du travail en matière de rémunération et de promotion ; la précarité subie en terme de temps partiel et la discrimination à l’embauche liée à la « menace » de grossesse.
2. Les jeunes filles expriment très fortement l’exigence du respect auquel elles ont droit quelque soit leur tenue vestimentaire, leur choix de vie, leur orientation personnelle (qu’il s’agisse du droit d’avoir une vie sentimentale et sexuelle libre ou d’adhérer à un modèle religieux ou traditionnel quel qu’il soit) et professionnelle.
3. La protection des femmes contre les violences et l’exploitation. Il faut offrir un cadre de protection (éloignement et logement, insertion économique, aide linguistique si nécessaire, aide psychologique et éducative) pour les femmes victimes de mariage forcé ou pour celles qui souhaitent sortir de la polygamie, celles qui sont victimes de sexisme, coups, violences conjugales, asservissement, agression sexuelle et viol, et pour les femmes étrangères victimes des réseaux de traite des êtres humains (esclavagisme moderne ou prostitution). Les familles monoparentales dans les quartiers populaires (essentiellement des femmes seules avec enfants) sont littéralement abandonnées à leur sort. Les principales propositions des cahiers de doléances.
• Mettre en place un véritable contrôle de la parité des salaires avec des sanctions.
• Sanctionner les entreprises dans lesquelles, statistiquement, la progression de carrière des femmes est plus lente et celles dans lesquelles elles n’ont de fait, pas accès aux postes de direction.
• Organiser une grande campagne d’information sur le droit des femmes, d’incitation au respect et contre le sexisme (notamment dans la pub).
• Création d’associations et d’actions éducatives en direction des jeunes garçons, notamment pour mettre en évidence l’apport que l’émancipation des femmes peut leur apporter.
• Lutter contre les discriminations ou les insultes liées aux jugements de valeur sur le physique et les tenues vestimentaires (mini jupe ou voile).
• Organiser dans les commissariats un accueil adapté aux femmes victimes de viols et de violences sexuelles pour ne pas ajouter un traumatisme et une violence supplémentaire.
• Organiser un réseau national de lieux d’information, d’accueil et de prise en charge.
• Renforcement de l’allocation parent isolé en faveur des familles monoparentales, et l’étendre jusqu’à la fin des études. De même pour les allocations familiales.
• Ouverture de foyers d’accueil supplémentaires.

EPILOGUE
Vous venez de prendre connaissance de l’essentiel des éléments recueillis durant les rencontres citoyennes que notre collectif ACLEFEU a réalisé suite aux « révoltes sociales » de l’automne 2005. La volonté de vivre dignement conformément à la devise de la République – Liberté, Egalité, Fraternité - est sans conteste la priorité de ceux qui se sont exprimés à travers les cahiers de doléances, sur tout le territoire. A la lecture de ce document, il est indéniable que toutes les personnes rencontrées expriment un profond « mal être » qui résulte notamment de l’absence d’écoute des attentes des habitants. C’est pourquoi il est extrêmement important que dès à présent, vous entrepreniez la démarche de redresser la France. Les gens souffrent non pas d’une difficulté unique, mais de plusieurs, qui anéantissent leur moral. L’accumulation de ces difficultés et l’absence de perspectives meilleures les démotivent. Le travail effectué est représentatif de la diversité des citoyens, quelque soit leur âge, origine, profession, conviction personnelle, religieuse ou politique, leur lieu de résidence. Les cahiers de doléances rassemblent la parole de toutes celles et ceux qui ont souhaité exprimer leurs exigences et leurs besoins, à destination de la classe politique, qui préside au bon fonctionnement et à l’application des valeurs de la République. Ce recueil de témoignages révèle une accumulation de négligences ou de carences. Néanmoins, les doléants veulent croire encore en la République et dans ses valeurs. Les Français sont solidaires les uns des autres et souhaitent participer « ensemble et unis » à une transformation positive de la société. Ils entendent désormais utiliser leur droit de vote, examiner la concordance entre vos programmes et leurs attentes, puis l’efficacité de votre action. Décidés à devenir les acteurs de ce changement, ils attendent de vous que vous meniez les actions nécessaires à l’amélioration de leurs vies au quotidien, que vous les écoutiez, que vous les impliquiez. A vous de transcrire ces propositions en actions concrètes en proposant les moyens de les rendre réalisables. Ils sont convaincus de l’intérêt que vous porterez à leur parole, et que votre action tiendra compte de leurs propositions même si elles ne sont pas formatées dans le langage précis des spécialistes. Certaines peuvent paraître naïves de prime abord, mais elles expriment les besoins et les espoirs des petites gens. C’est au nom de toutes les personnes qui se sont exprimées et de toutes celles qui croient en un avenir meilleur que le collectif ACLEFEU vous transmet modestement ce document. Les électeurs et les autres sont impatients d’en voir les résultats. Pour notre part, dès demain, nous lancerons une grande campagne d’inscription sur les listes électorales. Mais l’histoire des cahiers de doléances ne s’arrêtera pas là. Dans les mois qui viennent, nous saurons vous rappeler les revendications et les espoirs qu’ils portent. Nous approfondirons l’analyse par régions, classes d’âges, par genre…
Fait à Clichy-sous-Bois le 22 octobre 2006 par le collectif ACLEFEU.

