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La Chroniqueuse est ravie de vous accueillir sur ce blog, n'hésitez pas vous aussi à participer en laissant vos commentaires!!!

Je n'ai plus le temps d'écrire mais, je dépose des articles, en donnant leurs sources bien sûr, pour garder le fil d'une actualité riche malheureusement...

 

Musiques d'accompagnement :



Citation:

Le message de Gandhi, de Mandela, de Martin Luther King (...) C'est un message d'espoir dans la capacité des sociétés modernes à dépasser les conflits par une compréhension mutuelle et une patience vigilante

Stéphane Hessel



 
2 mai 2007 3 02 /05 /mai /2007 07:56

Désolée, vous avez dû attendre la suite avec impatience, la voilà, avec M. Raoult, ce nom vous est familier?

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Chiraquien de choc, M. Raoult est un des premiers à soutenir le président du R.P.R., en 1994, contre le Premier ministre Édouard Balladur. Il reçoit le ministère de l'Intégration après le triomphe de son champion. Il est cependant permis de douter des qualités de M. Raoult à occuper ce poste.

Candidat aux élections législatives de 1986, M. Raoult diffuse un tract où l'on peut lire ceci :

« Notre pays à nous, ce n'est pas Tjibaou, Françoise Sagan, Harlem Désir ou Krasucki. C'est la France immortelle qui derrière Jeanne d'Arc, Charles Martel, Napoléon et de Gaulle a fait de notre pays une nation éternelle, admirée partout dans le monde. » cf.
Le Canard enchaîné, 31 mai 1995

Ce n'est qu'un début. À l'Assemblée, on lui doit ceci :

le 14 octobre 1988 : « On sait que, dans un établissement scolaire, comme me l'expliquait récemment le directeur d'un établissement, sur 349 enfants, seuls 12 ne sont pas d'origine islamique à la rentrée scolaire qui vient d'intervenir. »

le 30 mai 1989 : « La loi Pasqua [abrogée] était un froncement de sourcils face aux clandestins et face aux pays de départ, la loi Joxe sera un clin d'oeil au tiers monde. Le cocktail de ce texte et de l'application du R.M.I. donnera un nouvel R.M.I. spécial : la remontée majorée de l'immigration. »

le 21 novembre 1990 : « La loi Dans nos banlieues difficiles, on ne joue plus West Side Story, mais Black Beur Story, sans musique, mais avec beaucoup plus de violence. »

Et dans Globe Hebdo du 14 juillet 1993, il se déclare favorable à l'amendement Marsaud qui légalisait le contrôle au faciès ; dans Le Figaro du 2 avril 1994, il se demande « si parfois on ne fait pas "trop de Veil" et "pas assez de Pasqua" ».

En 1993, M. Raoult choisit comme suppléant le maire de Montfermeil Pierre Bernard, qui siègera à l'Assemblée nationale de 1995 à 1997. M. Bernard est un ami du milicien Paul Touvier et cette amitié n'a manifestement rien d'une simple relation personnelle.

Maire de Montfermeil de 1983 à 2001, il a exprimé à mainte reprise son racisme, sa xénophobie et son intégrisme catholique. Il a été condamné le 21 novembre 2002 à 1 500 ? d'amende et à 750 ? de dommages et intérêts (versés au Mrap) pour diffamation raciale.

Entre autres propos du même genre :
« La vie dans la cité des Bosquets est pire qu'à Auschwitz. » cf. Libération, 2 août 1996

« Mon avis plusieurs fois exprimé est qu'il serait temps de tirer un trait sur ce passé [?] que nous ne pouvons pas encore connaître puisque aucun chercheur n'a le droit de donner une version autre que la version officielle dont une grande partie est écrite dans les actes du procès de Nuremberg. Contrevenir à ce jugement des vainqueurs contre les vaincus [ Staline jugeant h*****, quelle mascarade ! ], c'est s'exposer à la loi liberticide de monsieur Gayssot, qui a déjà fait assez de victimes. » cf. La Gerbe, journal municipal, novembre 1997

« Plus de démocratie, le pouvoir est dans la rue. C'est la démocratie qui s'impose par le vol, la casse, la violence, magnifique orchestration par la Nouvelle Idéologie Dominante [ regroupement de la gauche battue et revancharde ] qui provoque l'Agitation servie par une habile propagande et une Organisation très au point. Agitation-Propagande-Organisation, schéma type de la guerre révolutionnaire qui est actuellement imposée aux Français. » cf. La Gerbe, avril 1994

« La France est devenue Carthage, car au fond d'officines obscures mais efficientes, le mot d'ordre est lancé : "Delenda est Carthago", il faut détruire la France. Qui ? Pourquoi ? En 1789, le même mot d'ordre avait été donné à partir des salons orléanistes et des lupanars du Palais-Royal, qui recevaient tous deux leurs consignes des loges maçonniques. Les mêmes gens, avec les mêmes moyens, engendrent les mêmes effets : la prévarication révolutionnaire est devenue maire de la corruption républicaine. [?] Ce sont des termites, des vers, des annélides visqueuses [sic], qui rongent les racines de l'arbre de Saint Louis. »
cf. La Gerbe, février 1995

Le 28 mai 2002, M. Raoult a encore parlé de son « ami Pierre Bernard » lors d'un meeting où l'on pouvait aussi voir M. Sarkozy. Les amis de mes amis sont mes amis ? En tout cas, M. Raoult est un des premiers élus U.M.P. à avoir prôné le ralliement à l'ancien maire de Neuilly. Il y voit sans doute la vraie image de la « France éternelle ».

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Je crois qu'on peut affirmer sans trop se compromettre que cet homme est raciste, et quand je pense que lui est aussi est ministrable si M. Sarkozy l'emporte, me donne la nausée...

Merci,

La chroniqueuse


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Published by La chroniqueuse - dans Portraits
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27 avril 2007 5 27 /04 /avril /2007 10:08
Je vous propose de lire l'entretien qui a eu lieu entre M. Sarkozy, comme vous le savez candidat de l'UMP et M. Onfray, philosophe. Cet entretien a été publié dans philosophie magazine, on y trouve d'ailleurs les fameuses analyses de M. Sarkozy concernant la pédophilie et le suicide chez les adolescents.
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ACTE I

L 'auteur de Politique du rebelle, du Traité d'athéologie et de La Philosophie féroce s'est rendu place Beauvau, pour rencontrer Nicolas Sarkozy.
Si tous deux appartiennent à la même génération – l'homme politique est né en 1955, le philosophe en 1959 –, ils ne sont pas du même bord. Michel Onfray, à qui l'on a proposé en décembre dernier d'être le candidat de la gauche radicale à l'élection présidentielle, a refusé de se lancer en tant qu'acteur dans la campagne. Il soutient la candidature de José Bové. Sur son blog, il ne mâche pas ses mots. Dans une intervention intitulée « Les habits de grand-mère Sarkozy », il blâme « le démagogue animé par une obsession pathologique : jouir de la puissance donnée par le pouvoir ». Il ironise les accents personnels du discours d'investiture au congrès de l'UMP du 14 janvier : « Cet homme, rendez-vous compte, a été trahi, abandonné, quitté par sa femme… Avec ce banal adultère des familles, Nicolas Sarkozy a appris la douleur, la peine, le petit homme est devenu grand. Désormais, il peut être chef de l'État. Donc cet homme n'a plus rien à voir avec le méchant, le partisan, le sectaire, le traître, le disciplinaire, l'autoritaire, l'ambitieux qu'enseignent trente années de pratique politicienne de Neuilly à Beauvau. » Place Beauvau, justement, Michel Onfray y est allé avec des cadeaux dans sa besace. Il a décidé d'offrir au présidentiable quatre de ses livres de chevet : L'Antéchrist de Friedrich Nietzsche, Totem et Tabou de Sigmund Freud, Surveiller et punir de Michel Foucault, la Théorie de la propriété de Pierre-Joseph Proudhon. C'est donc muni d'explosifs de première qualité qu'il a franchi les portes du ministère.
Nicolas Sarkozy nous a accueillis dans son bureau. Il était, pour commencer, seul – ses conseillers nous ont rejoints. Poigne tonique. Appréciant la « confrontation physique », le ministre, qui venait de lire le portrait virulent mis en ligne par Michel Onfray sur son blog, est passé à la contre-attaque. Après des échanges franchement hostiles, le dialogue a failli tourner court. Il a fallu une demi-heure pour que la tension retombe. À notre grande surprise, la conversation a pris une tournure existentielle. Habile manoeuvre rhétorique ou désir véritable d'échapper au « ronron des meetings » ? Nicolas Sarkozy profite de cette séance pour tester son pouvoir de séduction face à un adversaire, mais aussi pour convaincre de la sincérité de son « changement » de personnalité.
Les deux interlocuteurs ont approfondi ce qui, au-delà de l'idéologie, les oppose : la vision de l'homme. Chez le politique, il y a une certaine méfiance envers la nature humaine ; à ses yeux, la finalité de la civilisation, de la politique mais aussi de l'effort sur soi serait la maîtrise des instincts destructeurs. Un pessimisme qui n'empêche pas la croyance en un dieu, l'espérance placée en la providence. Pour le philosophe athée, ce n'est pas la nature humaine mais la société qui est en cause : l'homme ne naît ni bon ni mauvais, il est le produit des circonstances socio-historiques dans lesquelles il grandit. Le but de la culture et de l'action n'est pas la maîtrise des instincts ni la conquête, mais la sculpture de soi et le plaisir terrestre.

Nicolas Sarkozy :
Qu'est-ce que je représente pour vous ? Osez pousser jusqu'au bout la logique que vous exposez
dans votre blog : vous me voyez comme un démagogue,
la réincarnation de la bête immonde ?

Michel Onfray : Pas l'incarnation, non… Mais il y a de la démagogie dans vos derniers discours, celui de l'investiture et celui de la Mutualité. J'y ai découvert des affirmations inhabituelles chez vous.

N. S. : Par exemple ?

M. O. : Le fait que vous vous revendiquiez comme républicain, cela m'a semblé assez neuf.

N. S. : Mais qu'est-ce qu'être républicain ? Sinon faire siennes les valeurs de liberté, d'égalité et de fraternité, qui ont toujours été les miennes ? Sinon avoir le courage d'affronter les électeurs et le suffrage universel, comme je le fais depuis trente ans ?

M. O. : Le Pen se présente aux élections depuis des années, cela ne fait pas de lui un républicain pour autant.

N. S. : Ce n'est pas si sûr. En acceptant de jouer le jeu du scrutin démocratique, le parti communiste a cessé d'être révolutionnaire. Tout adversaire de la République qui se plie aux règles de nos institutions, les renforce. Pourquoi un tel principe ne vaudrait-il pas pour le Front national ? De plus, je me méfie beaucoup de l'idée de pureté républicaine…

M. O. : Votre discours d'investiture avait également des accents gaullistes, qui m'ont paru en contradiction avec votre propre trajectoire.

N. S. : C'est extraordinaire ! Je me suis engagé pour Jacques Chaban-Delmas dès 1974, je n'ai appartenu qu'à la formation gaulliste au cours de ma carrière. Vous ne pouvez quand même pas me reprocher de n'être pas entré dans la Résistance, je n'étais pas né !

M. O. :
Selon vous, il suffit de se présenter aux élections pour être républicain ou encore d'adhérer au RPR pour être gaulliste ! C'est assez court... Je m'intéresse beaucoup au général de Gaulle moi aussi, je pense même qu'on peut défendre des positions gaullistes tout en étant de gauche. Un grand homme politique, c'est d'abord quelqu'un qui a une intuition très forte de l'histoire, et qui est capable de l'anticiper. De Gaulle avait lu de près Bergson et Michelet… Quant au RPR, il a davantage détruit l'héritage du général qu'il ne l'a servi. En ce qui vous concerne, il existe un certain nombre de valeurs gaullistes qui me semblent en contradiction avec les vôtres, notamment avec vos engagements atlantistes, pro-américains.

N. S. : Qui êtes-vous pour délivrer des brevets de gaullisme ? Figurez-vous qu'il y a un discours magnifique du général de Gaulle expliquant qu'en toutes circonstances, la France serait l'alliée inconditionnelle des Américains. Il ne faut pas confondre l'indépendance à l'endroit des États-Unis et l'anti-américanisme. De Gaulle aimait les Américains, il a été comblé de recevoir, sur le sol français, Jackie et John Fitzgerald Kennedy.

M. O. : Les manifestations que vous avez pu faire là-bas, aux États-Unis, n'ont pas été précisément des démonstrations de souveraineté nationale.

N. S. : Je suis allé rencontrer George W. Bush, et alors ? Il est le président deux fois élu de la plus grande démocratie du monde. Vous ne vous rendez pas compte que la France n'est pas aussi admirée à l'extérieur que nous le souhaitons ? Reconnaître que les Français sont parfois perçus comme arrogants, est-cela faire de l'atlantisme militant ? Si vous vouliez bien enlever les oripeaux d'une pensée convenue et aller vers moi comme je vais vers vous, sans a priori…

M. O. : Il est pourtant un point sur lequel nous allons avoir du mal à nous entendre : la religion. Vous avez écrit que vous aimiez aller à la messe en famille, parce que cela vous rassurait.

N. S. : Je ne suis pas pratiquant au sens régulier. Mais je crois, j'espère, je doute. Je suis de ceux qui pensent que la question spirituelle a été largement sous-estimée par rapport à la question sociale. Depuis que l'homme a conscience de son destin, il porte en lui ces interrogations fondamentales : pourquoi sommes-nous nés ? Où allons-nous ? Comment répondre à ces questions sinon par l'espérance ? J'ai publié un livre, La République, les religions, l'espérance, pour expliquer que la République n'est pas incompatible avec le sentiment religieux. Organiser la vie, c'est la fonction de la République. Donner du sens à la vie, c'est le rôle de la religion. Chaque fois que l'un d'entre nous accompagne un proche en sa dernière demeure, se pose la question de l'espérance : la vie s'ouvre-t-elle sur le néant ? Est-ce que la République peut répondre à une telle demande ? Je ne m'enferme pas dans l'intégrisme, mais je suis convaincu que ce que les religions ont fait de plus grand est supérieur à ce qu'elles ont fait de plus petit.

M. O. :
D'après vous, la religion est là pour tranquilliser l'homme, pour l'apaiser face au scandale de la mort ? Je vous donne raison : effectivement, la religion sert à rassurer et elle ne sert qu'à ça.

N. S. : Le « qu'à ça » est énorme ! Le droit à espérer, c'est déjà immense…

M. O. :
Dieu est une fiction inventée par les hommes pour ne pas affronter la réalité de leur condition. De plus, je ne suis pas d'accord avec cette idée selon laquelle la religion serait seule dispensatrice de spiritualité, sinon d'espérance. Vous laissez de côté la philosophie. Il y a de l'espérance, du sens, mais également, et en plus, de la raison et du raisonnable dans la recherche philosophique là où la religion construit sur le déraisonnable.

N. S. : Je n'ai pas plus de qualité pour dire que Dieu existe que vous n'en avez pour le contester.

M. O. : C'est faux. À celui qui avance l'existence d'une chose, de la justifier.

N. S. : Il m'est arrivé de rechercher le bonheur, et même de le rencontrer. Et alors ? Sous prétexte que l'on se sent heureux, on doit rester béat, les bras ballants ? C'est cela, votre vision de la philosophie ? Profitons-en, carpe diem, et peu importe les lendemains ?

M. O. : Entre espérer quelque chose et l'obtenir, il y a une sacrée différence ! Ce n'est pas vous qui soutiendrez le contraire : entre
le désir d'être président de la République et le fait de l'être, il y a quand même un fossé, vous ne croyez pas ?

N. S. : J'irai plus loin. Il y a plus de bonheur à désirer qu'à posséder. Ce qu'on obtient est forcément moins fort que ce qu'on rêve. Pendant longtemps j'ai vu la politique comme une façon de vivre, de combattre, de défendre des idées. J'arrive aujourd'hui au moment où je suis le plus proche du but que je m'étais fixé naïvement il y a des années. Cependant, je vais peut-être vous consterner, mais je suis en train de comprendre la gravité du choix que j'ai fait. Je ne l'avais pas mesurée. Mettons qu'il y a une chance – ou un risque, selon vous – que je sois élu président de la République. Paradoxalement, j'ai moins de bonheur à faire de la politique aujourd'hui que j'ai pu en avoir par le passé : j'en suis le premier étonné.

M. O. : Ce qu'il y a de sympathique chez vous, c'est le souci forcené de l'action et la pensée pragmatique. Je suis de ceux qui prônent également une philosophie empirique, concrète, et cette attitude n'est pas très répandue dans ma corporation. Seulement, l'action n'est pas isolée, il faut l'envisager dans la perspective d'une existence. Je m'intéresse à votre trajectoire existentielle. Comment devient-on l'homme que vous êtes ? Quelle place peut prendre ce trajet personnel, subjectif, dans une dimension politique qui est aussi une aventure pour la nation ? D'un côté, la République, cette charge suprême que vous convoitez – ; de l'autre, ce vécu que vous commencez à évoquer… Comment tout cela coïncide-t-il ? J'aimerais comprendre l'articulation.

N. S. : Disons que j'aime l'action davantage que la conquête. On n'agit pas pour un résultat. Vous me demandez qui je suis, pourquoi j'agis comme je le fais. Mais si je pouvais vous répondre… Savez-vous qui vous êtes, vous ?

M. O. : Oui. Je crois au « connais-toi toi-même ».

N. S. : Fort heureusement, une telle connaissance est impossible, elle est même presque absurde ! En mai 1993, dans l'affaire de la maternelle de Neuilly-sur-Seine, j'ai dû rentrer huit fois dans la classe pour négocier directement avec le preneur d'otages, « Human Bomb ». Et huit fois, j'ai eu peur de manière différente. Le plus courageux des hommes peut être lâche dans la minute d'après. Nous ne nous connaissons jamais complètement, car nous sommes sans cesse confrontés à des situations différentes et nous ignorons comment nous allons réagir.

M. O. : Au contraire, j'estime qu'il est possible de s'approcher peu à peu de la connaissance de soi-même puis, fort de
ce savoir, d'exprimer ensuite son tempérament et son style. Par ailleurs, on se découvre aussi dans l'histoire. Cette dernière nous offre des occasions de nous affirmer, de démontrer ce que nous sommes. Se trouver à proximité du siège présidentiel doit forcément générer des effets existentiels…

N. S. : Je vais vous dire : longtemps, je me suis consacré entièrement au travail. Je pensais qu'à force de labeur, rien ne me résisterait. Comme je me suis souvent senti illégitime, pour des raisons que je n'explique pas, mais qui tiennent à mon histoire, je travaillais plus que les autres. C'était une façon de légitimer tout ce qui m'arrivait : maire à 28 ans, ministre à 38… Le nec plus ultra selon moi, c'était de ne jamais partir en vacances. Finalement, je me suis rendu compte que cet effort et cette application permanente ne suffisaient pas. J'ai découvert la part d'humanité qui me manquait, qui était sous-jacente. J'ai traversé des épreuves et à chaque fois, j'ai découvert en moi des forces, un ressort que je ne soupçonnais pas.

M. O. : J'avoue que je me suis toujours interrogé sur la place du temps libre dans votre existence. En politique, vous faites un tel éloge de la valeur travail. On dirait qu'il y a, pour vous, deux catégories de gens : les courageux et les paresseux, ceux qui se lèvent tôt et les bons à rien. En ce qui me concerne, il m'arrive de travailler beaucoup, parfois dix ou quinze heures par jour. Mais je me garderais bien d'extrapoler, de prétendre que les autres devraient en faire autant. Car il y a une rémunération symbolique à exercer une profession comme la mienne – ce qui vaut également pour la vôtre, d'ailleurs. Lire, écrire, faire des conférences, ce n'est pas du travail à proprement parler, plutôt une vocation. Étymologiquement, le travail vient du latin tripalium, qui désigne un instrument de torture. Notre activité n'a pas grand-chose à voir avec celle de l'ouvrier qui s'épuise à la chaîne dans des conditions épouvantables, huit heures par jour…

N. S. : Au cours de mes déplacements, j'ai été frappé de constater toujours plus de bonheur au travail dans les usines que dans les bureaux. Du temps de Germinal, dans la mine, même si c'était éprouvant physiquement, on ne se sentait pas seul. Il y avait des valeurs d'amitié et de solidarité ; le sentiment d'appartenir à une civilisation en progrès aidait à tenir. Tandis que, de nos jours, quand vous êtes dans un bureau confortable, devant un ordinateur, sous l'autorité d'un sous-chef, vous êtes isolé.

M. O. :
Cependant, vous ne pouvez pas nier qu'il existe aussi des métiers humiliants. Ma mère était femme de ménage, mon père ouvrier agricole. Ils ne participaient nullement à la culture ouvrière, ne pouvaient guère se prévaloir d'une conscience de classe ou d'une solidarité de classe. Bien sûr, on peut être humilié lorsqu'on est cadre, par son supérieur notamment, mais le statut social en lui-même n'a rien de dégradant.

N. S. : Est-ce que vous croyez que, lorsqu'on est à mon niveau, on n'est pas humilié parfois ? Ou blessé ?

M. O. : La différence, c'est qu'en retour vous pouvez en humilier pas mal aussi. Mais revenons en arrière…
Tout à l'heure, nous parlions des circonstances et des occasions qui nous révèlent au cours de l'existence. Il faut tout de
même admettre qu'il y a des situations socialement pathogènes ou criminogènes. Dans les banlieues par exemple, la pauvreté et l'ostracisme font parfois ressortir le pire chez les individus… Pour autant, vous ne semblez pas tenir compte des circonstances explicatives atténuantes. Vous ne raccrochez pas les wagons entre les situations criminogènes et les criminels, entre les situations sociales pathogènes et les comportements délinquants.

N. S. : Je me méfie de cette attitude qui consiste à rechercher pour tout acte, aussi mauvais soit-il, des explications, pour le justifier. Certes, il existe certains déterminismes et des inégalités de condition. Mais rien n'excuse, à mes yeux, l'antisémitisme ou le viol d'une fillette.

M. O. : Nous sommes d'accord. Mais expliquer, ce n'est pas excuser. Par exemple, beaucoup d'historiens ont travaillé sur l'Allemagne des années 1930, sur la montée du nazisme, sur la mise en place d'une mécanique génocidaire. Ces historiens ne peuvent pas être accusés de complaisance envers l'horreur des camps, ni de justification.

N. S. : Qu'un grand peuple démocratique participe par son vote à la folie nazie, c'est une énigme. Il y a beaucoup de nations à travers le monde qui traversent des crises sociales, monétaires, politiques, et qui n'inventent pas la solution finale ni ne décrètent l'extermination d'une race. Mieux vaut admettre qu'il y a là une part de mystère irréductible plutôt que de rechercher des causes rationnelles.

M. O. :
Comprendre, cela peut nous permettre d'éviter que ces crimes ne recommencent. Parmi de multiples facteurs explicatifs, on peut affirmer que le peuple allemand a probablement été humilié par sa défaite lors de la Première Guerre mondiale, puis par les conditions du Traité de Versailles, et qu'il a en partie cherché à se venger en concentrant sa haine sur le peuple juif devenu bouc-émissaire. Je ne dis pas que c'est une attitude défendable, mais c'est une mécanique psychiatrique et éthologique assez compréhensible.

N. S. : La France a été humiliée, bafouée sous l'Occupation. Cela l'a-t-elle conduite à perpétrer un massacre ?

M. O. : Elle n'en avait pas les moyens. Si les grands crimes de l'histoire, les mauvaises actions ne s'expliquent pas, qu'est-ce qui les provoque ?

N. S. : Je me suis rendu récemment à la prison pour femmes de Rennes. J'ai demandé à rencontrer une détenue qui purgeait une lourde peine. Cette femme-là m'a parue tout à fait normale. Si on lui avait dit dans sa jeunesse qu'un jour, elle tuerait son mari, elle aurait protesté : « Mais ça va pas, non ! » Et pourtant, elle l'a fait.

M. O. : Qu'en concluez-vous ?

N. S. : Que l'être humain peut être dangereux. C'est d'ailleurs pour cette raison que nous avons tant besoin de la culture, de la civilisation. Il n'y a pas d'un côté des individus dangereux et de l'autre des innocents. Non, chaque homme est en lui-même porteur de beaucoup d'innocence et de dangers.

M. O. : Je ne suis pas rousseauiste et ne soutiendrais pas que l'homme est naturellement bon. À mon sens, on ne naît ni bon ni mauvais. On le devient, car ce sont les circonstances qui fabriquent l'homme.

N. S. : Mais que faites-vous de nos choix, de la liberté de chacun ?

M. O. : Je ne leur donnerais pas une importance exagérée. Il y a beaucoup de choses que nous ne choisissons pas. Vous n'avez pas choisi votre sexualité parmi plusieurs formules, par exemple. Un pédophile non plus. Il n'a pas décidé un beau matin, parmi toutes les orientations sexuelles possibles, d'être attiré par les enfants. Pour autant, on ne naît pas homosexuel, ni hétérosexuel, ni pédophile. Je pense que nous sommes façonnés, non pas par nos gènes, mais par notre environnement, par les conditions familiales et socio-historiques dans lesquelles nous évoluons.

N. S. : Je ne suis pas d'accord avec vous. J'inclinerais, pour ma part, à penser qu'on naît pédophile, et c'est d'ailleurs un problème que nous ne sachions soigner cette pathologie. Il y a 1 200 ou 1 300 jeunes qui se suicident en France chaque année, ce n'est pas parce que leurs parents s'en sont mal occupés ! Mais parce que, génétiquement, ils avaient une fragilité, une douleur préalable. Prenez les fumeurs : certains développent un cancer, d'autres non. Les premiers ont une faiblesse physiologique héréditaire. Les circonstances ne font pas tout, la part de l'inné est immense.

M. O. : Puisque notre entrevue touche à sa fin, je voudrais vous offrir quelques cadeaux utiles avant que nous nous quittions.

[Michel Onfray tend à Nicolas Sarkozy ses quatre paquets.]

N. S. [amusé] :
Vous croyez que ma situation est si grave ?

[Nicolas Sarkozy déballe ses livres tandis que Michel Onfray commente ses choix.]

M. O. : Totem et Tabou, je vous l'offre parce que Sigmund Freud y traite du meurtre du père et de l'exercice du pouvoir dans la horde. L'Antéchrist de Friedrich Nietzsche, pour la question de la religion, la critique radicale de la morale chrétienne à vous qui, parfois, allez à la messe en famille. Michel Foucault, c'est une lecture que je recommande plus particulièrement au ministre de l'Intérieur, adepte des solutions disciplinaires. Dans Surveiller et punir, Michel Foucault analyse le rôle du système carcéral et de l'emprisonnement, puis de leur relation avec la norme libérale. Pierre-Joseph Proudhon, enfin, car il montre qu'on peut ne pas être libéral sans pour autant être communiste.

N. S. :
Ai-je prétendu une chose pareille ?

M. O. [se référant à ses notes] : Oui, dans votre livre Témoignage, page 237 : « Le communisme, l'autre mot de l'antilibéralisme ».

N. S. : Vous, vous êtes communiste ?

M. O. : Ni communiste ni libéral. Je pense qu'il y a des options, notamment libertaires, de gestion du capital qui sont intéressantes et qui reposent sur la coopération, la mutualité, le contrat, la fédération ou les crédits populaires. Proudhon est un auteur qu'on lit peu aujourd'hui, et souvent mal.

N. S. : Donc, ça vous intéresse, la complexité ?

M. O. : Bien sûr ! Il vaut mieux qu'on finisse sur un éloge de la complexité que sur le braquage idéologique de la première demie-heure...

ACTE II

À l'issue de la première rencontre, le candidat a invité le philosophe à un petit déjeuner, pour poursuivre l'échange. « Si je vous ai proposé de revenir me voir, c'est parce que j'y trouve du plaisir. Si vous saviez comme le travail politique est asséchant et répétitif parfois. » Lors de cette seconde séance, ce n'était plus deux personnages publics, mais deux hommes qui discutaient en face à face, de leurs lectures, de leurs conceptions de la loi et de la transgression, de la psychologie des foules.

Michel Onfray : Vous n'avez évidemment pas eu le temps de lire les livres que je vous ai offerts la dernière fois. Avez-vous
le souvenir d'un ouvrage de philosophie qui vous a marqué ?

Nicolas Sarkozy : En 1995, j'ai traversé une période difficile. Aux yeux du monde médiatique, je suis passé du « Mozart
de la politique » à qui l'on promettait tous les succès, au traître et perfide Iago. C'est à ce moment que j'ai lu, dans la collection orangée Guillaume Budé des Belles Lettres, les lettres de Sénèque à son disciple Lucilius. Je lisais dans le train cette édition où la page de gauche est écrite en latin et celle de droite en français. Mon voisin me regardait lire avec une admiration sans borne. À la fin du voyage, il m'a dit : « Monsieur Sarkozy, je n'ai jamais vu quelqu'un qui lisait le latin dans le texte comme vous. » Je n'ai pas eu le courage de le démentir !

M. O. : Comment en êtes-vous arrivé à Sénèque ?

N. S. : Par un ami… Ce livre lu au milieu des épreuves m'a touché parce qu'il était à la fois très simple et très profond, tout simplement beau.

M. O. : En voilà un qui a vu le pouvoir de près, avec Néron…

N. S. :
Effectivement, Sénèque était dans l'entourage de Néron et trouvait quelques vertus dans cet abominable type qui couchait avec sa mère et se vautrait dans des orgies sanguinaires…

M. O. : Vous avez aussi une passion pour Albert Cohen ?

N. S. : Oui, j'aime beaucoup Albert Cohen dont la plus grande oeuvre est pour moi Le Livre de ma mère qu'il dédie à tous ces jeunes insensés qui imaginent leurs mères éternelles. Mais j'ai aussi adoré Belle du Seigneur qu'il publie…

M. O. : En plein Mai 68 !

N. S. :
C'est en effet inouï ! Il écrit Belle du Seigneur alors qu'il est vieux et qu'il s'ennuie ferme au bord du lac
de Genève. Il parvient à se couler dans cette merveille absolue qu'est le personnage d'Ariane avec une précision exceptionnelle. Les quarante pages qui la décrivent en train d'attendre Solal dans la baignoire sont proches de la perfection.

M. O. : Oui, parce que toute la théorie de Schopenhauer sur l'amour s'y trouve condensée : le désir ne tient jamais ses promesses…

N. S. :
On peut dire aussi d'une certaine manière que l'idée
de la douleur est pire que la douleur elle-même.

M. O. : Ça, c'est Sénèque aussi. Et toute la sagesse antique qui m'inspire si profondément. Nous disposons d'un pouvoir sur nous, sur le monde, sur ce qui nous arrive et nous affecte, sur nos blessures mais aussi sur nos jubilations, car tout cela implique des représentations, et nous pouvons travailler sur elles. D'où l'intérêt pour le « connais-toi toi-même » de Socrate, qui vous irritait la dernière fois, et la possibilité de ce que j'ai appelé la sculpture de soi.

N. S. :
Je me suis souvent posé cette question en rencontrant des gens malades dans les hôpitaux. On s'aperçoit alors que l'idée de la maladie est pire que la maladie, que l'idée du malheur est pire que le malheur et que, d'une certaine façon, la souffrance est souvent décevante par rapport à l'idée qu'on s'en fait. Peut-on dire la même chose du bonheur ? Je ne crois pas, le désir est aussi fort quand on l'imagine que quand on le vit, mais il est également plus bref.

M. O. :
Toute la sagesse antique ne cesse de dire que la souffrance peut être apprivoisée et travaillée parce qu'elle est d'abord une idée. Quand on souffre réellement, ce n'est parfois pas si douloureux. Pour Épicure, ou bien la souffrance est vraiment importante et on en meurt. Ou bien on n'en meurt pas, et ça veut dire qu'elle est supportable. Je suis assez épicurien dans ce cas de figure et d'accord avec vous pour affirmer que souvent l'idée de la souffrance est plus douloureuse que la souffrance elle-même.
À deux reprises, me croyant dans l'heure qui précédait ma mort, j'ai pu expérimenter cette étrange leçon…

N. S. :
À propos de sagesse, toute ma vie, les gens m'ont dit d'attendre, de ne pas être pressé. Enfant, il fallait que j'attende les autorisations pour sortir ; adolescent, il fallait que j'attende d'être un adulte ; adulte, il fallait que j'attende que les générations précédentes lâchent enfin le pouvoir… toujours attendre ! Et puis un jour, on se retrouve vieux et on n'a fait qu'attendre ! Les mêmes qui me disaient « c'est trop tôt » m'ont dit un jour d'un ton tout aussi péremptoire « c'est trop tard ». Moi, je dis
à mes enfants : « N'attendez jamais ! » Pour une raison qui est simple, c'est que le temps ne vous appartient pas.

M. O. : Nous avons tous les deux en commun le fait de ne pas aimer attendre. Et je présume que vous ne vous ennuyez jamais…
N. S. : Jamais. C'est un sentiment qui m'est étranger.

M. O. : Je ne sais pas ce que c'est que l'ennui non plus. « Une volonté sans objet », dit Arthur Schopenhauer. Ça ne m'est jamais arrivé, j'ai toujours quelque chose à faire, je trouve toujours la vie magnifique, parce que saturée de passions. Construisons des instants denses et cela suffit !

N. S. : C'est ça qui est sympathique chez vous : vous êtes à la recherche de sentiments forts en permanence. Écoutez, j'ai le regret de vous dire qu'on pourrait partir en vacances ensemble !

M. O. : Vous plaisantez ?

N. S. : On ne part pas en vacances avec quelqu'un parce qu'on est d'accord avec lui sur le problème de la Sécurité sociale… Au fond, le plus important, c'est le style, j'en suis persuadé.

M. O. : Je ne crois qu'à ça…

N. S. : Prenez Céline par exemple, qui a été capable d'écrire une phrase comme celle-ci : « L'amour, cet infini mis à la portée des caniches »… Voilà quelqu'un qui savait parler d'amour. Tout est juste dans la phrase : l'amour vous fait devenir caniche et, en même temps, c'est un infini absolu. Alors qu'on lui demandait quel était selon lui le plus grand écrivain, il répondait : La Fontaine. Mais oui, La Fontaine, car c'était pour lui un modèle de style. Il a tellement raison ! La façon de vivre, de respirer, de considérer les valeurs importantes de la vie, d'être curieux de tout… Vous pouvez parfaitement partir en vacances avec quelqu'un avec qui vous êtes en désaccord sur tout, sauf sur le style !

M. O. :
Céline admirait également François Rabelais. Voilà en tout cas un romancier, Céline, qui a trouvé un style indépassable, inimitable et qui, en même temps, est à la portée de tous. Il écrivait de la littérature populaire ! Ce n'est pas l'intellectualisme d'un James Joyce, c'est de plain-pied dans la langue du peuple. Il représente le génie français – dans ce qu'il a de pire aussi, comme l'antisémitisme. Mais il apporte une langue et une vision du monde inédites, contemporaines de l'ère des masses et des foules.

N. S. : J'ai le privilège et le vertige de rencontrer des foules immenses… Je pense que la foule est une personne. Elle rit à l'unisson, pleure de même. La foule n'est pas seulement l'addition des gens qui la composent. C'est d'ailleurs ça qui peut être angoissant, lorsque la personnalité de la foule devient plus importante que la personnalité de chacun. C'est pour cela qu'elle peut être dangereuse… Je me suis longtemps enivré de la foule, de ses applaudissements, de ses excès, peut-être même de son hystérie. Et maintenant j'apprécie plus son silence qui exprime davantage de choses que les applaudissements.