A lire et à méditer...
Merci,
La chroniqueuse
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27 octobre 2006 5 27 /10 /octobre /2006 13:15
En ce moment a lieu la FIAC édition 2006 au Grand Palais et au Louvres à Paris, une oeuvre a retenu mon attention d'ailleurs celle-ci se trouve être séléctionnée pour le prix Duchamp...
Practice tolerance zero d'Adel Abdessemed, appréciez donc:


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25 octobre 2006 3 25 /10 /octobre /2006 09:29
Deux policiers marseillais ont été renvoyés devant le tribunal correctionnel début octobre.
Ces deux fonctionnaires de la Sûreté départementale de Marseille ont été suspendus par leur hiérarchie en attendant  leur procès qui a eu lieu hier.

L'enquête de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), la "police des polices", a permis d'établir qu'ils avaient interpellé sur la voie publique, le 17 décembre dernier, à Marseille, un vendeur de produits de contrefaçon.

L'issue du procès:

Trois ans de prison dont un an ferme : c'est la peine prononcée pour « violences graves » par le tribunal correctionnel. Ils ont également été condamnés à l'interdiction définitive d'exercer le métier de policier et à l'interdiction de porter une arme durant cinq ans.

Le procureur avait requis trois ans de prison dont dix-huit mois ferme. Les prévenus ont été reconnus coupables d'avoir roué de coups un vendeur de parfums à la sauvette au cours de son audition à l'Evêché, après son arrestation à Noailles (1er).

La présidente du tribunal est revenue en détail sur les faits:

Un des brigadiers, présenté comme un « pilier des stups », a frappé la victime, d'origine algérienne, lui a placé le canon de son arme dans la bouche en lui répétant « je vais te tuer, je vais te tuer » et lui a fait porter le drapeau tricolore sur ses épaules. Son collègue aurait pris des photos avec un téléphone portable.

Des faits reconnus en partie par les prévenus. « J'ai perdu les pédales », a avoué l'un d'eux.

il faut vraiment "perdre les pédales" pour se livrer à une mise en scène absurde, en faisant usage d'une arme dans une salle d'interrogataoire, porter des coups sur le gardé à vue et l'humilier, sans compter les propos racistes à son encontre histoire d'assaisonner le tout.

Vivement que des caméras soient présentes dans les commissariats de France!

Merci,

La chroniqueuse.

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17 octobre 2006 2 17 /10 /octobre /2006 13:43
Aujourd'hui la bataille des présidentiables du parti socialiste va commencer à travers un premier débat télévisé qui aura lieu ce soir.
Celui-ci tournera autour de questions économiques et sociales, et risque d'être plus un exercice de rhétorique qu'une base de réflexion profonde.
il a été décidé qu'il n'y aura pas de débat contradictoire et les interventions seront millimétrées.
J'avoue ne pas comprendre l'utilité de tous ces débats internes, certes il y a une volonté de démocratie interne que je veux bien admettre cependant reste les problèmes de la France. Six débats c'est à mon sens beaucoup trop, je ne dit pas cela pour défendre la position de Mme Royal mais trois débats auraient sûrement été suffisants. Les militants du parti  ont sans doute déjà leur idée sur  le choix qu'ils vont faire le  16 novembre, alors quelle est la véritable finalité de cette entreprise semi-médiatique?
Nous approchons une période clé pour les présidentielles. L'anniversaire des émeutes de l'an passé risque réellement d'être commémoré dans les banlieues où rien n'a changé. Ceci a d'ailleurs été confirmé par les associations de quartiers ainsi que les récentes agressions envers les policiers. M. Sarkozy, M. Le Pen et d'autres vont profiter encore une fois de cet évènement pour mettre la trilogie immigration-chômage-insécurité au centre du débat républicain. On sait aujourd'hui qu'une campagne qui mise sur les plus grandes angoisses des Français en arborant une volonté de fermeté et de répression peut aboutir à un résultat déplorable.
Pendant ce temps le PS règle encore ses problèmes internes et ne joue pas pleinement son rôle d'opposition. Il n'apparaît pas comme un parti prêt à diriger la France. Ce qui me navre d'autant plus c'est que les Chiraquiens s'avèrent être plus efficaces pour amoindrir l'élan de M. Sarkozy. Je ne parle pas ici que de ses migraines.
Je suis d'accord avec Azouz Begag qui dit clairement que si la question de l'immigration est au centre du débat pour 2007 ce serait néfaste pour la France. S'il était possible d'en parler sans passion ni amalgames alors oui je n'y verrai pas d'inconvénients mais ce ne sera pas le cas avant longtemps et on sait pourquoi.
Je déplore aussi, encore une fois, le rôle des médias  qui ne nous dévoilent pas tout. J'aurais cependant connaître  les résultats de l'enquête sur la mort  des deux jeunes hommes  morts dans le transformateurs  électrique ce fameux jour du 27 octobre  2005. Quels sont aussi les résultats de l'enquête menée sur la bombe lacrymogène qui s'était retrouvée dans l'enceinte d'une mosquée un vendredi. Qu'est devenue Eunice Barber? A-t-elle eu gain de cause pour son agression? Mystère...