M. O. :
La foule est à la fois fascinante et inquiétante. Il y a, de fait, une hystérie problématique dans la foule que l'on peut orienter vers le mal. Heureusement, le nietzschéen que j'essaie d'être a toujours cette phrase en tête : « Il m'est odieux de suivre autant que de guider. » Le contact direct et animal avec une foule confère une espèce de puissance effrayante… Mais je trouve qu'il y a une plus grande puissance à renoncer à cette puissance.

N. S. : Oui, il y a une plus grande puissance à obliger la foule à réfléchir plutôt qu'à réagir. Mais il m'a fallu du temps pour arriver à comprendre ça… Comme dit Jules Ferry : « Ce n'est pas l'oeuvre d'un jour que de former une âme libre. » Cela dit, je pense qu'on se construit en transgressant, que l'on crée toujours en transgressant. Moi-même, j'ai créé mon personnage en transgressant certaines règles de la pensée unique. Je crois en la transgression. Mais ce qui me différencie des libertaires, c'est que pour transgresser il faut qu'il y ait des règles ! Il faut qu'il y ait de l'autorité, des lois. L'intérêt de la règle, de la limite, de la norme, c'est justement qu'elles permettent la transgression. Sans règles, pas de transgression. Donc pas de liberté. Car la liberté, c'est de transgresser.

M. O. : Le libertaire que je suis n'est pas contre les règles ! Je suis pour qu'il y ait peu de règles, mais pour qu'elles puissent être respectées et non pas transgressées. Je n'aime pas la transgression… Il ne faut pas qu'il y ait des lois multiples qui invitent à la transgression, mais des codes, des pactes, des contrats reconductibles, passés avec des individus. Les officines libertaires orthodoxes ne m'apprécient guère, précisément parce que je transgresse les règles libertaires qui, en vertu du principe qu'il n'y a ni Dieu ni maître, affirment qu'il ne faudrait pas de lois… Je ne m'inscris pas dans cette perspective qui, à mes yeux, est plutôt libérale. Je pense qu'on peut résister de manière libertaire dans le capitalisme en créant des zones alternatives au monde que l'on réprouve. Je ne crois d'ailleurs pas à la disparition du capital mais à la fabrication d'espaces nomades, comme l'université populaire que j'ai créée à Caen, celle que j'ai fondée à Argentan, ou d'autres structures libertaires qui inventent des communautés éphémères et anticapitalistes. Mais…
[Rires] de ceci et du reste, nous reparlerons en vacances ! .


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Je trouve cet entretien très intéressant, on en déduit aisément que M. Sarkozy veut donner plus de place à la religion dans notre république, ce qui est en contradiction avec notre principe de laïcité et qui conséquemment n'augure rien de bon...

Merci,
La chroniqueuse

PS: Vous êtes de plus en plus nombreux à venir chaque jour pour lire mes chroniques, je vous en remercie humblement...
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26 avril 2007 4 26 /04 /avril /2007 09:15

Un autre soutien de M. Sarkozy, Pierre Lellouche est une sorte de créature hybride mi-Vanneste mi-Frêche. Une espèce rare, en espérant qu'elle le reste...

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Pierre Lellouche est membre de plusieurs groupes d'études internationaux visant au renforcement du lien transatlantique et à éclairer les grands mouvements qui animent les relations internationales. Il est notamment membre du comité de direction de Nuclear Threat Initiative, vice-président (France) de l'Atlantic Partnership, membre de la commission Trilatérale et de l'International Institute for Strategic Studies.

En 1998, lors de la proposition de loi sur le PACS, il défend des convictions fondées sur la famille traditionnelle et s'oppose à tout contrat civil dont pourraient bénéficier les personnes homosexuelles, qu'il regarde comme le prélude au mariage et à l'adoption par des homosexuel(le)s. Lors du débat parlementaire, il s'est exclamé, parlant des homosexuels, « il n'y a qu'à les stériliser! » , ce qu'affirme le compte rendu officiel, mais qu'il a contesté par la suite.

Il est l'auteur de la loi, votée à l'unanimité par le Parlement français le 16 décembre 2002, visant à aggraver les peines en cas de violence à caractère raciste ou antisémite. Ce dispositif légal a également servi de modèle pour la rédaction permettant de sanctionner plus lourdement les violences à caractère homophobe.

Il est également un partisan de l'abolition de l'ISF, qu'il considère comme un impôt injuste basé sur le seul patrimoine et non les revenus (qui conduisit ainsi certains habitants de l'Ile de Ré, victimes de l'envolée des prix du foncier, à être redevable de cet impôt alors que les réelles plus grosses fortunes avaient, elles, les moyens de s'expatrier en Belgique ou en Suisse). En septembre et octobre 2005, il tente sans succès de faire réformer l'ISF et lance une pétition pour exonérer l'habitation principale de l'ISF dont les principaux bénéficiaires auraient pu notamment être une centaine de milliers de propriétaires parisiens (dont plusieurs milliers d'électeurs du 8e et 9e arrondissement) et les paysans de l'île de Ré (ledit "syndrome de l'île de Ré" qualifie cette situation).

Ainsi, lors de la discussion parlementaire, il déclare qu’« À Paris et en Île-de-France, où résident la moitié des assujettis à l'ISF, les familles moyennes sont prises en étau, en raison du gel du foncier constructible, de la spéculation, et aussi de la politique de la Ville de Paris qui préempte les immeubles occupés pour les convertir en logements sociaux. Le résultat, c'est que ces familles doivent quitter Paris dès le deuxième enfant. (…) Le nombre d'assujettis ne cesse d'augmenter dans les tranches les plus basses, parallèlement à la hausse des prix de l'immobilier. À Paris, ceux-ci ont augmenté de 50% depuis 5 ans, voire de 70% dans certains quartiers, et, en moyenne, de 90% depuis dix ans. Dans ces conditions, avec un trois pièces, on est assujetti à l'ISF ! (…). C'est le cas de ces petits retraités, lui cadre, elle infirmière libérale, qui ont travaillé dur pour acquérir un petit patrimoine et sont maintenant assujettis à l'ISF ».

Expert en relations internationales, partisan du libéralisme économique, ancien conseiller de Jacques Chirac sur le Moyen-Orient puis partisan de Nicolas Sarkozy, il est membre du courant libéral de l'UMP « Les Réformateurs ».

Atlantiste convaincu, Pierre Lellouche apporte son soutien en 2003 à la politique de guerre préventive en Irak menée par le gouvernement des États-Unis d'Amérique et de son président, George W Bush (voir aussi Guerre en Irak), sur fonds de guerre contre le terrorisme et à ceux qui le soutiennent. Il fait alors parti d'un groupe minoritaire de députés français, parmi lequel figure également Alain Madelin, critiquant ouvertement la position jugée anti-américaine du président de la république française Jacques Chirac et de son ministre des affaires étrangères Dominique de Villepin, regrettant que "Saddam Hussein ait pu diviser les alliés transatlantiques" et reprochant aux européens de ne pas avoir proposer d'alternatives au maintien au pouvoir du dictateur irakien.

Cette position favorable à l'intervention militaire américaine en Irak est également relayées par plusieurs intellectuels dont Alain Finkielkraut, André Glucksmann, Pascal Bruckner et Romain Goupil.

Il est également un ardent défenseur de l'état d'Israel et un partisan de l'entrée de la Turquie en Europe ce qui lui vaut une certaine inimitié chez ses adversaires de gauche et de droite qui à l'occasion l'accuse de néo-conservatisme ou l'accuse d'être à la solde des États-Unis. En mars 2003, il accuse d'ailleurs dans un article du journal Le Monde la « gauche modérée » française de dériver vers l' « antisémitisme » par le biais de l'anti-sionisme.

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Le 24 avril dans le Journal 19-20h de FR3, le député UMP Pierre Lellouche, pour justifier le soutien des électeurs et députés centristes à Nicolas Sarkozy, a dit : "Ce ne sont pas des harkis ou des chaouchs : ils auront leur place!". Alors que Pierre Lellouche tenait ce propos, Nicolas Sarkozy faisait ovationner les Harkis à Rouen pendant plusieurs minutes en présence du député-maire UDF de la ville Pierre Albertini.

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 Citations:
"Inutile d'agresser Jaques Chirac, mais si nous gagnons les élections, nous changerons aussitôt la politique étrangère... Avec Nicolas Sarkozy, on a affaire à quelqu'un qui dit ce qu'il pense. Il dit "Je ne serai pas allé en Irak, mais je n'aurai pas mené de campagne anti-américaine pour autant".Je crois que le discours de Dominique De Villepin à l'ONU était inutile". 19/09/06

"C'est dire si on peut être inquiet qu'à 90 jours des élections, Madame Royal quand elle est interrogée sur notre force de dissuasion ressemble au candidat d'une émission de télévision qui s'appelle je crois Le maillon faible". 26/03/07

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Je tenterai de compléter ce portrait, cela me semble un peu léger, encore une fois n'oubliez pas que ce genre d'énergumène peut très bien devenir ministre...

Merci,
La chroniqueuse


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25 avril 2007 3 25 /04 /avril /2007 10:52
Cela fait des mois qu'un certain Christian Lehmann, médecin généraliste et écrivain, tente d'alerter l'opinion publique sur la réforme de l'assurance maladie de solidarité envisagé par M. Sarkozy. Il a écrit un livre :
Les fossoyeurs, notre santé les intéresse. Il a fait circuler une pétition sur le net par l'intermédiaire du Parti Socialiste qui a récolté plus de 10 000 signatures. Son message a pourtant du mal à passer, Surprenant? Même plus hélas...
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Voici un article qu'il a publié sur son blog, bonne lecture :

« franchise : n.f. 1. qualité d’une personne franche, sincérité, droiture ; 2. clause d’une assurance qui fixe une somme forfaitaire restant à la charge de l’assuré »

Mai 2004. Sur le plateau de « Cent minutes pour convaincre », le spectre d’une franchise sur les remboursements de soins est pour la première fois agité devant les Français. Et c’est Philippe Douste-Blazy, venu vanter sa réforme de la dernière chance, qui, dans son style inimitable, fait rempart de son corps pour sauver la protection sociale à la française de cette menace : « des gens…nous envoient des mails et…disent, “ Ce n’est pas compliqué, faisons une franchise…les 100, ou 200, ou 300 premiers euros par personne, vous les payez, après ça sera l’Assurance maladie ”. Ça…je le refuse… parce que c’est comptable, c’est injuste parce qu’on ne peut pas faire payer de la même manière celui qui a un gros salaire, que celui qui est au SMIC, le système changera, ce ne sera plus le système de l’assurance maladie que l’on connaît »(1)

Si par pudeur le Ministre de la Santé de l’époque gardait la discrétion sur l’anonyme spammeur qui lui envoyait des mails en ce sens, ce secret était un secret de Polichinelle. L’homme qui enjoignait alors Philippe Douste-Blazy de prendre des mesures drastiques n’était autre que son homologue des Finances, Nicolas Sarkozy, lequel dès 2001, dans « Libre », écrivait : « Je crois utile qu’un système de franchise soit mis en place comme pour tout processus d’assurance. Ainsi les 500 premiers francs (76,22 €) de dépenses de santé annuelles des assurés sociaux ne seraient pas remboursés, afin de responsabiliser ceux-ci.” (2)

« Responsabiliser les assurés »… Ce vieux dogme néolibéral qui tente de reporter la faute du déficit sur des assurés sociaux infantiles au comportement irresponsable, et des médecins laxistes, complices, sans jamais interroger l’équation financière de la protection sociale, de plus en plus déficitaire au fur et à mesure que s’amenuisent les revenus du travail au profit des revenus spéculatifs.

« Responsabiliser les assurés », ce fut l’axe principal de la réforme Douste-Blazy, dont on voit bien aujourd’hui, lorsque ce vaillant défenseur de la protection sociale vient faire la claque aux meetings de son nouveau leader, qu’avec sa franchise de 1 euro sur les consultations et les actes de biologie médicale ( à hauteur de 50 euros annuels), il n’a fait que mettre le pied à l’étrier à la franchise Sarkozy à laquelle il prétendait barrer la route. Incohérence, quand tu nous tiens…

A la convention Santé de l’UMP (3) , en juin 2006, après l’habituel couplet sur les abus et les fraudes ( parfait pour désespérer la population de la notion de solidarité), Nicolas Sarkozy pose LA question : « Nous parlons d’assurance maladie… Y a-t-il une seule assurance sans franchise ? » Escamotant habilement le mot « solidaire », il traite la protection sociale comme une simple question d’assurance commerciale. Mais se garde d’avancer un chiffre. Car la franchise sur les remboursements modifierait profondément le système de protection sociale. L’entourage néolibéral de l’homme qui cite Jaurès pour appliquer le programme de Thatcher le sait bien : un système de franchise « forfaitaire et acquittée chaque trimestre » aurait des effets dramatiques pour les patients aux faibles revenus, mais pas assez pauvres pour en être dispensés. Certains d’entre eux amputeraient leur train de vie modeste pour pouvoir accéder aux soins. D’autres tenteraient de les retarder, y renonceraient. Tous seraient fragilisés, et cette précarité dans le domaine fondamental qu’est la santé les rendrait plus « flexibles » encore.

Confrontés à la croissance des dépenses de santé, aucun pays européen ne s’est lancé dans un dispositif semblable, connaissant l’importance de la médecine de premier recours en terme de santé publique et de prévention. Notons cependant que Nicolas Sarkozy se garde bien de porter atteinte aux intérêts des firmes pharmaceutiques : la franchise ne s’appliquera pas au médicament, car, selon Nicolas Sarkozy « ça pénalise celui qui est très malade »(4). Pas de doute, la France conserverait sous Nicolas Sarkozy sa première place mondiale en terme de consommation pharmaceutique.

« Comment comprendre que le paiement d’une franchise soit insupportable dans le domaine de la santé alors qu’une charge de plusieurs centaines d’euros par an pour la téléphonie mobile ou l’abonnement Internet ne pose pas de question ? » pointe François Fillon (5), comparant sans vergogne la santé des malades à la téléphonie mobile, conformément au grand rêve de l’Organisation Mondiale du Commerce : « Un Peuple, un Empire, Un Hypermarché ». En Novembre 2006, présentant le projet de l’UMP, il précisera les détails du système envisagé : il s’agirait de remplacer « les forfaits mis en place ces dernières années » par une franchise annuelle de 50 à 100 euros, modulable.

Mais étrangement, devant le panel venu récemment l’interroger sur TF1, et 9 milllions de téléspectateurs, Nicolas Sarkozy livre un tout autre chiffre : sa franchise n’est plus de 100 euros, mais… représenterait seulement « les 5 ou 10 premiers euros de dépense de santé chaque année » (4) , puis, dans un autre entretien, « quelques centimes à quelques euros pour chaque acte ». (6)

C’est qu’entre-temps Xavier Bertrand, actuel Ministre de la Santé devenu porte-parole et « caution sociale » juppéiste du candidat qui cite Jaurès pour mieux masquer le programme de Thatcher, a fait remonter à Nicolas Sarkozy une note des fonctionnaires de la Direction de la Sécurité Sociale détaillant les « inconvénients socio-économiques » (7) de cette mesure, à savoir, que 27% de la population ne percevraient plus un centime de la Sécu chaque année ( tout en continuant à cotiser). Ceci « pourrait fragiliser l’adhésion à l’assurance-maladie obligatoire ». Mais n’est-ce pas, de manière discrète, le but poursuivi de longue date par les néolibéraux, tandis que dans leur ombre les assurances attendent de relever « les défis des réformes à venir qui transformeront profondément l'intervention des acteurs complémentaires, notamment dans le domaine de la santé, pour jouer un rôle de premier plan dans l'amélioration des services de protection sociale.»(8)

Difficile dans ce contexte de pousser les feux, et Nicolas Sarkozy tente de minorer la franchise pour éviter un faux-pas électoral. Reste que depuis la réforme Douste-Blazy, les forfaits sur les soins se sont multipliés, augmentant le reste à charge de l’assuré. Remplacer ces forfaits par une franchise ne se conçoit que si celle-ci dépasse, et de loin, les « quelques centimes à quelques euros pour chaque acte » qu’avance maintenant prudemment Nicolas Sarkozy pour ne pas effrayer l’électeur. De même, il ne répète plus que : « Si les dépenses augmentent, et donc le déficit augmente, on pourrait alors augmenter le montant de la franchise. »(3) Philippe Douste-Blazy le disait dès 2004 : « Qu’est-ce qui se passe quand il y a une franchise de 200 euros ? Eh bien vous avez tout de suite des gens pour vous dire, moi je vous les paie, les assureurs, c’est un système que je ne veux pas, en tout cas je ne resterais pas dans ce système politique si vraiment on perd le système de la protection sociale. »(1)

Sans attendre ( ne rêvons pas) que l’ancien Ministre de la Santé mette ses actes en concordance avec ses paroles, patients et professionnels de santé doivent se mobiliser, et apprendre à se méfier de la franchise à géométrie variable de Nicolas Sarkozy.

__Christian Lehmann est médecin généraliste et écrivain. Dernier ouvrage : « Les Fossoyeurs… Notre santé les intéresse », éditions PRIVE, février 2007.__

(1)« Cent Minutes pour convaincre : Il faut sauver la Sécurité sociale », émission diffusée sur France 2, le 17 Mai 2004, invité : Philippe Douste-Blazy, ministre de la Santé et des Affaires sociales.
(2) « Libre », Nicolas Sarkozy, éditeur Robert Laffont, 2001.
(3) http://www.viewontv.com/ump/convention_270606/index.php: discours de Nicolas Sarkozy, président de l’UMP, ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur et de l’aménagement du territoire, Paris, le 27 Juin 2006.
(4) « J’ai une question à vous poser », émission diffusée sur TF1 le 05 Février 2007, invité : Nicolas Sarkozy, candidat de l’UMP à la présidentielle 2007.
(5) : http://www.blog-fillon.com/archive-06-27-2006.html
(6) Le Quotidien du Médecin, 9 Février 2007
(7) « Les experts de la Santé enfoncent le projet de l’UMP pour la Sécu », Le Canard Enchaîné, Alain Guédé, le 31 Janvier 2007
(8) Guillaume Sarkozy, président de Mederic, lors de sa prise de fonction de Délégué Général, le 1 Septembre 2006, www.mederic.com"

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Preuve par l'image:


Il est temps de se méfier, non?
Merci,
La chroniqueuse
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25 avril 2007 3 25 /04 /avril /2007 08:57
Les portraits continuent sur mes chroniques, aujourd'hui un proche qui en dit long sur le candidat de l'UMP, bien sûr je pars du principe "qui se ressemble, s'assemble" !
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"Patrick Balkany
Proche de Michel Jobert, il entre en politique à ses côtés, par le biais du Mouvement des démocrates. Puis il participa à la fondation du RPR.
Après un premier tour de piste électoral lors des élections législatives de 1978 à Auxerre, où il avait été envoyé par Jacques Chirac pour mettre en ballotage le sortant Jean-Pierre Soisson, alors président des Républicains Indépendants, puis du Parti Républicain (giscardiens), Patrick Balkany s'implante à Levallois à la fin des années 70. Levallois est une ville ouvrière alors dominée par le Parti communiste et Parfait Jans, édile depuis les élections municipales de 1965.
Battu aux élections législatives de 1981, il emporte le siège de conseiller général de Levallois-Sud lors des cantonales de 1982 et devient à cette occasion Vice-Président du conseil général des Hauts-de-Seine. L'année suivante, en 1983, il emporte dès le premier tour la Mairie de Levallois (51,1%).

Durant ses deux premiers mandats, il contribue à la profonde mutation de Levallois, en transformant les zones industrelles déliquescentes ou en friche (occupant près d'un quart de la superficie de la ville) en quartiers résidentiels et de bureaux.
Très impliqué au sein de la campagne présidentielle de 1995 auprès d'Édouard Balladur, il est battu lors des élections municipales qui suivent d'un mois la présidentielle par le chiraquien Olivier de Chazeaux.

Il a fait travailler durant plusieurs années trois employés municipaux pour son usage domestique exclusif, affectés à son appartement levalloisien et sa résidence secondaire de Giverny. Il a été pour cela condamné, en 1996, à une amende de 200 000 francs de l'époque, quinze mois de prison avec sursis et deux ans d'inégibilité. Il a fait appel mais la décision a été confirmée en 1997. Et en 1999, la Chambre régionale des comptes l'a sommé de rembourser les salaires versées par la commune, pour une somme totale de 523 897,96 euros.

L'amende payée et les salaires remboursés, il lui restait encore les intérêts. Depuis le temps qu'ils couraient, ils représentaient la somme considérable de 230 865,57 euros. De fait, Balkany avait interjeté appel devant le Conseil d'Etat, si bien que la condamnation définitive n'a été rendue qu'en 2005, soit dix ans après le licenciement des trois employés. Comment continuer aujourd'hui à se soustraire au remboursement ? C'est tout bête : faire voter par son conseil municipal une demande de remise gracieuse. Ne cherchez pas où est la grâce, cette formule signifie juste que l'addition est gratuite ! Simple formalité, ce vote lui est accordé, comme il se doit, par sa majorité municipale UMP, le 13 février dernier. Il appartient à présent à Thierry Breton, ministre de l'économie (UMP), de décider si cette exonération sera définitivement offerte ou pas.

En 1997, sa maîtresse l'accuse publiquement de l'avoir forcé à faire une fellation sous la menace d'une arme, en l'occurrence un 357 Magnum. Aucune suite judiciaire ne sera cependant donnée à cette accusation non étayée.

En 2001, il effectue son retour sur la scène politique de Levallois à l'occasion des élections municipales. Sans étiquette, il défait le Maire sortant soutenu par le RPR et l'UDF, Olivier de Chazeaux, la liste de la gauche plurielle ainsi que la liste d'un ex-adjoint de Chazeaux, Arnaud de Courson. Le préfet des Hauts-de-Seine saisit alors le tribunal administratif de Paris pour contester l’élection de Patrick Balkany au conseil municipal de Levallois-Perret, ce dernier étant selon lui inéligible. Dans un communiqué, la préfecture relève que la Cour des comptes a en effet jugé M. Balkany "comptable de fait des deniers de la commune". En application de l’article L-231, alinéa 2 du Code électoral : " ne peuvent être élus conseillers municipaux (...) les comptables des deniers communaux. Les comptables, de fait, sont assimilés à des comptables des deniers publics et à ce titre ils sont inéligibles, selon la jurisprudence du Conseil d’État ". Patrick Balkany avait été déclaré comptable de fait par un arrêt de la Cour des comptes du 26 octobre 2000, consécutif à sa condamnation de 1996.

Lors des législatives de Juin 2002, il retrouve son siège de député de la 5e circonscription des Hauts-de-Seine en battant notamment le sortant Olivier de Chazeaux.
A la suite du recours préfectoral, le lundi 29 juillet 2002, le Conseil d'Etat confirmant un jugement du tribunal administratif de Paris du 17 octobre 2001, a considéré que Patrick Balkany était inéligible au moment du scrutin et annule son élection à la mairie de Levallois-Perret.

De nouveau éligible lors de l'élection municipale partielle qui suit, le Dimanche 22 septembre 2002, il est réélu Maire de Levallois-Perret dès le 1er tour avec 54,4% des suffrages exprimés, améliorant de la sorte son score de 2001.
Après les élections cantonales de 2004 sa femme Isabelle, première adjointe à Levallois, retrouve son siège de conseiller général et redevient vice-présidente du conseil général des Hauts-de-Seine.


En novembre 2005, il se fait piéger par Karl Zéro et les Yes Men pensant donner une interview à une chaîne américaine. Il affirme alors qu'il n'y a pas de misère en France et que les pauvres vivent très bien. Cet entretien n'a toutefois jamais été diffusé dans son intégralité à la télévision, même s'il a fait le tour du Web."
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"En France il n'y a pas ce que vous appelez des pauvres"


Voilà qui en dit bien long sur ce qui risque de tomber dessus le 6 mai...

Merci,
La chroniqueuse

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25 avril 2007 3 25 /04 /avril /2007 00:20
Ci-joint un article trouvé sur la toile, voici le portrait d'un autre ministrable si c'est M. Sarkozy est élu...
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"Christian Estrosi
« Fidèle parmi les fidèles » comme l'écrit Libération (op. cit.), M. Estrosi est un peu trop jeune pour avoir milité à Occident ou Ordre nouveau : il est né le 1er juillet 1955. Il n'en n'est pas moins un partisan résolu d'alliances avec le F.N. et d'une orientation à droite toute de son propre parti. C'est assez logique : il a commencé sa carrière politique comme fidèle de M. Médecin, le très à droite - et très corrompu - maire de Nice, au point d'être rangé parmi les « bébés Médecin ». cf.
Le Monde, 4 juin 1988 et Hérodote, 2e trimestre 2004

Le 24 octobre 1991, M. Médecin envoie un appel de soutien à M. Estrosi depuis l'Argentine, où il est parti pour éviter les foudres de la justice : « Sans vouloir vous donner d'ordre ni de conseil, je vous dis : faites confiance à ces hommes et à ces femmes qui se sont rassemblés, aujourd'hui, autour de M. Estrosi et de l'équipe qui a refusé de continuer sans en appeler au peuple. » Une vive querelle avait déchiré la droite niçoise : après la fuite de M. Médecin, fallait-il provoquer de nouvelles élections municipales ?

Ancien champion de moto, M. Estrosi n'a guère fait d'études, et, contrairement à certains, cela se ressent désagréablement sur sa finesse intellectuelle, d'où ses surnoms : « bac moins 6 » et « le motodidacte ». Il n'a guère travaillé non plus, sauf pour diriger brièvement une entreprise experte en fraude fiscale (lire ci-dessous). Partisan des alliances avec le F.N. disions-nous. Dans un entretien à Minute du 11 mars 1998, M. Estrosi déclare :

« Dire "moi je suis là pour empêcher M. Le Pen d'exercer des responsabilités parce qu'il est xénophobe" ne me semble pas la meilleure méthode pour être crédible et efficace. »

Difficile de lui reprocher une discordance entre son discours et ses actes : il n'aura de cesse d'obtenir une alliance avec l'extrême droite en Provence-Alpes-Côte-d'Azur(P.A.C.A.), et il s'en est fallu de bien peut qu'il ne parvînt à ses fins.

Après les élections régionales, la droite et l'extrême droite ont exactement autant de conseillers. M. Estrosi fait tout pour arracher un accord avec le F.N. ; il est soutenu par M. Peyrat, maire de Nice et ancien du fn, M. Luca, député-maire R.P.R. de Villeneuve-Loubet, et M. Delaunte, maire de Cannes. Sans l'opposition résolue de M. Léotard et la médiatisation inédite de ces manœuvres de couloir (qui s'étaient déroulées sans encombre en 1986), M. Estrosi aurait pu faire la soudure.

À noter que l'accord proposé par M. Le Pen est d'une simplicité biblique : le F.N. élit M. Balladur en Île-de-France et la droite élit le Dirigeant du fn en P.A.C.A. **
Frustré de son accord avec les néo-fascistes Français, M. Estrosi accueillera cependant le plus d'anciens conseillers F.N. possible, comme M. Crépin, M. Gost, et Tarelli, au sein du groupe R.P.R. puis U.M.P., afin de prendre la présidence du groupe à M. Léotard et de s'allier ponctuellement avec le fn.
cf. Droite, extrême droite : les amitiés particulières, brochure du M.J.S., 2001

Il ne manquera pas de s'exprimer dans L'Hebdo du quotidien , journal d'extrême droite, le 8 mars 2000, dans Minute le 14 juin de la même année, et de nouveau dans Minute, en 2003. cf. Le Monde, 20 septembre 2003

M. Estrosi est un homme de droite très à droite et logique avec lui-même. En 1997, M. Estrosi fustige la loi Guigou sur l'immigration en des termes lepénistes :

« Quand vous supprimez l'AGED pour certaines familles, mettez sous condition de ressources les allocations familiales, supprimez les abattements fiscaux sur certains emplois familiaux, ne s'agit-il pas de faire des réserves contre les familles françaises au bénéfice des futures familles immigrées ? »

M. Estrosi ne cache pas son hostilité virulente au pacte civil de solidarité (Pacs) et à la Gay pride :

« Une société qui céderait à la provocation de ces défilés exhibitionnistes pour accorder les mêmes droits à des couples homosexuels qu'à des couples mariés serait une société décadente. » cf. Ras l'Front n° 58, juin 1999

Il a aussi lancé au socialiste Gérard Gouzes : « Vous ne méritez pas d'être français ! »

Élu député en 1993, M. Estrosi a vu son élection annulée pour avoir financé illégalement sa campagne électorale (dons ne respectant pas la législation, règles de transparence financière violées) et il a été déclaré inéligible pour un an. cf. Le Monde, 18 décembre 1993

Ce n'est pas le seul ennui de M. Estrosi. Il avait déjà écopé d'un redressement fiscal de 3,8 millions de F quelque temps plus tôt, malgré sa contestation devant le tribunal administratif de Nice, qui l'a débouté le 7 novembre 1991. cf. Le Monde, 17 novembre 1991

Et le mandataire financier Ulrich Benamar a déclaré au juge Philippe Dorcet, le 22 novembre 2002, qu'il avait blanchi 400 000 F en 1999 pour le profit personnel de M. Estrosi.

À en croire M. Benamar, cela ferait partie d'un système de blanchiment représentant plusieurs dizaines de millions de F destiné à des personnalités de la droite des Alpes-maritimes. En tout cas, une enquête a été ouverte par le parquet de Nice pour « abus de biens sociaux, corruption et trafic d'influence ». cf. Le Monde, 27 et 30 novembre 2002

Peu de temps auparavant, M. Benamar s'est fait passer à tabac puis mutiler par des inconnus. cf. Le Parisien, fin nov. 2002

** M. Chirac était au courant et a approuvé. cf. Éric Zemmour, L'Homme qui ne s'aimait pas, éd. Balland, 2002."

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C'est vous qui voyez!

Merci,

La chroniqueuse

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23 avril 2007 1 23 /04 /avril /2007 18:40
Voilà un article que j'ai déniché sur le net, il vaut mieux se renseigner avant de se retrouver avec cet homme comme ministre à l'avenir...non?
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"Patrick Devedjian :

Génération Occident de Frédéric Charpier.
Quand Madelin, Devedjian, Longuet militaient à Occident, groupe d'extrême droite. "Génération facho", article paru dans Libération (08.02.05)

Partisan notoire de M. Sarkozy de Nagy-Bocsa depuis plusieurs années, M. Devedjian est un symbole de l'imprégnation profonde des idées d'extrême droite, y compris les pires, dans la droite de gouvernement. Étudiant en droit dans les années 1960, il adhère aux groupuscules d'extrême droite Occident (dont il devient un dirigeant) et Europe-Action. Militer à l'extrême droite n'est pas anodin et à cette époque moins que jamais. Après la fin de la fin guerre d'Algérie et la déroute de Maître Tixier-Vignancourt (aux présidentielles de 1965 et surtout aux législatives de 1967), l'extrême droite française est numériquement infime, elle n'a strictement aucune influence, aucune prise sur les évènements ; seuls les militants les plus durs, les plus convaincus, les plus racistes restent encore, d'autant que la droite gaulliste et non gaulliste n'est pas spécialement regardante sur le recrutement de ses membres.

cf. Encyclopædia Universalis, article « L'extrême droite en France depuis 1945 », 2e partie, et Histoire de l'extrême droite en France, dir. Michel Winock, éd. du Seuil, «Points»-histoire, 1993, chapitre 7

Occident ne rassemble que 800 membres, parmi lesquels plusieurs futurs élus de droite : M. Madelin, M. Goasguen, M. Abitbol, M. Alain Robert, M. Guillet, ou encore M. Longuet, qui y est chargé de la doctrine.

On est édifié sur cette doctrine en lisant le numéro 2 d'Europe action (février 1963), où un certain P. Lamotte écrit :

« La race est en tout cas la nouvelle patrie, "patrie charnelle" qu'il convient de défendre avec un acharnement quasi animal. »

Ces propos tenus à l'université d'Occident : « les nationalistes français constituent contre la république maçonnique et ploutocratique, le Parti de la nation française » (n° 3) ; « Tout fascisme est l'expression d'un nationalisme qui, seul, peut cristalliser la volonté de la jeunesse en un immense élan révolutionnaire : le nationalisme c'est la jeunesse au pouvoir » (n° 5).

Ou encore, ces slogans : « Gauchistes, ne vous cassez pas la tête, Occident le fera pour vous » ; « Mort aux Bolches » ; « Sous-développés = sous-capables ». En effet, Europe-action choisit le combat sur un plan idéologique, Occident, l'activisme et la violence. Tous deux soutiennent les ségrégationnistes américains, la République sud-africaine de l'apartheid, la Rhodésie des colons racistes.

Occident est dissous le 1er novembre 1968 après un attentat à l'explosif - et parce qu'il n'est plus d'aucune utilité au pouvoir gaulliste, maintenant que les évènements du printemps sont finis.

cf. Ras l'Front n° 55, mai 1998. « Europe-Action servit d'organe et d'encadrement aux plus redoutables néo-fascistes français des années 60. » (Joseph Algazy, La Tentation néo-fasciste en France (1944-1965), Fayard, 1984)

M. Devedjian adhère au parti gaulliste en 1969 ; il participe à la rédaction des statuts du R.P.R. puis devient un des avocats personnels de M. Chirac jusqu'au début des années 1990, et continue par la suite de le conseiller ; mais, sentant le vent tourner 1993/1994, il choisit M. Balladur (Le Monde, 9 mai 2002).

Pour autant, il ne renie pas vraiment son passé. Au contraire, lui qui ne parlait pas l'arménien dans sa jeunesse se rapproche des milieux arméniens les plus nationalistes. Il a été l'avocat du groupe terroriste arménien Asala auteur d'un attentat à la bombe à Orly en 1983, qui fit 8 morts (dont 4 Français et 2 Turcs) et 56 blessés le 15 juillet 1983 : c'est le pire attentat commis sur le sol français depuis des dizaines d'années.

Maître Devedjian a le droit de défendre qui il veut. Le problème est ailleurs : dans son édition du 15 août 1983, l'hebdomadaire turc Nokta et plusieurs journaux français publiés au même moment, rappelaient que le futur maire d'Anthony avait proféré des paroles menaçantes pour la compagnie Turkish Airlines, dont le bureau a été frappé par l'attentat d'Orly : « Il va être dangereux d'utiliser la Turkish Airlines. » M. Devedjian persiste et signe dans un entretien à l'Armenian Reporter du 6 juin 1985 :

« Tout le monde considère les membres de l'Asala comme des terroristes, moi je vois en eux des résistants ! […] Je ne considère pas que les Arméniens qui tuent des diplomates turcs soient des terroristes. Je les considère comme des activistes. […] À l'issue de notre combat, il sera possible de libérer les terres arméniennes en Turquie et de les réunifier, indépendamment de l'Union soviétique, avec l'actuelle Arménie. […] Dans l'histoire, les Turcs ont déjà perdu les trois quarts de leurs territoires. Ils accepteront par la force la naissance d'une nouvelle Arménie. »

Au Monde du 13 février 2005, M. Devedjian confie :

« Je ne me suis jamais caché de mon passé. J'étais d'origine arménienne et c'est aussi une façon, pour moi, de me sentir français. J'étais anticommuniste et, finalement, je n'ai pas changé. Je me suis engagé pour la cause de l'Algérie française. »

L'unité d'une vie…"

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Voilà qui fait peur...