Merci,
La chroniqueuse



 
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16 octobre 2006 1 16 /10 /octobre /2006 10:41
Le triste anniversaire des émeutes en banlieue parisienne est proche, nous sommes hélas nombreux à penser qu'il n'y a pas eu grand chose de fait pour lutter contre ce grand malaise social. Quand aux autres, ceux qui ne comprennent toujours pas ce qui se passe et qui se contentent des images diffusées dans la boite magique qui orne leur salon, je les invite, encore une fois, à s'ouvrir.
Après la présentaion de Désintégration d'Ahmed Djouder et de Dit violent de Mohamed Razane, j'ai décidé de vous présenter Cités à comparaître de Karim Amellal disponible depuis le 3 mai de cette année.

Karim Amellal e
st un écrivain franco-algérien né en 1978 à Paris. Il est l'auteur de l'essai Discriminez-moi ! Enquête sur nos inégalités paru chez Flammarion en 2005 et du roman Cités à comparaître  en 2006. Il est également enseignant à l'Institut d'études politiques de Paris.

Présentation:
« Silou est en prison. On dit que c’est un terroriste, un cousin de Ben Laden. Lui ne sait pas ce qu’il est. Il sait juste qu’il a fait un truc de mal. Sa psy lui a dit de raconter sa vie parce que ça lui ferait du bien. Alors il raconte. Comment il a grandi et comment il s’est retrouvé là après une condamnation en assises pour « actes terroristes ». C’est l’histoire d’un « jeune des quartiers », d’un gosse d’une cité avec une moitié de mère et une grosse faiblesse pour le shit. Quand il a quitté l’école, parce qu’il ne comprenait pas à quoi elle servait, il a fait quelques petits coups. Que des mauvais. D’ailleurs, lui-même doit être un mauvais coup puisque aucune fille n’a jamais voulu de lui… Les filles n’aiment pas les mecs qui n’ont pas de thunes et pas les yeux bleus. D’ailleurs Nadia, sa « princesse des étoiles », celle qui habite dans la tour d’en face, elle ne le regarde pas. Alors la came a attrapé Silou par l’épaule. Il a enfin vu à quoi ressemblaient les étoiles. Puis il y a eu la descente... Heureusement il y a des mecs qui sont venus le chercher. Ils l’avaient repéré. Ils le respectaient et lui ont promis un autre paradis s’il acceptait de les aider. Alors, bien sûr, il a accepté. Il avait pas des masses d’autres propositions. Les mecs l’ont embarqué dans leur combine, puis il y a eu un braquage, une bombe, des morts. Il n’a rien vu venir. C’est comme ça qu’il est devenu terroriste. »

Extraits d'interview de M. Amellal:
"Je voulais, dans ce livre, faire voler en éclats les innombrables préjugés qui existent lorsque l’on parle des cités, du terrorisme, des jeunes issus de l’immigration : il n’y a pas d’équation systématique. Je rejette l’idée de violence ethnique ou religieuse au même titre que l’ensemble des thèses ineptes faisant presque mécaniquement du musulman, de l’immigré ou du jeune issu de l’immigration un terroriste en puissance. Cela n’est pas la réalité. Du coup, dans mon livre, le personnage principal ignore son identité : normal, il ne sait pas qui est son père ! Ce que je pense, c’est que la religion ou l’origine n’ont rien à voir avec le fait qu’un individu, à un moment donné, renonce et s’abandonne dans une spirale d’échecs qui, parfois, peuvent le conduire à faire des choses extrêmes. Ce qui compte, c’est la façon dont le milieu, l’environnement, les conditions de vie, le béton, l’absence d’horizon sculptent une identité et la rendent explosive."