Merci,

Lachroniqueuse

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22 avril 2007 7 22 /04 /avril /2007 21:16
Le front national n'est pas au second tour, c'est un énorme soulagement pour moi.
Maintenant, il faut rester vigilant car un autre danger pointe le bout de son nez, certes, il est moins effrayant, encore que...
Vous savez ce qu'il en est quand à mon avis sur le candidat de l'UMP, je n'y reviendrai pas pour le moment. Je vais retourner devant le poste de télé et savourer ce moment...
Merci,
La chroniqueuse
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18 avril 2007 3 18 /04 /avril /2007 20:56
Le magazine Marianne prend les armes contre le candidat Sarkozy, en effet les journalistes de l'hebdo ont décidé de révéler certains secrets embarrassants, ce qui je l'espère ouvrira les yeux de certains électeurs.
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"Ce que les grands médias n'osent pas ou ne veulent pas dévoiler :

de Jean-Francois Kahn, avec Serge Maury, Philippe Cohen, Laurence Dequay et le service France de "Marianne"

Glaçant ! Il a dit glaçant. Mais s'il ne l'avait pas dit ?

Car enfin, sept jours avant que François Bayrou ne laisse tomber ce glacial jugement, le généticien Axel Kahn avait déjà, dans Marianne, agité le grelot. Ainsi Nicolas Sarkozy, qui, déjà (ceci explique cela), voulait faire repérer chez les marmots de 2 ans les bourgeons de la délinquance, avait pu, dans Philosophie Magazine, déclarer que, selon lui, la pédophilie et le suicide des adolescents étaient d'origine génétique, qu'on était en quelque sorte biologiquement programmé pour la déviance ou l'autodestruction, que l'action éducative ou sociale n'y pouvait rien, le rachat ou la miséricorde divine non plus - retour terrifiant du concept eugéniste du gène du crime - sans que, pendant dix jours, aucun journal quotidien ou hebdomadaire, aucune radio ou télévision réagisse.

Ainsi, pour ne prendre qu'un exemple, avant la riposte bayrouiste, notre confrère le Monde, que des dérapages de Le Pen qui allaient beaucoup moins loin faisaient immédiatement monter au créneau, n'avait même pas consacré 10 lignes réprobatrices à cette stupéfiante rémanence de l'idéologie socio-biologique de l'extrême droite païenne. Comme s'il était beaucoup plus dangereux de tacler le patron de l'UMP que de stigmatiser le leader du Front national.

Comme si Sarkozy faisait peur.

Or cette sortie intervenait après l'annonce de la création, en cas de victoire de la droite, d'un « ministère de l'intégration et de l'identité nationale », annonce qui avait littéralement sidéré, et pour cause, la presse allemande, et dont même l'extrême droite autrichienne de Jôrg Haider avait tenu à dénoncer les « nauséeux relents ». Et, surtout, après la série de furieuses philippiques, telles qu'on n'en avait plus entendu depuis quarante ans, inimaginables dans quelque pays européen civilisé que ce soit, relents de propagande stalinienne des années 50 et de rhétorique fascisante d'avant-guerre, qui revenaient à décrire les concurrents du leader UMP, qu'ils fussent centristes ou sociaux-démocrates, comme les candidats protégeant les délinquants, le vol et la fraude, donc du crime, les suppôts des voyous, les représentants du parti des malhonnêtes gens et de la dégénérescence morale, l'anti-France enfin, c'est-à-dire l'incarnation de la haute trahison. Or, cela n'avait nullement empêché que Jean-Louis Borloo, même malheureux comme les pierres, s'aplatisse ; que Simone Veil, fût-ce de la plus mauvaise grâce possible, assure la claque et, dans un premier temps au moins, que les médias, presque tous les grands médias, s'écrasent.
Tant le personnage fait peur.

SES MOTS POUR LE DIRE

Pourquoi ? Parce que ses entreprises de séduction envoûtent. Parce qu'il dispose, partout, et surtout dans les médias, d'amis dans la place et très haut placés ? Ou parce qu'on redoute la brutalité de ses réactions ?

La preuve par l'affaire Azouz Begag. La scène se passe en 2006 : le ministre délégué à l'Egalité des chances, interpellé à propos de quelques fortes saillies du ministre de l'Intérieur, s'excuse : « Je ne m'appelle pas Azouz Sarkozy. » En guise d'agression, on a connu plus destructeur ! Aussitôt, explosion de fureur de Sarkozy qui menace « de casser la gueule de l'insolent » et lui hurle, par saccades rageusement répétitives, qu'il est « un connard, un salaud, qu'il ne veut plus jamais le voir sur son chemin ». On imagine, un instant, Malek Boutih racontant, dans un livre, que Ségolène Royal lui a aboyé à la figure que François Hollande allait « lui casser la gueule » parce qu'il aurait osé murmurer : « Je ne m'appelle pas Malek Royal. » Aussitôt, invitation sur tous les médias à raconter l'histoire, comme l'ex-socialiste Eric Besson. Là, service minimum. C'est Sarkozy qui a obtenu, comme toujours, le temps de parole. Pour expliquer que ce était là qu'infâme menterie. D'ailleurs, a-t-il expliqué sur iTélé, il « croit n'avoir jamais rencontré Azouz Begag ». Surréaliste ! Depuis deux ans, ils font partie du même gouvernement. On imagine ce que signifierait le fait qu'effectivement, bien que siégeant sur les mêmes bancs et participant aux mêmes conseils, Sarkozy ait refusé de voir Begag !

Pour une fois, cependant, le démenti sarkozyen fait flop. Tout le monde sait, en effet, que les mots que rapporte Azouz Begag sont les siens et pas les pires ; que ces derniers jours, par exemple, il n'a cessé de traiter de « connards » ses propres conseillers et animateurs de campagne, accusés d'être responsables de la moindre difficulté de campagne. Un article qui le défrise dans Libération ? Il téléphone au propriétaire, qui est un ami : « Vous êtes un journal de merde ! Avec des journalistes de merde ! » Il refuse, contrairement à Royal et à Bayrou, pourtant très maltraité par Libé, de se rendre dans ce journal pour un entretien avec la rédaction : « Libé n'a qu'à se déplacer ! ». Il considère qu'il n'a pas été reçu à France 3 national avec les honneurs qui lui sont dus. A l'adresse de la direction il hurle : « Si je suis élu, je vous ferai tous virer ! »

INSULTES...

C'est d' « enculés » que se font traiter les confrères d'une radio qui lui ont apparemment tapé sur les nerfs... qu'il a sensibles. Il soupçonne un journaliste d'être favorable à François Bayrou. « Ils couchent ensemble », commente-t-il. Evoquant certains de ses adversaires, il prévient, carnassier : « je vais tous les piquer. Les niquer ! » Plus macho, tu ouvres un harem. Parlant de Michèle Alliot-Marie, qu'il soupçonnait, à tort, d'avoir joué un rôle trouble dans l'affaire Clearstream, ne l'appelle-t-il pas « la salope » ? L'économiste et expert financier Patrick Artus critique certaines propositions du candidat UMP Il reçoit aussitôt un mail de son chef de cabinet « On s'en souviendra ! » Même expérience rapportée par un industriel qui eut le malheur de déplaire « On se retrouvera. On est pour moi ou contre moi ! » « Je n'ai jamais été confronté, raconte ce patron, à un entourage aussi agressif, aussi belliqueux. » Pourquoi le préfet Dubois, responsable des relations presse de la Préfecture de police, est-il débarqué du jour au lendemain : parce qu'il aurait ricané des ennuis conjugaux du ministre !

Une enquête télé avait été réalisée dans les Hauts-de-Seine. Elle montrait l'incroyable pesanteur des pressions (avec carotte et bâton, promesses et chantage) qui se sont exercées sur les élus UDF de ce « Sarkoland » pour qu'ils lâchent Bayrou. V enquête en question a été « trappée », comme on dit, sur ordre de la direction. Elle aurait déplu ! Sur une radio, interdiction a été faite à un confrère de rappeler, statistiques à l'appui, que le bilan du ministre en matière de sécurité n'est pas bon. Ça eût dérangé !

IL N'A PLUS BESOIN D'INTERVENIR

Or, comme on ne prête qu'aux riches, on soupçonne systématiquement Sarkozy d'être intervenu. Mais, le plus souvent, ce n'est pas le cas. Ce n'est pas la peine. Il n'a même pas besoin. Quand Paris Match avait publié un reportage sur les amours new-yorkaises de Cécilia et de son chevalier servant, il avait, effectivement, proclamé à la cantonade qu'il aurait la peau du directeur de la rédaction, Alain Genestar. Mais il en resta là. Mieux il obligea Arnaud Lagardère à attendre plusieurs mois avant de le virer. Au Journal du dimanche, mieux encore : parce qu'il avait appris qu'on s'apprêtait à virer le directeur de la rédaction du journal, soi-disant pour lui complaire, il n'intervint cette fois, après avoir reçu et sans doute retourné le confrère, que pour exiger qu'il reste en place. Il a même tenu à donner son avis sur la journaliste politique que devrait embaucher une radio et sur le directeur que ne devrait pas engager Libération ! Ne prend-il pas un malin plaisir à lancer aux journalistes qui lui font cortège : « je connais très bien votre patron. Je sais ce qui se passe dans votre rédaction. »

On s'interroge donc : outre ses très fortes accointances avec les grands patrons des groupes de médias, est-ce la crainte qu'il suscite, la peur des représailles s'il est élu, qui expliquent cette relative impunité dont bénéficie Sarkozy quand il tient des propos ou prend des initiatives qui, venant de Le Pen ou de Ségolène Royal, provoqueraient une irruption réprobatrice dans le landernau ?

Pourquoi toutes ces angoisses affichées en privé, peut-être excessives, mais qui ne s'expriment jamais en public : cette star de la télévision évoque, en cas de victoire du candidat UMP, « un risque de contrôle quasi totalitaire des médias » ; cette consoeur de LCI se dit « terrorisée à l'idée d'une présidence sarkozyste » ; cette journaliste du Figaro, qui connaît bien le candidat, et livre une description effectivement assez dantesque de son caractère. Mais pas question de se dévoiler. Il fait peur. « Ma rupture avec lui, confie Jean-François Probst, ex-secrétaire général adjoint du RPR des Hauts-de-Seine et collaborateur de Charles Pasqua, c'est le gaullisme. Je voulais, j'espérais qu'il serait l'homme de rassemblement. Or, il ne cesse de semer la division. Et j'ai passé l'âge de me laisser impressionner par un Hortefeux hystérique. » Mais les autres ?

LES CONFRÈRES ETRANGERS OSENT, EUX !

Les confrères étrangers, eux, n'ont évidemment pas ces pudeurs. Le correspondant à Paris d'une radio suédoise interroge tout de go : « Sarkozy ne représente-t-il pas un risque de dictature ? » Un journaliste de la télévision croate qui a suivi le candidat dans ses pérégrinations en dresse un portrait, d'ailleurs exagéré, à faire dresser les cheveux sur la tête. Le Süddeutsche Zeitung Munich dépeint « un macho sans scrupule et brutal qui joue avec la peur des gens ». Le Frankfurter Allgemeine Zeitunglui décerne le prix de « l'homme politique le plus ambitieux et plus impitoyable d'Europe qui n'a pas de vraie conviction, mais s'aligne sur l'humeur du peuple ». Le quotidien espagnol El Pais voit en lui un héritier populiste des « régénérationnistes de la droite espagnole de la fin du XIX> siècle ». Le Tageszeitung de Berlin (de gauche, il est vrai) décrit un George Bush tricolore qui veut imposer en France l'idéologie de la droite néoconservatrice américaine. La presse italienne insiste sur sa proximité avec la droite postfasciste de la péninsule (qui s'est, avec Gianfranco Fini, ouverte à la modernité). Si la presse conservatrice britannique identifie volontiers, avec admiration, Sarkozy à Mme Thatcher, la plupart des journaux européens, en particulier scandinaves, l'assimilent plutôt à un aventurier néobonapartiste qui représenterait une grave menace pour la démocratie.

LA PEUR DE LA TRAPPE

En France, en revanche, tout se passe comme si ce type d'analyse était indicible. On n'ose pas. On a peur. De quoi ? Des représailles si Petit César l'emporte ? De la trappe qui s'ouvrira aussitôt ?

Celle qui s'est ouverte, par exemple, sous les pieds de la députée UMP Nadine Morano. Elue de Lorraine, fervente sarkozyste, talentueuse femme de tempérament, n'ayant pas froid aux yeux, elle faisait partie de la task force du candidat. Et, soudain, à la trappe ! Officiellement, parce qu'un reportage diffusé sur France 3 lui a attribué un rôle un peu ridicule. Mais il se trouve qu'étant l'une des rares à oser s'adresser avec franchise à son héros elle lui avait fait remarquer que, entouré d'une nuée de courtisans qui passaient leur temps à chanter ses louanges et sa gloire, il était devenu allergique à la moindre remarque critique. Elle s'était en outre inquiétée de sa tendance à s'immerger compulsivement dans les sondages qui lui renvoyaient constamment sa propre image. Résultat : out ! « Cramée », disent les « bonnes camarades » de la pécheresse. Il fait peur.

Eh bien, il est temps de soulever cette chape de plomb. De braver cette conspiration du silence.

CATHERINE NAY ENTRE LES LIGNES

Il y a quelques mois, Guillaume Durand consacrait deux heures de son émission « Esprits libres », au livre plutôt hagiographique de Catherine Nay consacré à Nicolas Sarkozy. Les livres hostiles au candidat UMP, assez nombreux, n'ont jamais eu cette chance. Or la lecture de cet ouvrage, honnête malgré tout, laisse une impression étrange. Certes il est censé vanter les qualités du « grand homme » ; mais, en même temps, et au second degré, il en dresse un portrait psychologique extraordinairement préoccupant : celui d'un homme dont l'unique véritable sujet de préoccupation est lui-même, sa propre saga et sa quête obsessionnelle du pouvoir. L'histoire qui le fascine, c'est la sienne ; de l'humanité, il ne retient que sa part ; son ascension, à quoi se réduit son seul idéal, débouche sur l'arrivée au sommet qui constitue son seul rêve. Il ne lit qu'un livre, celui dont son ambition constitue la trame. N'écoute qu'une seule musique, celle qui lui permet sans répit de chanter son épopée. Aucune ouverture sur une autre perspective que celle dont sa personne dessine l'horizon, sur un autre monde que celui dont il occupe le centre.

Analyse-t-il les changements qui se produisent autour de lui, dans la société ? Non... Mais, sans cesse, il revient sur le seul changement qui l'obsède et rythme ses discours : son propre changement, dont il fait comme un ressort. « C'est vrai, explique-t-il à Catherine Nay, j'étais égoïste, dépourvu de toute humanité, inattentif aux autres, dur, brutal... Mais j'ai changé ! » Sans cesse ensuite, au grand désarroi de ceux qui l'idolâtraient quand il était, à l'en croire, si mauvais, il fera l'aveu de tout ce que lui reprochent ses adversaires pour mieux magnifier l'ampleur des métamorphoses par quoi il se transcende. Quitte à se révéler, à l'usage, plus égotique et plus brutal encore. Au philosophe Michel Onfray il déclare, dans Philosophie Magazine : « Je vais peut-être vous consterner, mais je suis en train de comprendre la gravité des choix que j'ai faits. Jusqu'à présent, je n'avais pas mesuré. »

IL N'A PAS LE DROIT DE LE DIRE

Finalement, le livre de Catherine Nay, bien que non suspect de malveillance, ne révèle-t-il pas une certaine folie et des pulsions autocratiques chez cet homme qu'elle qualifie elle-même de « bonapartiste » ? L'hypothèse formulée suscite, aussitôt, une levée de boucliers indignée sur le plateau de l'émission. On n'a pas le droit de dire ça ! Verboten ! Le directeur du Point, Franz-Olivier Giesbert, siffle le hors-jeu. Lequel Giesbert, pourtant, ne se gêne nullement pour déclarer Dominique de Villepin passible de l'asile d'aliénés. Un talentueux éditorialiste de droite convient, en coulisse, qu'il y a « un vrai problème ! ». Halte là ! On n'a pas le droit de dire ça ! C'est tabou !

Pourtant, sur toutes les ondes. Eric Besson, l'ex-responsable socialiste, a pu expliquer que Ségolène Royal, Bécassine dangereusement allumée, déjà comparée par Brice Hortefeux à Pol Pot, au fasciste Doriot et à Staline, représente un mixte du maréchal Pétain et du général Franco.

Concernant Chirac, Villepin, Le Pen ou José Bové, on peut également tout oser. Ce n'est qu'à propos de Nicolas Sarkozy qu'on n'aurait « pas le droit de dire ça ! ». Mais qu'en revanche il serait loisible, comme Paris Match la semaine dernière, de lui consacrer, sur des pages et des pages, des dithyrambes grotesques dignes de Ceausescu, certains journalistes de ce magazine dussent-ils nous avouer qu'ils en auraient « pleuré de honte », mais qu'on ne peut rien contre un ordre d'en haut ! (L'Express a même fait, sur deux pages, ce titre ubuesque : « Sarkozy : il gardera son calme. »)

ET, POURTANT, EN PRIVE, ILS LE DISENT

Tous les journalistes politiques savent, même s'ils s'interdisent (ou si on leur interdit) d'en faire état, qu'au sein même du camp dont Sarkozy se réclame on ne cesse de murmurer, de décliner, de conjuguer. Quoi ? Ça ! Lui confier le pouvoir, c'est, déclara Jacques Chirac à ses proches, « comme organiser une barbecue partie en plein été dans l'Estérel ». Claude Chirac a, elle, lâché cette phrase : « J'aurais préféré Juppé. Lui, au moins, c'est un homme d'Etat. » Le ministre libéral François Goulard ne le dissimule pas : « Son égotisme, son obsession du moi lui tient lieu de pensée. La critique équivaut pour lui à une déclaration de guerre qui ne peut se terminer que par la reddition, l'achat ou la mort de l'adversaire. » Sa principale faiblesse ? Son manque total d'humanisme. « Chirac, lui, a le souci des autres, de l'homme. Sarko écrase tout sur son passage. Si les Français savaient vraiment qui il est, il n'y en a pas 5 % qui voteraient pour lui. »

Un des plus importants hiérarques l'UMP, officiellement soutien fervent du candidat (comment faire autrement ?) renchérit : « Sarkozy, c'est le contraire de l'apaisement. Chirac, vous verrez, on regrettera. Lui, il n'a jamais eu de mots violents. » « Attention, met en garde le minis de l'Agriculture, Dominique Bussereau, on va très vite à la révolte aujourd'hui. « La France, c'est du cristal », dit, inquiet Jean-Pierre Raffarin.

Dominique de Villepin a mis sa langue dans sa poche. Il n'en pense pas moins... que Sarko « a loupé sa cristallisation » ; que « sa violence intérieure, son déséquilibre personnel, l'empêchent d'atteindre à hauteur de la présidence ». Les chiraquiens du premier cercle, Henri Cuq (ministre délégué aux Relations avec le Parlement) ou Jérôme Monod, le conseiller, ne veulent pas déroger à la consigne du silence. Mais, en petit comité, les mêmes mots reviennent : « Ce garçon n'est pas mûr. Il n'est pas fini. Il a un compte à régler avec la vie qui le pousse à créer de l'affrontement partout, et non à rassembler. » D'autres brodent « C'est un enfant qui n'atteindra jamais l'âge adulte. » A quoi Roselyne Bachelot réplique : « Mais tous les hommes sont immatures ! » On ne parle plus, on n'ose plus parler, comme hier - du moins tout fort -, de « malfrat » ou de « petit voyou » (pourtant, ce qu'on l'a entendu !). Mais, dans les coulisses de l'Elysée, on laisse simplement tomber : « On fait confiance au peuple français ! » Et, justement, il y a encore trois semaines, on se communiquait, en jubilant, les sondages qui indiquaient une montée en puissance de François Bayrou. Non point qu'on l'aime, celui-là, ce « démocrate-chrétien jésuitique » mais, enfin, on ne va pas « laisser la France tomber entre les mains de Catilina », dangereux aventurier populiste romain dénoncé par Cicéron.

COMME UNE BANDE DES « CITES »

Un député UMP spécialiste des problèmes juridiques, eut le malheur de s'opposer au ministre de l'Intérieur à propos des « peines plancher ». Il est, et reste, sarkozyste. Pourtant, il fait part de son effarement. Cette simple prise de distance lui valut d'être désigné du doigt, menacé de représailles, ostracisé parle clan avec une violence « digne d'une bande des cités ». C'est d'ailleurs un ex-haut responsable du RPR qui raconte : « En septembre 1994, aux journées parlementaires de Colmar, alors que Balladur était donné gagnant par tous les sondages, on eut affaire à la garde rapprochée de Sarkozy.

Elle respirait l'arrogance, elle y allait de toutes les menaces. On disait aux députés restés fidèles à Chirac qu'il allait "leur en cuire" »L'ancien vice-président du RPR des Hauts-de-Seine Jean-François Probst confirme : « Sarkozy croit toujours, comme en 1995, qu'il peut intimider les gens. Quand je l'ai rencontré, dans les années 80, il avait déjà ses qualités - énergie, ténacité -, et ses défauts, dont j'imaginais qu'il les corrigerait. Je pensais, notamment, qu'il comblerait son inculture. Bernique ! Il n'a fait que courir d'une lumière l'autre. Il est fasciné par ce qui brille, les nouveaux riches, le show off, les copains à gourmettes même s'ils trichotent avec les règles communes, Tom Cruise qu'il reçoit à Bercy, ébloui, et fait raccompagner en vaporetto. »

Bien sûr, si les chiraquiens maintenus, les derniers villepinistes, les ultimes vrais gaullistes, quelques libéraux ou ex-centristes ralliés à l'UMP confient, à qui veut les entendre (mais les journalistes qui les entendent n'en rapportent rien), que l'hypothèse d'une présidence Sarkozy les terrifie ; qu'il y a « de la graine de dictateur chez cet homme-là » ; que, constamment, « il pète les plombs », de très nombreux élus UMP, les plus nombreux, sont devenus des groupies enthousiastes de l'homme qui seul peut les faire gagner et dont personne ne nie les formidables qualités de battant. Et le courage. Mais même eux n'étouffent pas totalement leur inquiétude et soulignent volontiers sa violence. « Oui, c'est vrai, reconnaît l'un d'eux, il antagonise, il clive, il joue les uns contre les autres avec la plus extrême cruauté. » « Il n'est vraiment totalement humain, confie un autre, que quand il s'agit de lui-même. » « Il a un problème de nerfs, de paranoïa, admettent-ils tous, mais il s'arrange, il mûrit, il se densifie. » Voire...

UN LOURD SECRET

Donc, il y aurait, s'agissant du caractère de Sarkozy et de son rapport à la démocratie, comme un lourd secret qui, au mieux, préoccupe ses amis, au pis, angoisse ou affole ceux qui savent, un terrible non-dit dont bruissent les milieux politico-journalistiques, mais que les médias s'interdisent, ou se voient interdire, de dévoiler. Il fait peur ! La gauche elle-même participe de cette occultation. Sans doute s'attaque-t-elle à Sarkozy, parfois même avec outrance et mauvaise foi. Mais que lui reproche-t-elle ? D'être de droite, ou même, stigmatisation suprême, une sorte de « néoconservateur américain à passeport français », comme le clamait Eric Besson avant de retourner sa veste. Est-ce un crime ? La diabolisation de la différence est aussi contestable venant d'un bord que de l'autre. Le débat démocratique implique qu'il y ait une gauche, un centre, une droite, cette dernière n'étant pas moins légitime que ses concurrents. De même qu'une partie de l'opinion reproche au PS d'avoir trahi l'idéal socialiste ; de même une autre partie, importante, estime que Jacques Chirac a blousé son électorat en menant une vague politique de « centre gauche » et exige un fort coup de barre à droite.

C'est cette aspiration « à droite toute » que Sarkozy incarne avec énergie et talent. Le combattre n'exige nullement qu'on criminalise a priori cette incarnation.

IL EST DE DROITE, ET APRES ?

Oui, Sarkozy, en son tréfonds - et même si on l'a convaincu de ne plus rien en laisser paraître -, est « atlantiste » et entend rompre avec la politique gaulliste d'« orgueilleuse » prise de distance à l'égard des Etats-Unis. Oui, il se réclama de George Bush à l'époque où celui-ci triomphait ; oui, il est le candidat quasi unanimement soutenu par le CAC 40, le pouvoir financier et la très haute bourgeoisie ; oui, ses convictions en matière économique et sociale en font plus le disciple de Mme Thatcher que de Philippe Séguin ; oui, il se sent beaucoup plus proche du modèle néolibéral anglo-saxon que du modèle français mixte tel que l'ont façonné les gaullistes, les sociaux-démocrates et les démocrates-chrétiens. Le publicitaire Thierry Saussez, qui lui est tout acquis, explique que « sa manière de faire de la politique renvoie à ce que les patrons et les salariés vivent dans leurs entreprises ». Tout est business.

Mais, finalement, en tout cela, il ne se distingue guère des droites européennes qui, comme lui, veulent démanteler l'Etat providence et approuvèrent la guerre de George Bush en Irak.

Au demeurant, son pragmatisme, son cynisme même, son « populisme » de tonalité bonapartiste, son intelligence instinctive, ne permettent nullement de le décrire en ultralibéral ou en idéologue illuminé. Enfin, même si sa proximité avec la droite néofranquiste espagnole ou berlusconienne italienne n'en fait effectivement pas un « modéré », loin de là, et même si la rhétorique agressivement extrémiste qu'il déroule, depuis quelques semaines, le déporte loin du centre, le qualifier de « facho » ou de « raciste », comme s'y risque l'extrême gauche, est une stupidité.

Pourquoi faudrait-il (à condition de ne pas abuser des camouflages logomachiques comme le fait le champion UMP quand il cite jean Jaurès ou multiplie les envolées « ouvriéristes ») que se situer à droite constitue, en soi, un délit ? On accuse également Sarkozy, ici de soutenir « l'Église de Scientologie », et là d'avoir promis à Chirac une amnistie contre son soutien. Mais il n'existe aucune preuve. Donc, on ne retient pas.

CETTE VERITE INTERDITE

Le problème Sarkozy, vérité interdite, est ailleurs. Ce que même la gauche étouffe, pour rester sagement confinée dans la confortable bipolarité d'un débat hémiplégique, c'est ce constat indicible : cet homme, quelque part, est fou ! Et aussi fragile. Et la nature même de sa folie est de celle qui servit de carburant, dans le passé, à bien des apprentis dictateurs.

Oh, évidemment, cela se murmure, au point même de faire déjà, au sein de la couche supérieure de la France qui sait, et au fond des souterrains de la France qui s'en doute, un boucan d'enfer. Les médiateurs savent, les décideurs le pressentent. Mais les uns et les autres ont comme signé un engagement : on ne doit pas, on ne doit sous aucun prétexte, le dire.

Etrange atmosphère que celle qui fait que, dans cette campagne électorale, ce qui se dit obsède peu, mais ce qui obsède énormément ne se dit pas ; que ce dont on parle au sein des médias et chez les politiques, les médias, précisément, et les politiques n?en parlent pas !

« Fou », entendons-nous : cela ne rature ni l'intelligence, ni l'intuition, ni l'énergie, ni les talents du personnage. « Fou » au sens, où, peut-être, de considérables personnages historiques le furent ou le sont, pour le meilleur mais, le plus souvent, pour le pire. Ecoutons ce que nous confie ce député UMP, issu de l'UDF, officiellement intégré à la meute « de Sarkozy » : « On dit qu'il est narcissique, égotiste. Les mots sont faibles.

Jamais je n'ai rencontré une telle capacité à effacer spontanément du paysage tout, absolument tout, ce qui ne renvoie pas à lui-même. Sarko est une sorte d'aveugle au monde extérieur dont le seul regard possible serait tourné vers son monde intérieur Il se voit, il se voit même constamment, mais il ne voit plus que ça. »

PLUS FORT QUE LUI...

Au fond, où est le mystère ? Sarkozy, c'est peut-être une qualité, est transparent. Aux autres et à lui-même. Moins il regarde, plus il se montre, s'affiche, se livre. D'autant, comme le reconnaît un publicitaire qui a travaillé pour lui, qu'il ne sait pas se réfréner, se contraindre. « Il est tellement fort, ajoute-t-il drôlement, qu'il est plus fort que lui. » La raison ne parvient jamais à censurer son tempérament. Prompt à interdire, il ne sait pas s'interdire. Quelque chose en lui, d'irrépressible, toujours, l'entraîne au-delà. « Sur un vélo, rapporte Michel Drucker qui a souvent pédalé à ses côtés, même quand il s'agit d'une promenade, il se défonce comme s'il devait constamment battre un record. »

Tous ses proches emploient spontanément la même expression : « Il ne peut pas s'empêcher » Par exemple, de dire du mal de Chirac, même quand la prudence exigerait qu'il s'en abstienne. Ainsi, en 1994, cette salve : « L'électroencéphalogramme de la Chiraquie est plat. Ce n'est plus l'Hôtel de Ville, c'est l'antichambre de la morgue. Chirac est mort, il ne manque plus que les trois dernières pelletées de terre. » Il ne peut pas s'empêcher, non plus, de se livrer à un jubilatoire jeu de massacre en direction de ceux, de son propre camp, qui ne sont pas de sa bande ou de sa tribu. « Jamais, peut-être, un leader politique n'avait aussi systématiquement pris son pied- dixit une de ses victimes au sein de l'UMP-à assassiner, les unes après les autres, les personnalités de son propre camp pour, après le carnage, rester seul entouré de ses chaouches. »

Après la défaite de 1995, ne s'est-il pas livré, dans le journal les Echos, sous pseudonyme, à une descente en flammes de ses propres comparses : François Fillon ? « Un nul qui n'a aucune idée. » Michel Barnier ? « Le vide fait homme. » Philippe Douste-Blazy ? « La lâcheté faite politicien. » Alain Juppé ? « Un dogmatique rigide. Fabius en pire. » Quant à Villepin, il s'est plu, si l'on en croit Franz-Olivier Giesbert, à lui promettre de finir « pendu au croc d'un boucher ». Vis-à-vis des autres, fussent-ils des amis politiques, aucune tendresse ! Jamais !

IL SUFFIT DE L'ÉCOUTER

Sarkozy, il suffit, au demeurant, de le lire ou de l'écouter. De quoi parle-t-il ? De lui. Toujours. Compulsivement. Psychanalytiquement. Que raconte-t-il ? Lui ! Qui prend-il comme témoin ? Lui ! Qui donne-t-il en exemple ? Lui ! Il est, jusqu'au délire parfois, sa propre préférence. Jamais hors « je ». Ce « je » qui, à l'entendre, est forcément « le seul qui », « le premier à », « l?unique capable de », « le meilleur pour ». Comme si l'univers tout entier était devenu un miroir qui ne lui renvoie plus que son reflet, quitte à entretenir constamment chez lui l'angoisse que le miroir lui dise un jour, comme à la marâtre de Blanche Neige, qu'il n est « plus la plus belle ».

C?est pourquoi, d'ailleurs - et même ses proches s'en effarent-, il vit constamment immergé dans les enquêtes d'opinion, qui, plusieurs fois par jour, ont pour objet de le rassurer sur l'évolution de son image. Un argument ne passe pas ? On y renonce. Un mot fait tilt ? On le répète à satiété. Une peur s'exprime ? On la caresse dans le sens du poil. Le public veut des expressions de gauche ? On lui en servira. Une musique d'extrême droite ? On la lui jouera. Il a même été jusqu'à faire l'éloge de la violence sociale... des marins pêcheurs.

Il commande tellement de sondages qu'il est devenu le meilleur client de certains instituts, qui, du coup, ont quelques scrupules à ne pas satisfaire son contentement de soi. Il a même réussi à inspirer à l'Ifop des sondages, publiés dans le Figaro, dont les questions quasiment rédigées par son entourage (sur l'affaire de Cachan ou la polémique avec les juges) ne permettaient pas d'autres réponses que celles qui le plébiscitaient.

IL EST « LE SEUL QUI... »

Etrangement, si, constamment confronté à son reflet, il ne cesse d'intervenir pour en corriger les ombres, sa capacité d'écoute (ou de lecture) est extrêmement faible. Invite-t-il des intellectuels médiatiques à déjeuner au ministère de l'Intérieur que l'un d'eux, Pascal Bruckner (qui pourtant le soutient), explique que, loin de s'imprégner de leurs analyses, il a pratiquement parlé tout seul. Reçue par lui, la démographe Michèle Tribalat lui écrit « J'ai pu apprécier votre conception du débat. Vous n'imaginez pas qu'un autre point de vue (que le vôtre) présente un quelconque intérêt. » D'ailleurs, il refuse les débats. Lors de ses prestations télévisées, on s'arrange pour qu'il n'ait jamais de vrais contradicteurs pouvant exercer un droit de suite. Le plus souvent, il choisit, d'ailleurs, lui-même les autres intervenants.

Cette abyssale hypertrophie du moi, à l'évidence, entretient chez Sarkozy cette hargne de conquête, de contrôle, cette boulimie de pouvoir exclusif, le conduit à éradiquer toutes les concurrences potentielles et à neutraliser, à étouffer contestations et critiques. Il suffit, d'ailleurs, de l'écouter, mais aussi de le regarder « être » et « faire ». Jamais il ne se résout à n'être qu'un membre, fût-ce le premier, d'un collectif. Forcément l'unique, le soleil autour duquel tournent des affidés. D'où sa prédilection pour un entourage de groupies de grandes qualités et de grands talents, à la vie à la mort, « une garde rapprochée » comme on dit, mais aussi de porte-serviettes et de porte-flingues, de personnages troubles encombrés de casseroles et de transfuges. Avec eux, peu de risques !

DOUBLE DISCOURS

Il y a, chez Sarkozy, une incroyable dichotomie du discours (ou plutôt du double discours). Seul peut l'expliquer le fait que le rapport à lui-même est, chez lui, à ce point central que cette centralité de l'ego épuise en elle-même, et donc en lui-même, toute contradiction. Ainsi, au lendemain de ses brutales tentatives de criminalisation de ses concurrents, Bayrou l'ayant épinglé sur l'affaire du déterminisme génétique, il déclare benoîtement « Un candidat devrait s'abstenir de toute attaque contre ses adversaires ! » Le jour même où il décide de jouer à fond, contre les candidats qui lui sont opposés - et avec quelle violence ! -, la stratégie guerrière de l?affrontement manichéen, il présente un opuscule dans lequel il explique (sous la rubrique « J'ai changé ») qu'il eut, certes, sa phase brutale, mais qu'il est désormais totalement zen et apaisé. Azouz Begag, dans son récit, rapporte que, lorsqu'il osa critiquer l'emploi du mot « racaille », le ministre de l'Intérieur hurla qu'il s'agissait d'un scandaleux manque de solidarité gouvernementale, qu'il était inconcevable qu'un ministre critique un collègue. Or, depuis des mois, il avait lui-même déclenché un tir nourri contre Chirac et Villepin, son président de la République et son Premier ministre.

D'une façon générale, il en appelle volontiers à une solidarité sans faille des siens, tout son camp devant se mettre à sa disposition, mais, pendant la crise du CPE, alors qu'il avait lui-même, le premier, préconisé ce type de contrat de travail, non seulement il en pointa soudain l'inanité et exigea son retrait, mais, en outre, il incita l'un des leaders de la révolte estudiantine à « tenir bon ». Il s'agissait, évidemment, d'achever Villepin.

COMME ON ASSASSINE TOUS LES CONCURRENTS...

A entendre les chiraquiens, même ceux qui se sont ralliés à son panache, c'est lui, Sarkozy, qui, ministre du Budget de Balladur, lança la justice sur la piste du scandale des HLM de Paris après que, dans l'espoir d'un étouffement, l'industriel Poullain, le patron d'une société de revêtement, e emmené le dossier à son lieutenant, Brice Hortefeux. Objectif ? Abattre Chirac ! C'est lui encore, prétendent-ils, qui aurait fait révéler, au Canard enchaîné, l'affaire d l'appartement d'Hervé Gaymard, en qui voyait un adversaire.