"Nous avons assisté à une explosion en France à l’automne dernier. Celle des banlieues. Ce fut une terrible explosion qui était, du reste, complètement prévisible, mais qui a donné lieu à tant d’étonnements, d’incompréhensions que cela en devint ridicule. Je crois que beaucoup ne s’imaginent pas le sentiment qui prévaut chez beaucoup de jeunes des quartiers, issus de l’immigration ou pas car cela, une fois de plus, n’a rien à voir. Nous sommes au-delà du désespoir et au bord, sans aucun doute, d’une nouvelle explosion qui, si rien n’est réellement fait, sera bien plus dévastatrice que la précédente."

"Je ne crois pas, comme beaucoup d’hommes politiques en ce moment, que l’immigration soit une plaie, un fardeau. Sans ses immigrés, d’hier, d’aujourd’hui ou de demain, la France ne serait pas ce qu’elle est. Ce sont eux qui ont contribué, par vagues successives, à son essor, à sa grandeur, à sa reconstruction. Ce n’est pas faire preuve d’angélisme que de dire cela, c’est une réalité historique. Et il ne faut pas que les problèmes d’ « intégration » - sociaux pour la plupart - de certains jeunes nés en France de parents ou de grands-parents immigrés fassent perdre de vue cette réalité. C’est malheureusement, avec cette nouvelle loi « Sarkozy », ce qui est en train de se passer : l’immigration est présentée comme forcément « subie » ; il faudrait par conséquent y mettre un terme, ou, ce qui est une autre manière de le dire, » choisir » ceux que l’on veut. Enfin, je trouve déplacé de prélever leurs élites aux pays d’émigration, surtout des pays d’Afrique du Nord ou d’Afrique noire, alors même que nos gouvernants crient sur tous les toits qu’il faut que le continent africain se développe par lui-même. Quoiqu’il en soit, les arrière-pensées de tout cela n’échappent à personne..."

Voilà qui est dit et bien dit!
A mon avis, on a pas fini d'entendre parler de ce jeune homme.
Voici l'adresse de son blog :

http://www.blogg.org/blog-41571.html

Merci,
La chroniqueuse

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14 octobre 2006 6 14 /10 /octobre /2006 11:10
Il ne s'agit pas ici d'une chronique habituelle, j'ai pris la décision de relayer l'information en mettant en ligne ce courrier reçu sur mon blog.



Mesdames, Messieurs,

En silence, depuis 2003, 300 000 personnes sont mortes au Darfour. En silence, 3 millions de personnes ont été déplacées. Compte tenu de la situation dramatique qui prévaut au Darfour et du fait que l' « Association Sauver le Darfour SLD » représente aujourd’hui le cœur de la mobilisation française et européenne en faveur de ces populations, nous aimerions que vous insériez (au plus vite), sur votre blog, le lien suivant sauverledarfour.org  ainsi qu’une brève présentation relative à ce site Web.
Nous avons mis, en pièce jointe à cet email, le logo de notre site web ainsi que notre dernier communiqué de presse, si vous désirez les faire apparaître dans vos liens. Notre site a pour but d'informer sur l'évolution de la situation au Darfour et de soutenir ces populations. L'Association Sauver Le Darfour alerte et mobilise aussi bien les pouvoirs publics que l’opinion sur ce qu’il faut aujourd’hui considérer être le premier génocide du 21ème siècle ! Tout le monde peut signer notre appel par le biais du site www.sauverledarfour.org De nombreuses actions sont organisées par l'Association Sauver Le Darfour : réunions publiques, campagne d’affiches, rassemblements… Le 28 juin 2006, une tribune de presse "Paix introuvable au Darfour" de Mahor Chiche, Président de Sauver Le Darfour, a par exemple  été publié dans Le Monde. Enfin, le 10 juillet 2006, l'Association a soutenu un meeting en faveur du Darfour au théâtre de la Madeleine en présence de nombreuses personnalités tels André Glucksmann,Jack Lang, Pierre Lellouche, Patrick Poivre d'Arvor.
Merci de nous aider à faire connaître notre site au plus grand nombre, et en nous aidant, de les aider. Merci de participer à ce formidable élan national. Nous comptons sur vous. Mahor CHICHE President de l’association Sauver Le Darfour SLD contact@sauverledarfour.org

www.sauverledarfour.org
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