C'est lui encore qui fit distiller, dans la presse, de quoi faire continuellement rebondir le feuilleton du scandale Clearstream transformé e machine à broyer et achever Dominique de Villepin. Quand, dans un grand meeting parisien, il lança que la victoire d oui au référendum européen permettrait de sortir, enfin, du modèle social fiançai n'était-il pas conscient qu'il favorisait de sorte le camp du non et, par voie de conséquence, plombait le pauvre Jean-Pierre Raffarin ? Autrement dit, soyez avec moi qui ai profité de toutes les occasions pour être contre vous. En fait Sarkozy vit ses contradictions comme une cohérente unicité de parcours dès lors que c'est lui, l'unique, le point central, qui porte et justifie cette cohérence. Ainsi, lorsqu'il accuse ses concurrents, de gauche ou centristes, d'être les candidats de la fraude, de la voyoucratie et de la dégénérescence morale, c'est le jour où Tapie, l'un des rares affairistes qui lui manquait encore, se rallie à lui.

FAILLITE MORALE, DIT-IL

Quelle capacité d'auto-amnistie cela révèle !

Car, enfin, se faire, fût-ce en partie, offrir un luxueux appartement aménagé par le promoteur qu'on a systématiquement favorisé en tant que maire, et dans l'espace dont on a, toujours comme maire, financé l'aménagement, est-ce un exemple d'attitude hautement morale ? Permettre, après qu'on fut devenu ministre, à son ancien cabinet d'avocats, en partie spécialisé dans les expulsions de locataires après vente à la découpe, de continuer à porter son nom - société Arnault Claude Nicolas Sarkozy-, ce qui s?avère d?autant plus intéressant qu'on continue à détenir un gros paquet d'actions et à toucher des dividendes -, est-ce le modèle même du comportement impitoyablement moral ? Publier un livre consacré à l'ancien ministre Georges Mandel qui se révèle, pour partie au moins, être un plagiat coupé-collé de la thèse universitaire de Bertrand Favreau, certaines erreurs comprises, est-ce la quintessence du moralisme intégral ?

Est-ce une moralité sans faille qui permit à Thierry Gaubert d'organiser son vaste système de gestion arnaqueuse du 1 % logement dans les Hauts-de-Seine à l'ombre des réseaux sarkozystes dont il fut, un temps, l'un des principaux rouages ? Est-ce sous le drapeau de la moralité qu'on envoya de gros clients très évasifs au banquier suisse Jacques Heyer qui, d'ailleurs, consuma leur fortune (celle de Didier Schuller en particulier) ? Les rapports d'affaires (ou de tentatives d'affaires) avec l'intermédiaire saoudien Takieddine étaient-ils placés sous le signe de l'intégrisme moral ? Le soutien constant apporté aux intérêts du groupe Barrière dans les casinos et les machines à sous ne fut-il dicté que par des considérations moralistes ? Pourquoi, enfin, avoir promis de rendre public son patrimoine et être le seul à s'en être abstenu ?

UN SYSTEME CLANIQUE

Sarkozy n'est pas du tout un malhonnête homme. Simplement il est, fût-ce à son corps défendant, le pur produit d?un système, celui du RPR des Hauts-de-Seine, dont Florence d?Harcourt, l?ex-députée gaulliste de Neuilly, a crûment décrit l?irrépressible mafiosisation, renforcée par le déferlement des flux financiers immobiliers générés par le développement du quartier de la Défense, dont Sarkozy tint d?ailleurs à présider l?établissement public.

Son suppléant, en tant que parlementaire, fut d'ailleurs le maire de Puteaux, Charles Ceccaldi-Raynaud, puis sa fille qui, bien qu'adjointe à la mairie de Puteaux, bénéficia en même temps d'un emploi fictif à la mairie de Neuilly. Quand Sarkozy voulu récupérer son siège de député, hop ! , on la nomma au Conseil économique et social. Devenu, à tort ou à raison, le symbole d'une certaine « ripouïsation » d'un demi-monde de politiciens locaux, Ceccaldi-Raynaud, petit dirigeant socialiste en Algérie française, dû regagner précipitamment la métropole à la suite des graves accusations dont il était l'objet, y compris d'avoir toléré des mauvais traitements dans un camp de prisonniers dont il était responsable. En France, élu de la gauche SFIO à Puteaux, il passa à droite et, lors de l'une de ses premières campagnes électorales, ses gros bras tuèrent un militant socialiste et en blessèrent d'autres.

Ensuite, il traîna derrière lui tellement de casseroles (dernière affaire : il est mis en examen dans une affaire de marché truqué de chauffage urbain) qu'il devint une sorte de mythe. Sarkozy, ce qui plaide peut-être en faveur de son sens de la fidélité, ne l'a jamais lâché, même quand, ministre des Finances, il aurait pu ou dû. Quand la fille Ceccaldi-Raynaud, députée-maire à son tour, mécontente des critiques d'un journaliste blogueur, laisse publier sur le site de la mairie une lettre laissant supposer une inclinaison infamante, Sarkozy ne moufte toujours pas. Il resta pareillement fidèle à son grand ami le député-maire de Levallois Patrick Balkany.

Quand ce dernier, archétype lui aussi du roi de la magouille affairisto-municipale, employeur à son seul profit du personnel de la mairie, accablé par la justice et accusé, en prime, de se livrer à des fellations sur menace de revolver, écarté du RPR, est défié par un gaulliste clean, Olivier de Chazeaux, qui soutint Sarkozy ? Patrick Balkany. C'est-à-dire le délinquant. Notons que les Levalloisiens, par suite d'une gestion que soutient Sarkozy, supportent une dette de 4 000 à 6 000 ? par habitant. C'est, d'ailleurs, le cabinet d'avocats Sarkozy qui défend, en autres, la mairie de Levallois, laquelle accumule les contentieux.

QUI SONT SES SOUTIENS ?

Faut-il rappeler que ses principaux et premiers supporteurs dans le monde politique ne furent et ne sont pas spécialement vêtus de probité candide Alain Carignon, Gérard Longuet, Thierry Mariani, Manuel Aeschlimann (150 procédures, 600 000 ? de frais d'avocats par an) et même Christian Estrosi n'ont pas précisément défrayé la chronique à cause de la blancheur immaculée de leur curriculum vitae. Il paraît même que Pierre Bédier en pince désormais pour lui.

Quant à son fan-club, qui prétendra qu'il n'est constitué que de parangons de vertu : Doc Gyneco, chargé comme un sherpa, Johnny Hallyday qui répudie la France pour ne plus payer d'impôts, comme Jean-Michel Goudard, l?un de ses principaux conseillers en communication, Antoine Zacharias, le Napoléon des stock-options ?

Certes, à l'image de Simone Veil ou de l'écrivain Yasmina Reza, de très nombreuses personnalités de grande qualité, représentant tous les milieux et toutes les professions, soutiennent également Sarkozy, y compris certaines en provenance d'une haute intelligentsia réputée de gauche, mais droitisée par leur soutien à la guerre d'Irak. Reste que le profil de ses partisans les plus enthousiastes et les plus engagés, y compris les plus faisandés des ex-petits marquis mitterrandolâtres, ne font pas nécessairement de Sarkozy (dont il n'est pas question de mettre en doute l'intégrité ou l'allergie à la déviance) le mieux placé pour dépeindre l'ensemble de ses adversaires en défenseurs de la fraude, de la délinquance et de la décadence morale.

« L'IDENTITÉ NATIONALE », PARLONS-EN...

Est-il, en revanche, fondé à se proclamer seul défenseur de « l'identité nationale » ? Mais qui se déclarait « fier d?être surnommé Sarkozy l'Américain » ?

Qui affirma, aux Etats-Unis, qu'il s sentait souvent « un étranger dans son propre pays » ?

Qui regretta que la France ait brandi son droit de veto pour s'opposer à la guerre d'Irak ?

Qui stigmatisa, depuis l'Amérique « l'arrogance » dont aurait fait preuve Dominique de Villepin lors de son fameux discours devant le Conseil de sécurité de l'ONU ?

Qui, avant de confier au chiracoséguiniste Henri Guaino le soin de rédiger ses interventions, opposa sans cesse le ringardisme du « modèle français » à la modernité du modèle anglo-saxon ?

Nicolas Sarkozy pourrait d'ailleurs largement figurer dans la rubrique « Ils ont osé le dire », tant ses propos, depuis quinze ans, illustrent éloquemment tout ce qui précède, c'est-à-dire une dichotomie rhétorique qui se cristallise dans l'unicité de son exaltation du moi !

Citons, presque au hasard : « Il y en a combien qui peuvent se permettre d'aller à La Courneuve ? Je suis le seul [toujours le seul !] à être toléré dans ces quartiers. Je suis le seul ! » « J'irai systématiquement, toutes les semaines, dans les quartiers les plus difficiles et j'y resterai le temps nécessaire » (2005).

« Kärcher en septembre, 200 000 adhérents [à l'UMP] en novembre. » « Racaille, le vocable était sans doute un peu faible. »

« Vous savez pourquoi je suis tellement populaire ? Parce que je parle comme les gens » (avril 2004).

« Maintenant, dans les réunions publiques, c'est moi qui fais les questions et les réponses et, à la sortie, les gens ont l?impression qu'on s'est vraiment parlé » (le Figaro, mai 2005).

« Les gens qui habitent Neuilly sont ceux qui se sont battus pour prendre plus de responsabilités, pour travailler plus que les autres. »

« Si je ne faisais pas attention, tous les jours je serais à la télévision jusqu'à ce que les téléspectateurs en aient la nausée » (1995).

« Le rôle du politique est de tout faire pour ne pas exacerber les tensions. Plus la société est fragile, moins le discours doit être brutal. La meilleure façon de faire avancer la société, c'est de la rassurer, non de l'inquiéter La réforme doit être comprise comme un ciment, non comme une rupture » (juillet 2006 dans Témoignages).

« Je n'aime pas étaler ce qui, finalement, appartient à ma vie privée. »

« La France souffre de l'égalitarisme et d'un état de nivellement. »

« Dans un monde où la déloyauté est la règle, vous me permettrez d'afficher, de manière peut-être provocante, ma loyauté envers Jacques Chirac » (juin 1992).

« Je refuse tout ce qui est artifice pour façonner à tout prix une image, les photos avec femme et enfants, la success-story, vouloir se faire aimer, poser en tenue décontractée. »

On nous dira, ensuite : il faut lui faire confiance, il faut le croire. Mais où est le filet de sécurité ?

LE VRAI DANGER

On évoque obsessionnellement le danger Le Pen. Il existe un risque, en effet. Un terrible risque que, comme en 2002, le leader de l'extrême droite déjoue tout les pronostics et porte ainsi un nouveau coup à notre système démocratique. Mais tout le monde sait que Le Pen, lui, ne sera pas élu président de la République. Heureusement, il ne dispose, lui, contrairement à son adversaire - concurrent de droite (à l'égard duquel il fait preuve d'une certaine indulgence), ni du pouvoir médiatique, ni du pouvoir économique, ni du pouvoir financier. Pouvoirs qui, en revanche, si Sarkozy était élu - et il peut l'être -, ainsi que le pouvoir policier et militaire, seraient concentrés, en même temps que les pouvoirs exécutif et législatif, entre les mêmes mains, lesquelles disposeront, en outre, d'une majorité au Conseil constitutionnel, au CSA et au sein de la plupart des institutions du pays.

Hier, le journal la Tribune trappait un sondage parce qu'il n'était pas favorable à Sarkozy ; une publicité pour Télérama était interdite dans le métro parce qu'elle était ironique à l'égard de Sarkozy ; un livre était envoyé au rebut, le patron d'un grand magazine également, parce qu'ils avaient importuné Sarkozy ; Yannick Noah était censuré, parce que ses propos déplaisaient à Sarkozy. Aucun journal, fût-il officiellement de gauche, n'a échappé aux efficaces pressions de Sarkozy.

Voter Sarkozy n'est pas un crime. C'est même un droit. Nous ne dirons pas, nous, que ce candidat représente la fraude, la délinquance, l'anti-France et la faillite morale.

Nous voudrions simplement qu'on se souvienne plus tard - quitte, ensuite, à nous en demander compte - que nous avons écrit qu'il représente pour la conception que nous nous faisons de la démocratie et de la République un formidable danger.

S'il est élu, nous savons que nous pourrions en payer le prix. Nous l'acceptons !"

14 au 20 avril 2007 / Marianne

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La chroniqueuse

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Published by La chroniqueuse - dans Mes chroniques
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17 avril 2007 2 17 /04 /avril /2007 10:23

On reproche beaucoup de choses à la candidate du PS: Elle n'aurait pas de charisme, pas de programme, aurait dit trop de "boulettes" pour être prise au sérieux, elle afficherait une image trop maternelle, ne serait pas assez à gauche bref il est clair qu'elle souffre d'un problème d'image... C'est ce qui me gène d'ailleurs, car j'ai la désagréable impression qu'on focalise trop sur son image et pas assez sur ses idées car soyons sérieux, bien sûr qu'elle a un programme, encore faut-il s'y intéresser...
Voici les 100 propositions faites par Mme Royal et son équipe, et je vous invite à les lire et à me donner votre avis de façon objective.

RÉTABLIR LA CONFIANCE (propositions 1 à 6)

  1- Investir massivement dans l’innovation et la recherche : augmentation pendant le quinquennat du budget de la recherche et des crédits publics pour l’innovation de 10 % par an (le budget public de recherche-développement a diminué de 1 à 0,8% du PIB entre 2002 et 2005). Sur les 65 milliards d'aide aux entreprises, seuls 5 % sont orientés vers la recherche-développement : je propose de porter cette part à 15%.

2- Mettre en place une politique industrielle capable de préparer l’avenir et de réduire les risques de délocalisations avec la création d’une Agence nationale de réindustrialisation.

3- Soutenir les PME avec la création de fonds publics régionaux de participation et en leur réservant une part dans les marchés publics.

4- Donner la priorité à l’investissement des entreprises avec un taux d’impôt sur les sociétés plus bas si le bénéfice est réinvesti et plus haut s’il est distribué aux actionnaires.

5- Sécuriser le parcours des jeunes créateurs en soutenant la création d'entreprises (simplifications), en généralisant les ateliers de la création dans toutes les régions, en améliorant la protection sociale des entrepreneurs, et en mettant en place un mécanisme de cautionnement mutuel pour ceux qui garantissent les emprunts de leur entreprise sur leur patrimoine privé.

6- Réformer l’Etat : un euro dépensé doit être un euro utile. Une décentralisation aboutie. Des services publics de qualité présents sur tout le territoire et accessibles par Internet. La généralisation des logiciels libres dans l’administration.


LE POUVOIR D'ACHAT (propositions 7 à 13)

7- Augmenter les salaires :

Le SMIC sera porté à 1500 €, le plus tôt possible dans la législature.

Afin de tirer vers le haut tous les salaires, une conférence nationale sur les salaires, les revenus et la croissance réunissant les partenaires sociaux sera organisée dès juin 2007. Cette conférence sera annuelle.

8- Revaloriser immédiatement les petites retraites :

L’amélioration des petites retraites sera la première priorité de la réforme des retraites. Elles seront augmentées de 5%.

Le minimum vieillesse sera versé mensuellement.

Le paiement des retraites de la sécurité sociale sera rétabli au 1er jour de chaque mois.

9- Revaloriser immédiatement de 5% les allocations aux personnes en situation de handicap.

10- Doubler l’allocation de rentrée scolaire qui sera versée aux familles en deux fois.

11- Réduire les coûts bancaires :

Les tarifs bancaires seront réglementés par l’Etat : les agios et les pénalités liées aux incidents de paiement seront plafonnés et feront systématiquement l’objet d’une facture.

L’Etat créera un service universel bancaire de base, favorisant les prêts sociaux et le micro-crédit.

Afin de prévenir le surendettement, la publicité pour les prêts à la consommation sera réglementée et les établissements financiers qui octroieraient un crédit à des personnes non solvables seront sanctionnés. Ils devront participer au règlement des situations de surendettement à parité avec les organismes publics.

12- Lutter contre le logement cher, une sécurité logement tout au long de la vie :

Augmenter les allocations logement de manière à limiter à 25% le montant des dépenses de logement pour les ménages modestes.

Construire 120 000 logements sociaux par an grâce à une incitation au livret A . L’Etat pourra se substituer aux maires qui n’appliquent pas la loi SRU.

Créer un service public de la caution afin que celle-ci ne soit plus un frein à l’accès au logement tout en sécurisant le propriétaire. En contrepartie, les procédures d’expulsion des locataires de mauvaise foi seront simplifiées.

Conditionner les avantages fiscaux et les aides publiques à une modération des loyers.

Remettre à la location les logements vacants spéculatifs. Les communes pourront également les acquérir par une procédure exceptionnelle.

Encourager l’accès à la propriété par l’extension des prêts à taux zéro. Dans le logement social, les locataires qui ont payé pendant 15 ans leur loyer pourront accéder à la propriété.

Sanctionner financièrement les communes qui ne respectent pas le ratio moyen de un pour mille habitants pour les hébergements d’urgence.

13- Mettre en place plusieurs indices des prix reflétant la dépense des ménages (minima sociaux, SMIC, retraites).



LA LUTTE CONTRE LA PRÉCARITÉ (propositions 14 à 18)

14- Conditionner les aides publiques aux entreprises à l’engagement de ne pas licencier quand l’entreprise dégage des profits substantiels et obtenir le remboursement en cas de délocalisation.

15- Moduler les aides aux entreprises et les exonérations de cotisations sociales, en fonction de la nature des contrats de travail, et supprimer le CNE pour faire du CDI la règle.

16- Développer la négociation collective à tous les niveaux et sur tous les thèmes,notamment sur les questions d’organisation du travail, de conditions de travail, d’aménagement du temps de travail, de pénibilité, de temps partiel subi. Sur les 35 heures : ouvrir les négociations pour déterminer comment on peut consolider cet acquis et réduire ses effets négatifs pour les ouvriers et les employés.

Sécuriser l’entrée des jeunes dans la vie active

17- Créer le droit au premier emploi des jeunes, pour qu’aucun jeune ne reste au chômage au-delà de six mois sans avoir un accès à une formation, un emploi aidé ou un tutorat rémunérés. Ouvrir 500 000 emplois tremplins aux jeunes, en généralisant la mesure prise par les régions de gauche.

18- Instaurer un plan à taux zéro de 10 000 euros en faveur de chaque jeune pour l’aider à construire un projet.



FAVORISER LE RETOUR A L'EMPLOI (propositions 19 à 21)

19- Mettre en place un revenu de solidarité active (RSA) permettant l’amélioration d'un tiers de ses ressources à tout bénéficiaire de minima sociaux reprenant le travail.

20- Renforcer la qualification et la capacité de revenir à l’emploi des salariés menacés de licenciement : mettre en œuvre systématiquement une démarche de validation des acquis de l’expérience professionnelle et reconnaître à chacun un droit à la formation et à la reconversion inversement proportionnel à la durée des études.

21- Mettre en place une sécurité sociale professionnelle garantie par l’Etat et permettant à chaque personne privée d’emploi de se voir proposer par les pouvoirs publics un contrat de droits et devoirs comportant :

- une rémunération, pendant un an, égale à 90 % du dernier salaire net perçu ;

- une formation qualifiante ;

- une aide personnalisée à la recherche d’emploi ;

Cette prestation sera assurée par le service public de l’emploi.



L'ENSEIGNEMENT (propositions 22 à 35)

22- Organiser des Etats généraux des enseignants sur le mode participatif, pour améliorer leurs conditions de travail dans l’école, assurer la pleine reconnaissance de leurs missions et préparer un plan pluriannuel de recrutement des enseignants, de formation et de résorption de l’emploi précaire.

S’attaquer à l’échec scolaire à la racine

23- Mettre en place un service public de la petite enfance et la scolarisation obligatoire dès 3 ans. Assurer la maîtrise de la langue parlée à la maternelle.

Réaliser la promesse républicaine d’égalité scolaire

24- Organiser le soutien scolaire gratuit pour tous les élèves grâce à des répétiteurs.

25- Limiter à 17 le nombre d’élèves par classe en CP et en CE1 dans les ZEP et fixer la dotation aux établissements par élève en difficulté à 25% de plus que la dotation ordinaire.

26- Réviser la carte scolaire pour supprimer les ghettos scolaires, assurer la mixité sociale et constituer des réseaux d’éducation prioritaire.

27- Renforcer la présence adulte dans les établissements y compris, lorsque ce sera nécessaire, par la présence d’un deuxième adulte dans les classes.

28- Implanter des classes préparatoires aux grandes écoles dans les quartiers qui en sont dépourvus. L’excellence scolaire ne doit pas être réservée aux établissements de centre-ville.

Epauler les parents en difficulté

29- Créer des emplois-parents, la généralisation d’écoles des parents et des consultations de médiation familiale pour les aider à conforter leur autorité.

Donner à notre Université les moyens de l’excellence

30- Adopter une loi de programmation pour redonner à nos universités les moyens de l’excellence. En 5 ans, la dépense par étudiant sera portée au même niveau que la moyenne des pays de l’OCDE. Renforcer l’autonomie des universités dans le cadre national. Associer les régions à la remise à niveau des universités (bâtiments, logements étudiants…).

31- Créer un service public d’orientation pour que les jeunes soient informés pleinement des débouchés offerts par chaque filière.

32- Créer une allocation autonomie pour les jeunes sous condition de ressources avec un contrat pour faciliter les études et l’entrée dans la vie active.

33- Engager le chantier national proposé par le Conseil de l’emploi, des revenus et de la cohésion sociale.

La culture, levier de la réussite scolaire

34- Soutenir la création et l’emploi culturels.

35- Inscrire l’éducation artistique et la pratique artistique à tous les niveaux de la maternelle à l’université. A cette fin, sera mis en oeuvre un plan national, avec les Régions, d’aménagement d’équipements culturels dans les universités et les lycées (salles de répétition et de spectacles, ateliers-studios, tables de montage, etc.). Les intermittents du spectacle et les élèves des écoles supérieures spécialisées pourront participer à ce mouvement en résidence d’artistes.



LA SANTÉ (propositions 36 à 49)


36- Mettre en œuvre un grand plan de prévention et de recherche des maladies graves (cancer, SIDA, Alzheimer, maladies orphelines).

37- Assurer de façon pérenne le financement de l’hôpital public, de manière à lui permettre de faire face à toutes ses missions en veillant à l’égalité territoriale d’accès aux soins.

38- Créer des dispensaires, notamment dans les zones rurales.

39- Mettre en œuvre une carte santé jeune 16/25 ans ouvrant droit à la gratuité d’une consultation par semestre. Contraception gratuite pour les jeunes femmes de moins de 25 ans.

40- Renforcer les moyens de la médecine scolaire et universitaire, et de la médecine du travail.

41- Réaffirmer le droit à la CMU et sanctionner les refus de soins.

42- Adapter les conditions d’attribution de l’allocation adultes handicapés (AAH) aux maladies évolutives à diagnostic incertain.

43- Mettre en œuvre une politique de lutte contre l’obésité, fondée sur une détection précoce et des actions sur la qualité de l’alimentation.

44- Rétablir les moyens supprimés par la droite pour les soins aux étrangers en situation irrégulière, pour des raisons de dignité et de santé publique.

45- Négocier avec les partenaires sociaux le renforcement de l’indépendance de la médecine du travail.

46- Défendre l’accès aux soins des malades dans les pays en développement, par la promotion de médicaments génériques moins coûteux.

Sécuriser les retraites

47- Ouvrir avec les partenaires sociaux une large négociation portant notamment sur :

- la fixation d’un minimum de pension garantie s’approchant du SMIC,

- la revalorisation des petites retraites,

- la prise en compte du travail pénible et des charges de famille,

- l’augmentation de l’emploi des seniors,

- le mode de financement des régimes spéciaux,

- la remise à niveau du fonds de réserve des retraites,

Dépendance et personnes âgées

48- Développer le maintien à domicile des personnes âgées.

49- Augmenter le nombre de places dans les structures d’accueil existantes en renforçant la formation du personnel et sa qualification.



LA LUTTE CONTRE LES VIOLENCES (propositions 50 à 59)


50- Rétablir la civilité :

- Apprendre la civilité aux enfants : des programmes d’éducation au respect de l’autre pour apprendre aux enfants à gérer les conflits par la parole plutôt que par la violence.

- Garantir à chacun de voyager sans crainte dans les transports en commun (RER, TER, trains de banlieue, tram et bus, spécialement la nuit) en imposant des obligations règlementaires plus grandes aux transporteurs (recours plus grand aux équipements technologiques, personnel plus importants aux horaires sensibles…).

- Mettre en place des gardiens dans tous les immeubles sociaux.

51- Lutter contre les violences scolaires en renforçant la présence des adultes dans les établissements :

- Recruter des surveillants des collèges.

- Doter chaque établissement d’une infirmière scolaire et d’une assistante sociale à temps plein.

52- Etre ferme face aux mineurs violents :

- Mettre en place une politique de prévention précoce de la violence : encadrement éducatif renforcé, mise en place de tuteurs référents.

- Développer les brigades des mineurs dans chaque commissariat des grandes zones urbaines.

- Prendre des sanctions fermes et rapides : un plan d'urgence sera mis en place pour la justice des mineurs (recrutement de juges des enfants, d’éducateurs, de greffiers)

- Mettre en œuvre des solutions nouvelles pour extraire les mineurs de la délinquance : suppression des peines de prison pour les mineurs en dehors des cas d’atteintes graves aux personnes ; développement des centres éducatifs renforcés, si besoin avec un encadrement militaire.

53- Faire de la lutte contre les violences conjugales une priorité nationale :

Faire adopter une loi cadre sur les violences conjugales prenant en compte tous les aspects permettant d’éradiquer ce fléau.

54- Créer une nouvelle police de quartier pour mieux assurer la sécurité quotidienne :

- Procéder à une répartition plus juste des effectifs : donner la priorité aux renforcements quantitatifs et qualitatifs des zones sensibles.

- Affecter des policiers expérimentés, bénéficiant d'une réelle différenciation de rémunération, dans les secteurs plus difficiles (avantages de carrières, aides au logement, etc.)

55- Aider les victimes :

- Faciliter et moderniser le dépôt de plainte pour briser la loi du silence : amélioration de l’accueil dans les commissariats par la mise en place de travailleurs sociaux de la police nationale, possibilité de déposer plainte via Internet.

- Mettre un avocat à la disposition des victimes de violences graves dans l'heure suivant le dépôt de plainte.

Répondre au besoin de justice

56- Doubler le budget de la justice pour la rendre plus rapide et respectueuse des droits.

57- Faciliter l’accès à la justice des plus modestes :

- Renforcer l’aide juridictionnelle.

- Renforcer les maisons de la justice et du droit

- Mettre en place un service public d’aide au recouvrement des dommages et intérêts alloués aux victimes.

58- Protéger les citoyens :

- Assurer la présence d’un avocat dès la première heure de garde à vue.

- Encadrer strictement le recours à la détention provisoire dont la France use beaucoup plus largement que les autres pays européens, en imposant notamment des délais butoirs.

- Renforcer les alternatives à la prison préventive.

- Assurer dans les prisons des conditions qui permettent la réinsertion du détenu.

- Créer un organe indépendant de contrôle des prisons.

59- Rendre la justice impartiale et efficace :

- Modifier la composition du Conseil supérieur de la magistrature pour garantir son pluralisme et l’équilibre entre magistrats et non magistrats.

- Recomposer l’organisation judiciaire en fonction des besoins et de la démographie de la population.

- Réformer la justice du travail après consultation des acteurs concernés.

- Mettre en place la possibilité de conduire des « actions de groupe ».



L'ENVIRONNEMENT (propositions 60 à 68)

60- Préparer l’après pétrole :

Anticiper l’épuisement du pétrole en soutenant massivement les énergies renouvelables pour atteindre 20% de la consommation en 2020, ce qui permettra de créer 70 000 emplois et de réduire la part du nucléaire.

Créer un pôle public de l’énergie entre EDF et GDF.

61- Lutter contre le changement climatique :

Généraliser l’isolation et les économies d’énergie dans le logement, ce qui permettra de créer 80 000 emplois.

Développer les transports collectifs grâce à un prélèvement exceptionnel sur les superprofits des sociétés pétrolières.

Appliquer le principe pollueur-payeur en organisant la responsabilité des entreprises responsables d’atteintes à l’environnement.

Instaurer la vérité des coûts du transport de marchandises par la route en négociant une éco-redevance pour décourager le transport par camion et transférer le fret vers le rail, comme dans d’autres pays européens.

62- Développer la valeur ajoutée environnementale :

Conditionner les nouveaux permis de construire à l’adoption d’objectifs HQE (Haute qualité environnementale) dans la totalité du parc immobilier public.

Encourager les éco-industries par une TVA tendant vers zéro.

63- Mobiliser toute la société au service de l’excellence environnementale :

Créer un poste de vice-Premier ministre chargé du développement durable. La compétence du vice-Premier ministre sera élargie à la responsabilité de l’aménagement du territoire.

Transformer le Conseil économique et social en Conseil économique, social et environnemental (CESE).

64- Promouvoir la création d’une Organisation Mondiale de l’Environnement (OME).

65- Promouvoir une agriculture qui assure une alimentation de qualité, respectueuse de l’environnement :

Favoriser la valeur ajoutée de nos produits agricoles afin d’améliorer les revenus et de favoriser l’installation des jeunes,

Promouvoir la réorientation de la PAC vers les aides agro-environnementales, et assurer la transparence et une meilleure répartition des aides,

Transférer aux Régions la gestion des aides directes à l’agriculture,

Encourager les contributions des agriculteurs à la fourniture d’énergie (biomasse, agro-carburants, biogaz, fermes éoliennes).

66- Arrêter les essais des OGM en plein champ, dans l’attente des résultats d’un grand débat public qui définira la politique à mettre en œuvre pour ne pas handicaper les cultures conventionnelles et préserver le développement de l’agriculture biologique.

67- Prévenir l’impact des pollutions sur la santé :

Encourager, par des incitations fiscales, les industries qui s’engageront à éliminer les composés toxiques au-delà des contraintes imposées par le règlement européen REACH.

Mettre en œuvre un programme national de réduction de l’utilisation des pesticides.

Atteindre l’objectif de zéro déchet industriel d’ici 2012.

68- Promouvoir l’idée d’une « PAC mondiale » pour organiser les marchés de manière plus équilibrée et donner une vraie chance à l’agriculture des pays en développement.



UNE NOUVELLE RÉPUBLIQUE (propositions 69 à 87)

69- Instaurer le non cumul des mandats pour les parlementaires.

70- Introduire une part de proportionnelle pour l’élection des députés et modifier le mode de scrutin pour l’élection des sénateurs.

71- Revaloriser le rôle du Parlement : le Premier ministre sollicitera dès sa nomination la confiance du Parlement, le vote bloqué et le 49-3 seront supprimés pour les lois ordinaires. La présidence des Commission des finances sera confiée à un membre de l’opposition.

72- Supprimer le droit de veto du Sénat en matière constitutionnelle.

73- Introduire la démocratie participative dans toutes les collectivités publiques (jurys citoyens, budgets participatifs, etc.). Des citoyens ayant recueilli un million de signatures pourront demander au Parlement l’examen d’une proposition de loi.

74- Refuser toute remise en cause de la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l’Etat, et intégrer à la Constitution une charte de la laïcité.

75- Donner le droit de vote pour les élections locales aux étrangers séjournant régulièrement en France depuis plus de cinq ans.

Revivifier la démocratie sociale

76- Organiser systématiquement la concertation et la négociation préalablement à toute réforme en matière sociale, en fondant la représentativité des organisations sur l’élection et en généralisant le principe de l’accord majoritaire pour la validation des accords collectifs.

77- Promouvoir un syndicalisme de masse par un financement public transparent et en instituant une information systématique sur le droit syndical et les modalités d’adhésion lors de la signature du contrat de travail. Un crédit d’impôt sera accordé pour les cotisations syndicales.

78- Instaurer un service civique pour les jeunes.

Protéger le pluralisme des médias

79- Etablir une Haute autorité du pluralisme dont les membres seront désignés par le Parlement à une majorité des 3/5èmes.

80- Renforcer les mesures anti-concentration.

81- Taxer les recettes publicitaires des chaînes privées en faveur de l’audiovisuel public.

Les Outre-mers : assurer l’égalité, respecter la diversité

82- Garantir la continuité territoriale en imposant aux compagnies aériennes des obligations renforcées de service public.

83- Introduire un enseignement sur l’outre-mer dans les programmes scolaires, notamment sur l’histoire de l’esclavage.

84- Appliquer aux Outre-mers les principes de l’excellence environnementale et notamment de la protection de la biodiversité.

Lutter contre les discriminations

85- Faire respecter l’égalité hommes-femmes, notamment au travail :

- Elaboration d’une charte pour l’égalité d’accès et l’égalité de traitement, ouverte à l’adhésion des entreprises et des services publics.

- Engagement de l’Etat pour une promotion égale des femmes et des hommes pour les emplois de responsabilité.

86- Renforcer les moyens de la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations (HALDE).

87- Garantir l’égalité des droits pour les couples de même sexe



L'EUROPE (propositions 88 à 100)

88- Construire une Europe plus protectrice et plus en phase avec les besoins de ses citoyens : mettre en place rapidement des politiques communes ambitieuses sur les enjeux majeurs : recherche/innovation, énergie, environnement ; préserver, par une directive-cadre le développement de services publics de qualité.

89- Inscrire dans les statuts de la Banque centrale européenne l’objectif de croissance-emploi ; créer un gouvernement de la zone euro.

90- Tirer vers le haut le niveau de vie et la protection sociale dans tous les pays européens grâce à un protocole social.

91- Négocier un traité institutionnel soumis à référendum pour que l’Europe fonctionne de manière plus démocratique et plus efficace.

92- Lancer avec nos partenaires européens une initiative pour une Conférence internationale de paix et de sécurité au Proche Orient.

Assurer la sécurité de la France

93- Doter notre défense nationale de moyens à la hauteur des risques nouveaux auxquels nous sommes confrontés. Notre capacité de dissuasion nucléaire doit être préservée.

94- Inscrire notre effort de défense dans une politique européenne de sécurité, avec des coopérations en matière de recherche/innovation et d’équipements. L’objectif est à la fois de renforcer notre sécurité et de rationaliser nos dépenses.

La France active pour la paix dans le monde

95- Maîtriser la mondialisation en oeuvrant à une plus grande transparence et efficacité des instruments de régulation : introduire à l’OMC une hiérarchie des normes qui équilibre les mesures de nature commerciale par le respect des normes sociales et environnementales ; réformer profondément le FMI et la Banque mondiale pour en faire des instruments au service du développement humain ; mettre en place une taxe sur les flux financiers de type Tobin.

96- Réviser notre politique d’aide au développement : passer à un véritable co-développement en favorisant les projets concrets associant directement les bénéficiaires.

97- Relancer la coopération euroméditerranéenne.

Immigration

98- Instituer un visa permettant des aller-retour multiples sur plusieurs années, afin que les migrations s’adaptent aux besoins réels du marché du travail.

99- Rétablir la règle des 10 ans comme critère de régularisation.

100- Régulariser les sans papiers à partir de critères fondés sur la durée de présence en France, la scolarisation des enfants et la possession ou la promesse d’un contrat de travail.

Voilà, à vous de juger, reste la question du financement, au dernières nouvelle le budget du programme s'élèverait à 35 milliards, mais c'est vraissemblablement sous-évalué, comme tous les budgets de programmes présidentiels officiels...

Merci,

La chroniqueuse

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Published by La chroniqueuse - dans Mes chroniques
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